II. — LE PÉRICYCLE EST GÉNÉRATEUR DE FORMATIONS SECON
DAIRES DE LA TIGE. — Le péricycle reste actif. Mais les conditions extérieures et la structure générale de la région qui en dépend étant incompatibles avec la fonction rhizogène, cette activité demeure latente. À un moment donné, les éléments contigus de l’autocycle se transforment en cambium. Sous cette influence, l’activité du péricycle se réveille et son évolution s'associe à celle des éléments connexes. En conséquence, quelques-unes de ses cellules se cloisonnent et prennent part à la production d’ilots libériens secondaires. Au contact de l’endoderme, les segments les plus externes issus de ce cloisonnement répété s’organisent en péricycle secondaire. Cette participation du péricycle à la production du liber secondaire s’observe facilement dans beaucoup de Composées: Pyrethrum sinense, Artemisia camphorata, Achillea Millefolium, Bellis perennis, Ptarmica moschata, Erigeron acris, Stenactis annua, Senecio cordatus, Tagetes signata, etc., parmi les Radiées ; Tragopogon pratensis, Leontodon hispidum, Andryala sinuata, Sonchus tenerrimus, Picris hieracioides, Hypochæris radicata, Lapsana communis, Taraxacum officinale, Prenanthes purpurea, parmi les Liguliflores ; Microlonchus salmanticus,etc., parmi les Tubuliflores.
Il semble parfois que le liber secondaire des tiges florales soit exclusivement péricyclique : Tolpis barbata.
Outre le liber formé aux dépens du péricycle dans les rayons médullaires primaires, nous avons observé, dans l'Achillea filipendula, du liber secondaire et quelques vaisseaux plongés dans la masse de péricycle sclérosé qui revêt le dos des faisceaux primaires.
IT. — LE PÉRICYCLE S’ORGANISE IMMÉDIATEMENT. — Le péricycle produisant de bonne heure des systèmes végétatifs
LFB définitifs présente deux variétés qui peuvent coexister entre elles ou se superposer aux précédentes. Tantôt il donne du tissu scléreux, tantôt il donne des laticifères. Nous désignons ces deux types sous les noms de péricycle sclérogène et péricycle galactogène.
À. — Péricycle sclérogène. — La sclérose est précoce dans les régions du péricycle qui ne sont génératrices ni de racines ni de liber secondaire. C’est dire qu’elle est plus constante dans les portions aériennes que dans les souterraines, plus fréquente aussi et surtout plus précoce en face des faisceaux primaires qu'en face des rayons où les faisceaux secondaires peuvent naître. Cette présence habituelle de massifs scléreux sur le dos du liber des faisceaux conjugués les a même fait considérer longtemps comme partie intégrante du tissu conducteur. C’étaient des fibres libériennes pour les anciens auteurs. Pour eux l’assise périphérique du cylindre central s’arrêtait brusquement en face des faisceaux en même temps que ce tissu apparaissait. La continuité de cette portion du stéréome avec le péricycle est facile à établir par l'examen de tiges suffisamment jeunes.
Il existe aussi des fibres réellement libériennes, superposées aux massifs péricycliques. Dans l’Achillea Ageratum, sur de vieilles tiges aériennes, elles sont isolées et éparses au sein du liber. Dans l'Artemisia Abrotanum, elles forment de petits groupes. Enfin, dans l’Anthemis nobilis, la sclérose plus étendue envahit tout le parenchyme libérien et emprisonne dans des alvéoles lignifiées chaque fascicule de tubes criblés. Extérieurement ce stéréome libérien se fusionne avec le stéréome péricyclique; et la limite entre ces deux tissus de même nature histologique, mais distincts par leur origine, est à peu près impossible à trancher. Cette
dent
ge LC dernière structure est encore plus nette dans le Leontopodium alpinum.
Le stéréome péricyclique extralibérien se constitue de bonne heure. Dans des plantules de germination, on le trouve à la partie supérieure de la tigelle avant la naissance des premières feuilles végétatives. L’assise unique qui, dans les portions inférieures, formait le péricycle à ce niveau se dédouble, puis se multiplie davantage. Les parois cellulosiques s’épaississent : elles prennent une réfringence spéciale et un aspect nacré qui les fait aisément distinguer. Elles conservent parfois indéfiniment cette structure(Lappa, Sonchus), ou bien elles se lignifient ultérieurement. Une ou deux assises contiguës à l’endoderme échappent presque toujours, au moins primitivement, à la sclérose, et restent aptes à produire des tissus secondaires, ou deviennent (Liguliflores) le siége du réseau de laticifères. Trois rangées ou même davantage restent minces à la partie externe du péricycle chez le Leontodon hispidum. Localisée au dos des faisceaux, cette sclérose y atteint souvent d'énormes proportions. Elle constitue le squelette des côtes dans certaines plantes (Artemisia), tandis que dans d’autres les côtes sont produites par le collenchyme (Lappa). Chez le Vernonia novæ-boracensis, cette sclérose du péricycle en face du milieu des faisceaux est si forte que le liber avorte à ces niveaux et se trouve divisé en deux moitiés latérales séparées par du tissu scléreux. L’épaississement frappe les cellules du parenchyme libérien, et il ne reste que peu de
cellules criblées dansla région interne de la masse lignifiée.
Parfois la sclérose envahit toute la périphérie (Antennaria dioica, Arnoseris minima, etc.). La puissance du stéréome dans le péricycle est d’ailleurs liée à celle qu'il atteint dans les autres régions. C’est un des systèmes le plus soumis au Vuillemin. 7
balancement. Nous l’étudierons avec plus de fruit au cha-
pitre VIE. |
B. — Péricycle galactogène. — Cette variété comprend les cellules à latex fusionnées en réseau à la périphérie des massifs extralibériens chez les Liguliflores, et les cellules isolées remplies de latex ou de résine qui occupent la même situation chez quelques Tubuliflores.
Quand le péricycle forme de puissants massifs lignifiés, l’assise externe seule est galactogène. Ses parois demeurent indéfiniment minces : Helminthia echioides, ou bien au contraire la sclérose les envahit aussi.
Les laticifères se forment aussi bien en face des faisceaux secondaires que des primaires. Le calibre des cellules laticifères varie avecles plantes. Très petites dans Urospermum Dalecampii, elles sont de moyenne taille dans Cichorium Intybus, Mulgedium Plumieri, énormes dans le Chondrilla juncea, Lapsana communis, Lactuca virosa. Dans cette dernière plante le péricycle offre une disposition spéciale. Il produit une gaine de parenchyme épaisse de 3-5 cellules ou davantage tout en restant étranger aux formations secondaires. Les énormes laticifères y sont parfois séparés de l’endoderme par une rangée d'éléments plus petits.
AUTOCYCLE.