‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 23 sur 81 · DO EA A AE · texte numérisé non relu

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seur d’une rangée dilatée à son niveau. Les cellules stomatiques sont allongées.

Situation radiale. — A ce point de vue, les stomates se rangent autour de plusieurs types. Jamais leur hauteur ne dépasse celle des cellules épidermiques. Rarement elle l'égale: Dahlia Cervantesi, Carlina acaulis. Dans le Prenanthes purpurea, les cellules épidermiques étant très petites, les cellules stomatiques les égalent en hauteur, oupeu s’en faut. On voit alors les deux arêtes internes circonscrire une petite arrière-chambre. L’antichambre est bien développée. D'ordinaire les stomates sont plus petits, et alors :

A.— Ils sont situés au milieu de la hauteur des cellules voisines qui les débordent en haut et en bas. Si la hauteur des cellules de bordure est peu inférieure à celle de l’épiderme, il n’y a qu’un puits peu accentué Lactuca virosa, Hieracium virosum (fig. 2.) Cirsium oleraceum. La différence est très grande dans l’Helianthus annuus (fig. 3.), et un large puits précède l’antichambre. La profondeur et l'étroitesse du puits peuvent être augmentées par une épaisse cuticule. Alors l’antichambre et l’arrière-chambre sont moins accentuées ou moins nettement séparées entre elles : Cacalia repens (fig. 1).

B. —- Les bords internes de leurs cellules sont sur le même plan que ceux de l’épiderme, ce qui est rare : Chondrilla juncea (fig. 4).

C. — Leurs bords externes sont au même niveau que le bord libre de l’épiderme. Alors les cellules épidermiques limitent latéralement la chambre aérifère au moins dans une partie de son étendue. Ce cas présente plusieurs variétés :

1° Les cellules voisines restent sensiblement au même

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ES niveau que les cellules épidermiques ordinaires. La portion interépidermique de la chambre aérifère est très petite : Lasthenia glabrata, Tolpis barbata, Tragopogon pratensis, Leontodon hispidum, Picris hieracioides, Hieracium prostratum, Urospermum Dalecampii, Microlonchus salmanticus, Silybum Marianum (ex parte) Centaurea cyanus. — La plus grande partie de la chambre aérifère est interépidermique : Antennaria dioica, Sonchus tenerrimus, Lapsana communis, Arnoseris minima (fig. 5). Serratula tinctorira.

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FIGURES 1-7. — Siomates en coupe transversale.

1. Cacalia repens. — 2. Hieracium virosum. — 3. Helianthus annuus. — 4, Chondrilla juncea, — 5. Arnoseris minima. — 6. Artemisia Cina. — 7. Silybum Marianum. — ex, Exoderme.

2 Les cellules épidermiques péristomatiques se dressent et soulèvent le stomate sur un petit mamelon : Artemisia Cina (fig. 6), A. Absinthium, Helminthia echivides, Ci-

SA nara corsica, C. Cardunculus, tigelle de Xanthium strumarium.

3° Toute une série de cellules épidermiques se soulève en masse en une crête que surmonte le stomate : Silybum Marianum (fig. 7).

Ces diverses situations ne se produisent pas au hasard. Elles sont liées intimement à la nature de la tige et à la structure des tissus corticaux. Plusieurs variétés coexistent sur une seule plante, à un même niveau, si ces tissus y revêtent plusieurs aspects. L'étude de l’exoderme nous montrera l'influence de cette assise. Sur une coupe de Silybum, à côté de la forme représentée dans la figure 7 et qui ne se trouve qu’au fond des sillons, on remarque des élevures moindres sur leurs parois, et enfin des stomates qui ne dépassent pas le niveau de l’épiderme aux confins du collenchyme. Dans l’Absinthe, la saillie des cellules péristomatiques n’est pas accentuée sur les grosses tiges stériles comme sur les pédoncules. Le Centaurea Scabiosa donne lieu à des remarques analogues. Dans les pédoncules, les stomates sont soulevés de manière à reproduire exactement notre figure de l’Artemisia Cina. Sur les tiges végétatives, ils sont moins soulevés. Avant leur complet développement, les cellules épidermiques péristomatiques, s’accroissant plus rapidement que les cellules de bordure, peuvent se rejoindre au-dessous du stomate.

