I. — Faisceaux normaux
Ce qui caractérise avant tout le cylindre central proprement dit, c’est la présence des faisceaux. Les autres systèmes de l’autocycle leur sont intimement liés. C’est donc par eux que nous commencerons.
La tige possède toujours au moins un cercle de faisceaux conjugués comprenant du liber et du bois. Dans les Composées, ils sont toujours collatéraux, c’est-à-dire formés d’un seul groupe libérien en dehors, d’un seul groupe ligneux en dedans. À ce cercle normal se superposent des faisceaux exclusivement libériens disposés dans la moelle de plusieurs Liguliflores : Lactuca, Tragopogon, Scorzonera, Scolymus, etc. Souvent ces faisceaux se placent à la pointe interne du bois des faisceaux conjugués; et, faute d’une attention suffisante, on pourrait croire que l’on a des faisceaux bicollatéraux analogues à ceux des Cucurbitacées, Apocynées, Solanées, etc. Il n’en est rien et nous verrons ces faisceaux révéler leur indépendance à propos de l'insertion des appendices. On les observe souvent au sein de la moelle loin des faisceaux normaux (Scolymus hispanicus).
Nous appellerons satellites ces petits faisceaux libériens lorsqu'ils se rapprochent des faisceaux conjugués, et que leur évolution semble liée à celle de ces derniers.
À. — HiSTOLOGIE.
Liser. — Le liber comprend les cellules criblées et leurs cellules annexes constituant ensemble le tissu cribreux, le parenchyme qui s'organise parfois en fibres libériennes, exceptionnellement des laticifères, et plus rarement encore des canaux oléifères. La rareté de ces deux derniers tissus n'existe qu’à la période primaire.
Tubes criblés. — Comme c’est la règle chez les Angiospermes(1), les tubes cribreux se forment indirectement aux
() Ed. de Janezewski. In Mém. Soc. sc. nat. et math. de Cherbourg, t. XXIII, 1882.
dépens d’une cellule de méristème, par un cloisonnement tangentiel qui isole sur les flancs de cette cellule un petit élément riche en protuplasma, la cellule annexe. Les tubes eux-mêmes présentent dans toute la famille une forme très constante. Dans les nombreux exemples qui suivent et qui sont empruntés aux groupes les plus divers, les parois terminales sont transverses ou faiblement obliques, et pourvues d’un crible simple. Nous avons trouvé en particulier cette disposition dans le Barnadesià rosea, plante franchement ligneuse, ce qui est rare dans la famille. On sait pourtant que, chez les plantes ligneuses, les cloisons inelinées et les cribles composés se rencontrent assez généralement. Nous allons décrire avec détails le tissu cribreux de la Bardane, où il est particulièrement beau ; puis nous lui compareronsles autres plantes examinées enindiquantles légères différences de détail qui les éloignent de ce type.