‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 38 sur 81 · B. — ANATOMIE · texte numérisé non relu

B. — ANATOMIE

La course des faisceaux dans le corps de la plante est peut-être le caractère anatomique le plus important, puisque les faisceaux en constituent le squelette, et indiquent, par suite, sa forme, son aspect général, sa symétrie ; et c’est de plus un squelette renfermant l'appareil conducteur, chargé de faire circuler dans toutes les parties les matériaux nécessaires à la vie des éléments actifs. |

Les faisceaux conjugués se disposent en cercle à la périphérie du cylindre central immédiatement au-dessous du péricycle. Ils sont primitivement distincts et isolés par des expansions de la moelle qui s’avancent jusqu'au péricycle

et sont parfois difficiles à délimiter par rapport à cette assise; ces expansions, propres au cylindre central, sont les rayons médullaires.

La moelle et les faisceaux, issus d’initiales communes, n’ont, pas de domaines tranchés ; et l'on voit souvent telle cellule, selon les influences qui président à son évolution, devenir adulte comme simple élément de parenchvme mé dullaire, ou bien engendrer des portions de l'appareil conducteur qui relieront les faisceaux primitivement distincts.

La tige, étant caractérisée essentiellement par la présencé de feuilles, a ses faisceaux en relation directe avec ceux de ces membres. Les faisceaux des bourgeons contractent également des rapports intimes avec ceux qui forment la charpente propre de la tige. Par suite : nous pouvons avoir trois ordres de faisceaux dans le cylindre central : 1 faisceaux caulinaires qui ne sont pas en rapport avec un appendice unique (on les regarde comme appartenant en propre à la tige et donnant insertion à ceux des appendices. Ils sont dans bien des cas du moins le prolongement et le résultat de la coalescence de ces derniers) ; 2° faisceaux foliaires qui se rendent aux feuilles; 3° faisceaux se rendant aux bourgeons et auxquels nous donnerons le nom de faisceaux gemmaires. Les deux premiers ont seuls été décrits jusqu'à présent dans le cylindre central, et l’ensemble des faisceaux en rapport avec une feuille est désigné sous le ‘hom de trace de cette feuille. Nous nous sommes assuré que chez les Composées, et nous pouvons étendre cette conclusion aux plantes vasculaires en général, les traces gemmaires sont à peu près aussi répandues que les traces foliaires. La création de ce terme répond à un besoin réel, et l’on se demande comment, dans les nombreux diagrammes où l’on représente la course des

faisceaux, on a pu faire abstraction d’un système aussi

développé et facile à suivre par les procédés les plus simples. | ‘

Limite vasculaire de la tige à l'égard des appendices.

Si d'un point pris sur l’endoderme, immédiatement audessus de l’espace où il était soulevé par le membre latéral, et au milieu de cet espace, nous menons un plan perpendiculaire à la direction de ce membre, ce plan marquera la limite du cylindre central de la tige à l’égard des formations homologues de l'écorce qui le raccordent avec le membre appendiculaire. Dans la pratique, nous prendrons le plan mené du même point perpendiculairement à l'axe de la tige, et nous regarderons généralement comme appartenant à ce cylindre tout ce qui, sur une coupe transversale, est limité extérieurement par l’endoderme.

Pour étudier la course des faisceaux, on en construit le diagramme d’après des séries de coupes transversales. Ce diagramme n’est pas précisément la projection déroulée des faisceaux sur un cylindre circonscrivant la tige. C'est une construction géométrique dans laquelle chaque point du parcours des faisceaux est déterminé par la distance qui le sépare de deux droites rectangulaires. Les longueurs prises sur la ligne des abscisses indiquent la distance angulaire de deux points quelconques de la tige, mesurée sur l’angle plan correspondant au dièdre formé par l'intersection des plans radiaux passant par chacun des points considérés. La ligne des abscisses a une longueur définie représentant 360°. Les ordonnées correspondent aux longueurs de tige, lentrenœud étant pris pour unité. La ligne des ordonnées est indéfinie.

La comparaison d'un certain nombre de ces diagrammes montre que la tige des Composées présente plusieurs types très différents. Nous verrons pourtant que des divergences apparentes ne sont pas toujours irréductibles à un type commun, et réciproquement qu'un aspect extérieur analogue est compatible avec des variations profondes.

A. — Feuilles unispiralées.

PREMIER TYPE. — Centaurea montana. — Tige étroite fig. 24). Cinq faisceaux parcourent la tige et restent indé-

nant nn IN AAA

FIGURES 24-25. — Diagramme de la course des faisceaux dans le Centaurea montana.

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