‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 45 sur 81 · VI. — Moelle · texte numérisé non relu

VI. — Moelle

La moelle étant essentiellement un tissu de remplissage, n'a pas une personnalité anatomique bien accusée. Son évolution est liée à celle des éléments plus importants du cylindre central, à savoir l'anneau libéro-ligneux avec le cambium et le péricycle.

Pour suivre l'élargissement de la tige, la moelle, tant qu 'elle est jeune, multiplie activement ses éléments. Elle peut encore suivre la dilatation générale alors qu'elle est déjà différenciée en parenchyme, si la région est abondamment pourvue de matériaux nutritifs, comme cest le cas pour les rhizomes. On y voit alors le diamètre devenir très considérable; et les cellules primitives séparées entre elles par des méats sont divisées par des cloisons planes (Arnica montana, etc.). Ce cas est poussé à l extrême dans les tiges tuberculeuses del Helianthus tuberosus.

Mais il n’en est pas toujours ainsi. Dans les portions aériennes en particulier, la puissance vitale se concentre autour de l anneau ligneux rejeté à la périphérie. Aussi le développement des cellules médullaires est-il arrêté vers le centre. Si cet arrêt est précoce, il s'accompagne de résorption, ou bien les cellules meurent et se dessèchent alors que leurs parois sont minces ei cellulosiques. Aussi ne tardent-elles pas à se déchirer et à à être entrainées vers la périphérie. Elles tapissent alors la cavité centrale, et en isolent les cellules vivantes généralement lignifiées : TL araxacum, Arnoseris, Ârtemisia, Achillea, ete.

Dans les rhizomes, il peut arriver que les cellules centrales se maintiennent assez longtemps vivantes. Elles épaississent leur membrane et acquièrent une certaine résis-

tance. Quand leur vitalité se ralentit, elles ne peuvent être ni résorbées ni entraînées vers la périphérie; elles constituent un séquestre au sein des portions actives. Celles-ci s’enflamment comme le font les cellules corticales au contact des assises externes à vitalité ralentie. Une couche phellogène se constitue et isole le séquestre, qui lui-même est envahi par la subérisation : rhizome d’'Artemisia glacialis.

Dans les vieux rhizomes, la moelle épaissit ses parois sans les incruster de lignine et leur donne l'aspect collenchymateux.

La lignification y est rare (Petasites). C’est le contraire qui a lieu dans les tiges aériennes. Au contact de l'anneau du bois, les éléments médullaires sont envahis de proche “en proche par l’incrustation ligneuse. Les parois restent minces ou s’'épaississent et présentent les divers types de sculptures des parois lignifiées : outre les ponctuations simples, les ponctuations scalariformes (Artemisia spicata, etc.), les ponctuations croisées (Dapsana communis).

La moelle est traversée par des systèmes dont l'étude sera mieux placée ailleurs. Ce sont : le système scléreux déterminé par la lignification que nous venons de mentionner, et par les faisceaux de stéréome accolés à la pointe du bois, le système sécréteur représenté par les canaux oléifères étudiés plus haut et, dans le Cirsium oleraceum, par des cellules à latex simples et isolées, le liber médullaire, et enfin dans les pédoncules les traces foliaires et gemmaires de la calathide.

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