Pois. — Situation superficielle. — Les Composées à tiges absolument glabres sont rares: Kleinia, Silphium, Dahlia, etc.; encore dans ces dernières trouve-t-on quelques poils sur lestiges jeunes. Nous ne connaissons pas de poils sur la tigelle, bien que cette sorte de tige ait un épiderme nettement. défini par la présence constante des sto-

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, mates. Les rhizomes en sont aussi plus ou moins dépour-

vus. La plupart des tiges aériennes possèdent des poils mécaniques d'un seul ou de plusieurs types auxquels s’ajoutent souvent des poils glanduleux. Sur les tiges aériennes leur développement varie : 1° suivant la région de la tige; 2° suivant l'espèce ; 8° suivant l'habitat.

Nés de bonne heure, les poils forment aux extrémités des jeunes tiges un épais duvet :.ils ;sont écartés ensuite par l'accroissement intercalaire. Ils peuvent aussi être éclaircis par la chute d’un certain nombre d’entre eux. Indépendamment de ces variations liées au développement, les poils considérés sur la tige formée sont plus nombreux au sommet des tiges de la plupart des Liguliflores et particulière-

ment dans les pédoncules. Dans le Doronicum Pardalian-

ches également, ils sont prédominants sous la calathide ; dans le Doronicum Caucasicum, on n’en trouve qu’à ce niveau.

Les poils peuvent être plus abondants ou même localisés sur les nervures ; on a alors des bandes surtout pilifères alternant avec des bandes surtout stomatifères (Scorsonère).

Les tiges florales se comportent parfois autrement que les tiges végétatives. Ainsi, les pédicelles extrêmement grêles que l’on trouve mélangés au Semen-contra d'Alep (Artemisia Cina) sont entièrement dépourvus de poils mécaniques aussi bien que les feuilles qu'ils portent, tandis que, d’après la description donnée par M. Wilkomm et citée par M. Planchon (1), les feuilles végétatives sont couvertes de poils aranéeux. Les tiges en possèdent certainement de semblables. Par contre, l'Artemisia ramosa (Sc-

(lj Guibourt et Planchon. Hist. nat. des Drogues simples, 6e édition, 1876, t. ILE, p: 40,

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men-contra de Barbarie), l'Absinthe, les Artemisia vulgaris,.pontica, mutellina, ete. en portent sur les pédicelles comme sur les tiges végétatives. Les poils glanduleux existent sur les pédicelles de l'Artemisia Cina aussi bien que sur ceux des autres espèces.

Ainsi, les caractères de répartition des nôiis dot extrêmement variables dans la famille, parfois dans le genre, tout en indiquant parfois la parenté des espèces. La taxonomie peut en tirer de bons caractères surtout spécifiques. Dans leur application il faut connaître la loi des variations individuelles dues non plus seulement à la région considérée, mais à l’habitat de la plante.

L’habitat, au reste, n’influe que sur le degré de développement du système pileux sans modifier le type de poils propre à l'espèce considérée. Certains groupes présentent toujours des poils puissamment développés, et chez des espèces qui habitent les stations les plus diverses. On trouve un duvet compacte aussi bien sur le Filago germanica des champs arides que sur l’Antennaria dioica des pelouses, des montagnes, le Gnaphalium uliginosum des marécages et des ruisseaux, et l’edelweiss (Leontopodium alpinum), dont la station est au voisinage des neiges éternelles.

Dans les Gnaphaliées, Artémisiées, etc., les poils passifs constituent l’organe de protection le plus efficace de la tige, aussi les trouve-t-on abondants chez les espèces soumises à des variations brusques detempérature, à uneatmosphère dont l’état hygrométrique est trop élevé, ou à une sécheresse excessive. Mais il faut se garder de considérer un caractère de cette sorte comme appartenant en propre à telle ou telle station. Chaque station présente côte à côte des plantes velues et des plantes glabres. A côté de l’edelweiss, les hautes régions alpines nous offrent l’Aronicum scor-

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pioides, le Carlina acaulis, var. caulescens, qui sont à peu près glabres. Les rochers et lieux arides qui portent divers Filago, Antennaria, etc., présentent le Cacalia repens chez qui le parenchyme riche en suê constitue un organe protecteur non moins efficace.

