LIMITES DU CYLINDRE CENTRAL ET DE SES DEUX ZONES
Le cylindre central présente comme l'écorce plusieurs régions concentriques caractérisées par la présence de certains systèmes spéciaux à chacune d'elles. Ce sont le péricyele etl'autocycle. L'autocycle comprend trois régions tertiaires : le cercle libérien, le cercle ligneux, la moelle.
Le péricycle se compose d’une ou de plusieurs rangées de cellules qui s'étendent de l’endoderme au liber ces faisceaux primaires. Sa limite externe est marquée par l’endoderme ; sa limite interne par la zone libérienne. L'étude de cette dernière est nécessaire pour fixer cette frontière.
La zone libérienne est caractérisée essentiellement par la présence du liber des faisceaux conjugués libéro-ligneux de la tige. Ces faisceaux sont primitivement isolés. A leur face interne la limite est nette, mais dans leur intervalle la région reste longtemps ou même indéfiniment parenchymateuse : ce sont les produits secondaires qui transforment en liber les portions du cercle libérien non encore différenciées aux dépens du parenchyme qui constitue la masse de
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l'autoderme. La limite interne de la zone libérienne ne doit pas être Cherchée au niveau des rayons médullaires pendant la période primaire, puisque les tissus de cette région sont encore indifférents ; quand ilse constitue un cambium, cette assise en marque nettement les limites.
Les mêmes difficultés existent quand il s’agit de préciser les limites du bois et de la moelle. En somme, il est plus simple de considérer l’autocycle comme une région unique, et de noter seulement pour chaque système quel est son lieu d'élection dans cette zone.
PÉRICYCLE.
Le péricycle est cette région qui s’étend entre l’endoderme et le cercle normal des faisceaux. Il est connu depuis longtemps dans la racine où il forme d'habitude une seule assise de cellules désignée par sa fonction ordinaire sous le nom d'assise rhizogène, ou par sa situation sous celui d’assise périphérique du cylindre central. Il n’est pas moins constant dans la tige où il a d’ailleurs des destinées variables. Sa constance, son importance anatomique justi-
fiaient la création d’un nom spécial. Ses variations histolo-
giques ef physiologiques exigeaient une désignation qui ne préjugeât rien de sa structure ou de ses fonctions. Le terme de péricycle proposé par M. Van Tieghem (1) est parfaitement choisi pour désigner cette zone anatomique.
Par suite de son activité et des buts divers en vue desquels il la dépense suivant les conditions offertes par les
(1) Ph. Van Tieghem. Recherches sur quelques points de l'anatomie des Cucurbitacées. Bull. Soc. bot., t. XXIX, 1882.
systèmes connexes, le péricycle offre un haut intérêt anatomique et biologique.
I. — LE PÉRICYCLE EST RHIZOGÈNE. — C’est sous cette forme qu’il a été étudié d’abord. Lorsqu'il produit des racines, sa structure dans la tige, tout au moins dans les points où il est doué de cette propriété, est la même que dans la racine. Il se compose alors de cellules à parois minces, cellulosiques, ayant tous les caractères d’une assise génératrice. Il est dépourvu de tout tissu différencié en vue d’une fonction spéciale. Il en résulte un retentissement immédiat sur les régions connexes. Gelles-ci héritent des systèmes qui, en d’autres circonstances, sont l'apanage du péricycle (systèmes scléreux, sécréteur, etc.).De là une différence essentielle de structure entre les tigés à racines et les tiges sans -racines. Nous avons vu déjà que l’endoderme plissé accom- ‘pagne normalement l’assise rhizogène, bien qu'il puisse persister dans des portions où le péricycle à perdu cette “propriété. Dans les rhizones et les stolons, le péricycle est “souvent rhizogène et cette qualité contribue, conjointement avec le milieu qui, au reste, n’est pas étranger à sa production, contribue, dis-je, à donner au facies anatomique de -ces tiges quelque chose de celui de la racine. Toutefois, ‘ dans les portions du cercle péricyclique qui sont incapables de produire des racines, le péricycle reprend souvent les - caractères spéciaux au péricycle caulinaire ; et sur une même coupe on voit, dans Æieracium Pilosella par exemple, -le péricycle qui est rhizogène en face des rayons présenter : sur le dos des faisceaux une organisation incompatible -avec la production des racines.