HISTOLOGIE
Cellules à plissemenis. — Nous envisagerons d’abord l'endoderme différencié comme assise à plissements, puisque c'est là sa forme la plus spéciale et la plus typique. Cette forme existe fréquemment dans la tige des Composées.
Prenons comme type l’endoderme de l’Artemisia mutellina. Nous choisirons 16 rhizome puisque le milieu souterrain est moins variable que le milieu aérien, et que dans ce rhizome en particulier le péricycle et l'écorce possèdent une structure simple uniformément parenchymateuse. Sur une coupe transversale, l’endoderme se montre formé de cellules cubiques à parois minces, présentant sur leurs faces radiales une petite dilatation fort réfringente et rapprochée de la face profonde. Ces dilatations sont la coupe du cadre d’épaississement bien décrit dans tous les traités classiques. On le considère comme un épaississement uni-
er Ac
forme de la membrane localement subérisée ou cutinisée. Ces deux termes sont employés indifféremment. Pourtant nous possédons une réaction permettant de distinguer la subérine de la cutine, bien que les chimistes ne nous aient pas révélé de différences dans la composition de ces deux substances. Colorées vivement par le bleu d’aniline en solution alcoolique (un excès n’est pas à craindre), traitées ensuite par la phloroglucine, puis par l'acide chlorhydrique, les membranes cutinisées sont d’un bleu pur, les membranes subérisées, d'un beau rose. C’est cette dernière coloration que prennent les épaississements de l’endoderme. De plus, l'aeidé chlorhydrique ayant gonflé les parois cellulosiques et non les parois subérisées, la membrane se laisse décomposer, au niveau de l’épaississement, en deux. membranes propres incolores et une lamelle moyenne dilatée en fuseau qui seule a fixé le réactif. On peut suivre cette lamelle moyenne jusqu’à la jonction de la paroi radiale avec la paroi profonde ; et elle envoie de chaque côté, dans l'épaisseur de cette dernière, un prolongement qui s'éteint rapidement en pointe. Toute cette portion de lamelle moyenne est subérisée, mais faiblement et se colore à peine. Cette capacité de coloration, dans les tiges aériennes, envahit à certains niveaux toute la paroi profonde et la plus grande partie des parois radiales.
Une coupe longitudinale donne le même aspect, à cela près que les cellules de l’endoderme sont plus allongées. Sur une coupe tangentielle qui montre l’endoderme de face, on le distinge seulement à la réfringence uniforme de ses parois dont la largeur dépasse la normale, et aux sinuosités qu’elles décrivent. Toutefois ces sinuosités font défaut sur les faces transverses.
Ainsi, dans la structure primitive et typique de l’en-
doderme, nous voyons les parois ‘internes et externes entièrement minces et perméables, les parois radiales et tangentiellés réunies à celles des cellules contiguës par un épaississethent mitoyen en forme d’annéau résistant, inextensible, parfaitement et fortement élastique.
On se demande ce qui, dans cette structure, peut éveiller l'idée d’un rôle protecteur analogue à celui de l’épiderme. On insiste sur l’impérméabilité due à la subérisation. Mais cette imperméabilité ne protége que les cellules de l’endoderme entre elles, puisque le tissu imperméable est localisé sur leurs faces de contact, et encore n’en occupe qu'une partie. Dans l’épiderme, une couche imperméable se différencie sur la face qui sépare les tissus à protéger du milieu susceptible de devenir nocif. Rien de pareil dans l’assise à plissements, tant que des formations ultérieures, exceptionnelles, étrangères en quelque sorte à sa nature ne s’y sont pas superposées.
L’engréniage des cellules supprime toute communication entre lés méats de l'écorce et ceux du cylindre central. C’est là, si on veut, un rôle protecteur, mais qui n’a rien de comparable à célui de l’assise caractérisée par les stomates.
Donc, rien dans sa structure ne prouve que l'assise à plissements püisse jouer, par rapport à la région centrale, un rôle protecteur analogue à celui que l'épiderme de [4 tige joue vis-à-vis du membre tout entier.
Les faits Suivants prouvént au conträire qu'il ne joue pas efficacément ce rôle.
Gonsidérons le rhizoine de Nardosmia fragrans (fig. 10) dont nous avons parlé à propos de la formation du liége. Nous avons vu comment les faisceaux des écailles desséchées se morlifient et constituent un séqüestré à l'intérieur de l'écorce et Cotimient ils S'éntourent de liége. Ajoutons que