‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 28 sur 81 · STEP · texte numérisé non relu

STEP

derme a des liens anatomiques étroits avec les autres zones de l’écorce.et n’est qu’une région de second.ordre. D'autre part, l’endoderme est souvent facile à reconnaître à la forme, à la disposition, au contenu de ses éléments, alors que rien dans sa structure ne dénote un rôle analogue à celui, quel qu’il soit, de l’assise plissée. Au contraire, l'épiderme, région simple, est forcément le siége constant et exclusif du système épidermique, système conformé en vue des relations de la tige avec le milieu extérieur.

Nous ne croyons pas toutefois qu'il soit nécessaire de charger la nomenclature d’un terme nouveau,.et nous continuerons à employer le mot endoderme pour. désigner et la région et le système. Nous. avons. jugé utile néanmoins d'établir cette distinction pour éviter la-confusion dans les cas particuliers où la concordance n'existe pas entre eux. Cette concordance entre la. couche: interne de l'écorce et l'assise à plissements est de beaucoup le cas le plus général. C’est même cette concordance qui.a tout d’abord frappé les anatomistes, et c’est elle qui a déterminé M. Van Tieghem (1) à créer le mot endoderme. Voici, d’ ailleurs, pour résumer l’état de la question, la définition donnée récemment de l’endoderme par cet éminent botaniste : « L’assise profonde du parenchyme qui, dans la racine et souvent aussi dans la tige, entoure la région centrale du membre, possède des caractères particuliers qui lui permettent de jouer par rapport à cette région un rôle protecteur analogue à celui que l’épiderme de la tige joue vis-à-vis du membre tout entier; c’est ce qui lui a valu le nom d’endoderme (2).» |

On le voit, cette définition est avant tout physiologique ;

A ————.— — …"—— — —————“——————————————— (1) Ph. van Tieghem. In Bull. Soc, bot. Fr.,t. XVIII, 1871. (2) Ph. Van Tieghem. Botanique, p. 646.

l’endoderme est une couche différenciée d’une façon qui lui est propre, parce qu'elle est appelée à remplir une fonction spéciale. On s'accorde généralement à regarder ce rôle comme celui d’un organe de protection, bien qu’on ne l'ait jamais démontré. Nous reviendrons dans un instant sur ce point. Pour le moment, il nous suffit de constater la forme des éléments de l’endoderme, seul point important au point de vue anatomique, sans nous préoccuper du but de cette disposition, et nous définirons l’endoderme l’assise limitante interne de l'écorce, reconnaissable CONSTAMMENT à la discordance de ses éléments avec ceux de la périphérie du cylindre central et des cylindres partiels qui parcourent l'écorce, et GÉNÉRALEMENT aux cellules à plissements dont elle est le siége. Tel est le vrai sens anatomique du mot endoderme. Cette définition indique sa distribution. L’endoderme existe dans toutes les tiges, feuilles et racines, pourvu que les progrès de l’âge n’aient pas amené l’exfoliation totale de l'écorce.

À côté de ce caractère de situation générale qui est le même dans tous les végétaux et dans tous les membres, nous trouvons d'importantes variations dans la structure de l’endoderme et dans la distribution des systèmes (cellules à plissements, cellules scléreuses, cellules sécrétrices, etc.) dont il est le siége. Ces particularités sont déterminées par les connexions de l’endoderme. Ces connexions varient d’un membre à l’autre, et dans un même membre suivant sa nature, suivant son habitat.

Dans la racine, l'influence du milieu externe aussi bien que celle du milieu interne constitué par les éléments connexes, et qui émane de la nature même du membre, présente une grande fixité. Aussi voyons-nous l’endoderme s’y

RES CS développer régulièrement et s'y différencier d’une façon typique.

Dans la lige, son évolution est troublée, d'un côté par des causes anatomiques (départ des faisceaux qui sont en rapport avec les feuilles, les rameaux, les racines); d’un autre Côté, par des causes histologiques (différenciation variable des éléments voisins, en particulier du stéréome). Le développement de ces membres et de ces tissus étant lié directement aux influences extérieures, c’est à elles que se ramènent en dernière analyse les différences que présente l'endoderme dans les tiges. Nous verrons, en effet, que sa structure se rapproche surtout de celle de la racine dans les tiges qui croissent dans les milieux le moins variables et qui émettent le moins d'appendices autres que les racines. De cette variabilité plus grande, il résulte que l’endoderme est moins facile à suivre dans la tige que dans la racine, et en particulier qu’il n’y a pas toujours de cellules à plissements. Pourtant leur présence y était bien connue depuis longtemps, et dès 1871, M. Van Tieghem (loc. cit.) s’exprimait ainsi à propos du Tagetes patula : « La membrane protectrice se prolonge dans la tigelle et dans toute l'étendue de la tige et des branches avec tous les caractères qu’elle possédait dans la racine. » Aussi n'est-ce pas sans surprise que, dans un travail récent, nous voyons M. Gérard (1) donner comme caractère du passage de la racine à la tige la transformation de l’endoderme (p. 297) consistant en ce que les cellules s’arrondissent et perdent la subérisatian (p. 293) et les stigmates. Cette erreur s’explique par ce fait que l’auteur n'examinait que des plantules. Or, on sait que le développement de la tigelle et la diftéren-

a * (1) R. Gérard. Recherches sur le passage de la racine à la tige. Th. de Paris ; in Ann. Sc. nat. Bot., 6e sér., t. XI, 1881.

= CID ee

ciation de sés tissus S'opérent plus lentement que ceux de la radicule. Pour les Monocotylédones, l’auteur nous dit, en effet, « qu’il est indispensable de laisser végéter quelque temps la plante » (p. 402). Aussi trouve-t-il des plissements sur la tige du Commelyna tuberosa (p. 408). Il est étrange que cette exception n'ait pas frappé M: Gérard, après qu’il avait fait une loi de leur absence. S'il avait laissé végéter plus de plantes, les résultats auraient été modifiés.

On n’a pas fait d'étude d'ensemble de l’endoderme dans la tige. Nous pensons donc qu’il est bon d'utiliser les riches matériaux offerts par la famille des Composées où les principaux types se rencontrent, et de traiter de cette assise avec quelque détail.

Page 1