Inutile de multiplier les exemples. La répartition de l'appareil pileux offre une certaine fixité dans un groupe naturel, et elle n’influe que médiocrement sur. la répartition géographique de la plante, car d’autres systèmes peuvent suppléer le système pileux si les conditions de milieu exigent, soit une protection contre les agents extérieurs, soit une extension de la surface en contact avec l'atmosphère.

Situation radiale. — Le plus souvent les poils naissent d’une cellule épidermique située comme toutes ses congénères. Lorsque les poils sont insérés sur plusieurs cellules épidermiques, celles-ci sont soulevées en masse, et l'écorce, suivant l'entraînement, forme une proéminence qui remplit toute cette cavité. Cette disposition est commune dans les gros poils, mécaniques ou glanduleux, des Liguliflores.

Les poils glanduleux à pédicelle court s’insèrent fréquemment dans un retrait de l’épiderme. Prenons l’Absinthe pour exemple, et cherchons dans le développement la façon dont cette particularité s’y réalise. L'Artemisia Absinthium possède des poils mécaniques et des poils glanduleux dont la structure a été décrite. Au début, les deux ordres de poils, bien que n'ayant pas encore leur forme caractéristique, se distinguent déjà. Dès que les poils sont bicellulaires, la cellule supérieure est renflée en sphère dans le poil mécanique, tandis que dans le poil glanduleux elle ne surpasse pas les dimensions de l'inférieure. D'autre part,

dans le premier, le suc cellulaire devient très abondant et Vuillemin. 4

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refoule le protoplasma en une mince couche pariétale contenant le noyau. Dans le second, le protoplasma reste condensé. Il semble que le poil glanduleux attire plus abondamment les matériaux nutritifs, ce qui détermine l’atrophie des cellules sous-jacentes de l’épiderme. Aussi ces glandes, entièrement développées, sont-elles logées dans une légère dépression due à un arrêt de développement des cellules épidermiques. La même disposition se retrouve dans les Artemisia vulgaris, pontica, abrotanum, spicata. Elle est moins accusée dans l’Artemisia glacialis. Au contraire, chez l’Arlemisia annua, d'après la description de M. Martinet, l’exoderme participerait aüssi à la réduction de hauteur. Dans le Grindelia squarrosa, la fossette où s'insère la glande massive et subsessile est encore plus profonde.

Orientation. — Quand les poils sont formés de plusieurs séries, l’anatomie doit tenir compte de l'orientation des cloisons longitudinales. Lorsqu'il y en a plusieurs, deux sont d'ordinaire respectivement radiale et tangentielle par rapport à la tige. Il est le plus souvent impossible, à l’inspection de l’épiderme adulte, de reconnaître lesquelles ont apparu les premières.

La question de l'orientation est plus intéressante lorsqu'il y a une seule cloison séparant le poil en: deux séries. Cette orientation est en effet très constante, non seulement dans l'espèce, mais souvent dans des groupes plus étendus. Très généralement cette cloison est transverse, en sorte que l’on a une série supérieure, et une série inférieure.

Dans les poils ordinairement unisériés, tels que les poils mécaniques du Prenanthes purpurea, on voit parfois apparaître une cloison ainsi orientée.

Lappa major.

Les poils glanduleux surtout sont fréquemment composés de deux séries longitudinales. En voici quelques exemples :

A.— Orientation transverse : Arétemisia Absinthium, A. Cina, A. ramosa; A. vulgaris, A. pontica, elc., Pyrethrum roseum, Anthemis nobilis, Balsamita vulgaris,

B. — Orientation radiale, c’est-à-dire, comme celle des fentes stomatiques, parallèle à la direction de la tige : Inula Conyza, Inula Helènium, Xanthium strumarium.

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