‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 33 sur 81 · LARGE · texte numérisé non relu

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« purine.., »; et dans le corps central : « le tissu sclérifié « constituant l'appareil mécanique de la tige est très déve- « loppé, mais au lieu de former un arc scléreux externe, il « constitue des îlots situés à la partie interne de chaque « faisceau, îlots affectant la forme de croissant, de façon à « envelopper la région ligneuse de celui-ci... »

Ces faits prouvent que le réseau d'épaississements se développe indépendamment du tissu de soutien ou d’un appareil protecteur puissant, qu’il ne balance pas ces appareils, qu’il n’a donc aucun de ces rôles.

Pour que l’anneau de fibres lignifiées du cylindre central entrave l’organisation de l’endoderme en assise à plissements, il faut donc qu’il soit en contact immédiat avec lui ; une seule assise d'éléments actifs interposée suffit pour justifier cette différenciation ; et dans bien des cas l’apparition précoce des plissements aura surtout pour rôle d'empêcher le péricycle de se transformer en racines. C’est ainsi que, toujours d’après M. Mangin : « lorsque le réseau radicifère « est interrompu dans les entrenœuds, l’endoderme se con- « tinue fréquemment seul, sans interruption, sur toute la « longueur de la tige (loc. cit., p. 258). »

Ces règles générales déduites d'observations qui ne sont pas suspectes d’avoir été faussées par une idée préconçue justifient notre théorie sur le rôle de l’assise à plissements. Elles s'appliquent de tous points à la famille des Composées.

Les plissements sont d'ordinaire de moins en moins accusés de la base au sommet. La tigelle en est constamment pourvue, (c'est, il est vrai, l’endoderme radical) ; le pédoncule n’en possède pas d’habitude. Mais les tiges végétatives offrent des variations considérables portant

sur l'espèce, sur la nature de la tige (feuillée, radicifère), |

Que

sur la région considérée, sur l'habitat ; les variations s’observent sur une même coupe, quand les connexions de l'endoderme varient suivant le méridien considéré.

Variations spécifiques. — Dans bon nombre de plantes, toutes les tiges végétatives en sont dépourvues. L'absence d'assise à plissements est générale dans les Tubuliflores. Nous n’en avons pas trouvé une seule fois dans de nombreuses espèces réparties en vingt genres, notamment Carlina, Lappa, Serratula, Carthamus, Cnicus, Rhaponticum, Cinara, Cirsium, Silybum, Echinops, etc.

Les Labiatiflores en possèdent: Barnadesia, où sont les plissements englobés dans les couches lignifiées. Les Liguliflores, Radiées, Ambrosiacées se comportent diversement à leur égard. Les Lactuca virosa, Prenanthes, Picris (Liguliflores); Stiftia (Labiatiflores); Calendula (Radiées), etc. en sont, dès le nœud cotylédonaire, entièrement dépourvus. — D'autres en possèdent jusqu'aux niveaux les plus élevés de la tige aérienne : Lapsana communis, Sonchus arvensis, Leontodon hispidum; Vernonia novæ-boracensis; Bellis perennis, Gnaphalium supinum, Eupatorium cannabinum, E. melissoides, Ageratum cæruleum, Tagetes signata, Balsamita vulgaris, Helianthus tuberosus, Dahlia Cervantesi, Senecio cordatus ; Ambrosia trifida, Xanthium strumarium, etc.

Souvent, à mesure qu’on s'élève, les épaississements deviennent moins ventrus. Dans Tanacetum vulgare, Lapsäna communis, etc., ils s’allongent dans les portions supérieures, et finalement les parois endodermiques ne présentent plus de renflement à:leur niveau, mais restent raides et subérisées dans leur tiers ou leur moitié interne ; le reste de la membrane se chiffonne. La même transfor-

mation s'opère dans le Pulicaria dysenterica entre les portions submergées et les portions aériennes. Ces différences dues au milieu peuvent être poussées plus loin; et les plissements disparaissent dans une région de la tige, la partie aérienne par exemple. Dans le Sonchus lenerrimus les parois restent, dans la tige aérienne, imprégnées de subérine qui les infiltre vaguement, et leur fait prendre, par la fuchsine, une coloration rose comme estompée. Dans l’Hieracium aurantiacum, les épaississements sont, dans le rhizome déjà, dépourvus de renflementet seprolongent avec la paroi interne, comme dans les portions supérieures de la Lampsane. La tige aérienne en est absolument privée, ainsi que chez Cichorium Endivia, Hypochæris radicata, Hieracium Pilosella, ete., dont les rhizomes en

possèdent.

Dre.

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FIGURES 16-18, — Achillea Millefolium.

16. Tige aérienne. Endoderme plissé en face d'un péricycle à parois minces. — 17. Même coupe. Endoderme dépourvu de plissements en face d’un péricycle scléreux. -- 18. Rhizome montrant les mêmes différences.

Les plissements disparaissent également dans les tiges aériennes des Artemisia glacialis, A. spicata, Homogyne alpina, Leontopodium alpinum, Adenostyles albifrons,

6 EN dette le TT PS EU 427 2

SAT TES Anthemis arvensis, chez qui la sclérose du cylindre central est puissante.

Dans d’autres, les plissements sont localisés à certaines bandes, tantôt opposées aux faisceaux : Andryala sinuata, Tolpis barbata, Artemisia camphorata, tantôt opposées aux rayons et s'étendant plus ou moins d’une de ces zones à la zone voisine: Achillea Millefolium (fig. 16-18), A. Ageratum, À. filipendula, Ptarmica moschata, Artemisia mutellina, Stevia ivæfolia, Boltonia glastifolia, Chrysanthemum segetum, Cosmos bipinnatus, Anacyclus purpurascens, Pyrethrum sinense, Anthemis tinctoria. Dans le Pyrethrum sinense, les épaississements deviennent allongés et étroits dans la région supérieure.

Cette localisation étant directement sous la dépendance de la structure du péricycle, parfois du liber, nous en déterminerons la loi au chapitre VIIE, où nous étudierons l’action histogénique des milieux, l’endoderme étant un sujet éminemment favorable à ce genre de recherches.

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