‹ De la Valeur de la Castration Ovarienne dans les Fibromes UtérinsChapitre 32 sur 47 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

(Due à M. le docteur GouLLioun.)

Fibrome compliqué de suppuration pelvienne. -- Gastration pendant la période aiguë de cette suppuration méconnue, — Mort rapide.

M'° M..., mercière, âgée de 43 ans, est atteinte d’un fibrome, qui, n’amenant que des troubles légers, est resté longtemps méconnu.

Le 27 juillet 1892, je suis appelé auprès d’elle par M. le docteur Roche, qui lui donne des soins et a constaté l’existence d’une tumeur pelvienne,

Nous trouvons la malade au lit, se plaignant de souffrir cruellement du ventre depuis quelques jours et de n'uriner qu'avec une grande difficulté. Elle raconte que quelques jours auparavant elle avait pris froid et avait eu de la diarrhée.

Les malaises qu’elle avait eus antérieurement n'avaient jamais atteint cette intensité et elle n'avait demandé aucun conseil médical.

L'examen local fait constater une tumeur dure fibreuse remplissant l’excavation, ne s’élevant pas dans la cavité abdominale. Elle est immobile et le diagnostic est : fibrome enclavé dans le bassin et commençant à développer des phénomènes de compression, Pas de complication hémorrhagique. On attribue à une influence passagère et saisonnière la diarrhée et les malaises qui l’ont accompagnée.

À cause des phénomènes de compression vésicale et de l’enclavement du fibrome, que l'on sent ne pouvoir déplacer, on se décide à faire l’opération de Battey.

La veille de l'opération, purgation. Température rectale : 37°5 et 38°. Je suis un peu préoccupé par cette température

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que j'apprends au moment d'opérer. Je crois devoir passer outre.

Opération le 3 août, dans une maison de santé bien organisée au point de vue antiseptique.

Je suis désagréablement surpris en pénétrant dans la cavité abdominale, de trouver des anses intestinales adhérentes à la face antéro-supérieure du fibrome. En les décollant du côté droit on provoque tout-à-coup. un abondant écoulement de pus.

Cependant le côté gauche du fibrome est libre. J’atteins l'ovaire non adhérent et je l’enlève avec la trompe.

Puis je décolle à droite, sur le fibrome, les anses intestinales, et j'arrive sur une trompe dilatée, du volume du pouce, pleine de pus. Ablation de cette trompe et de l’ovaire adjacent. Toilette soignée de la cavité péritonéale, sans lavage. Tamponnement de Mickuliez par dessus le fibrome.

Le #4 août, suintement considérable par le Mickuliez. Température rectale à 40°. Pouls rapide à 110.

Le 5 août. -— La malade n’a pas dormi, cependant elle souffre peu. Tempéraiure: 40°5. Pouls 120, encore bien frappé.

Dans l'après-midi une selle diarrhéique abondante, provoquée par un cachet de calomel et jalap, pris la veille et par deux verres à Bordeaux d'Eau de Rubinat, pris le matin même.

Le soir, la malade est très agitée. Température 41°, pouls 140. Ni vomissement, ni fort ballonnement. C’est plutôt le tableau clinique de la septicémie aiguë que celui de la péritonite. Aussi, me demandant s’il n’y a pas de rétention derrière le Mickrliez, je l’enlève, ce qui n’amène aucun écoulement de liquide. Un débridement du cul-de-sac de Donglas, fait en quelques secondes par le vagin sans anesthésie, ne fait écouler que quelques gouttes de sang mêlé, semble-t-il, à quelques gouttes de pus.

La malade meurt le lendemain matin.

J'obtins alors les renseignements précis suivants de la sœur de la malade:

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