CHAPITRE V
Insertion des Feuilles.
… Les feuilles naissent sur les flancs de la tige aux dépens d'une émergence comprenant une portion d'épiderme et une portion d’écorce. Elles sont caractérisées comme membres lorsque divers systèmes anatomiques et en particulier les faisceaux libéro-ligneux se sont différenciés dans leur sein. Ces systèmes se raccordant avec ceux de la tige, leur étude nous intéresse directement. Il n’y a pas de raccord entre l’épiderme ni l'écorce des deux membres, puisque ces deux régions dans la feuille ne sont que des prolongements de leurs homologues de la tige; le raccord des faisceaux doit fixer notre attention.
Le plus souvent la feuille des Composées s’unit à la tige par 3 faisceaux qui se distribuent dans le limbe, sauf chez le Barnadesia rosea. Cette plante, singulière à tant d'égards, possède des feuilles bistipulées, et chaque stipule épineuse absorbe l’un des faisceaux latéraux. La nervure médiane passe seule dans le pétiole et se ramifie dans le limbe. Nous ne connaissons pas d'autre exemple de feuilles stipulées chez les Composées.
Le nombre de faisceaux que la feuille raccorde à la tige peut dépasser 3 : il est en moyenne de 7 dans Tragopogon
pratensis, Serratula gigantea. Au reste il varie dans une même plante. Ainsi l’Artemisia Absinthium a des feuilles à 3 faisceaux sur la tige florale, à 7 faisceaux sur la tige végétative.
Nous n'avons pas à revenir sur le cas où les faisceaux foliaires (tous ou seulement le médian) cheminent un certain temps dans le cylindre avant de s’insérer latéralement à un caulinaire (trace foliaire). Nous en avons décrit les principaux types au chapitre IV. Le trajet dans l'écorce peut offrir les mêmes particularités. Ou bien, et c’est le cas habituel, tous les faisceaux sortent du cylindre au nœud mème ét ne laissent dans l’écorcé qu’üné trace insignifiante. Ou bien ils y Suivént un trajet plus où moins oblique et ne pénètrent dans le cylindré qu'au-dessus dû nœud. Parfois ils parcourent dans l'écorce l'éteñdué dé plusieurs entrenœuds. Il y à alors balancemént entre la trace dans l'écorce et la trace dans le cylindre central. Ainsi dans lé Bellis perennis, la trace Corticale du médian comprend Séülement un demiientre-nœud, la trace des latéraux en parcoürt deux. Sauf cé dernier cas, là trace foliaire dans l’écoréé est négligeable, et sur le diagramme on réporte l’extrémité supérieure des faisceaux au nœud même. Dans lés cä$ comme celui du Bellis, il est bon que le diagrämmié distiñgué la trace proprement dite (dans lé éylindré) de lâ trace corticale. On indiquera par exémple la prémière en pléin, là deuxième en pointillé.
Nous savons déjà que là disposition des feuillés répond à plusieurs types. Dans l'insertion latérale, là divergence appärente 2/5 est habituelle. La direction dé la spirale génératrice est déterminée par l'insertion des faisceaux foliaires, Elle tourne soit à gauche : Serratüla gigantea, Doronicum pardalianches, Tussilago Farfara, Matricaria Chamo-
milla, Pyréthrum roseum; soit à droite : Tragopogon pratensis, Hypochæris radicata, Prenanthes purpurea ; Centaurea montana, C. Jacea. Cirsium acaule, C. lanceolatum ; Artemisia ramosd, A. Dracunculus, Leucanthemum vulgare, Matricaria inodora, Anthemis arvensis, Balsamita vulgaris, ete. — Nous connaissons aussi la disposition verticillée, ordinairement décussée : Arnica montana, Eupatorium cannabinum, Actinomeris oppositifolia; Silphium perfoliatum, Dahlia, Helianthus, Ligularia, Bidens, etc. ; parfois en cycles de 3-4-6.
On pourrait être surpris de rencontrer ces dispositions extrêmes dans des plantes fort voisines : les feuilles alternes des Doronics à côté des feuilles opposées de l’Arnica, les feuilles alternes des Tussilägo près des verticilles des Eupatorium. L’anatomie va nous montrer des formes de passage et nous expliquer comment ces types se transforment l’un dans l'autre.