‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 48 sur 81 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Insertion des Tiges.

La naissance des rameaux s'effectue d’une manière analogue à celle des feuilles dans des portions de tige non encore différenciées, et en des points où la communication entre l’écorce et le cylindre central n’est pas encore interrompue par un système contentif ou protecteur développé aux dépens de l’endoderme. Nous avons vu que l'insertion des feuilles, en retardant à un certain niveau là formation de ces systèmes, était éminemment favorable à la produetion des rameaux, et que ceux-ci apparaissaient d'ordinaire à l’aisselle des feuilles: La trace de la radicule au:point où elle est entraînée dans les cotylédons (Calendula) se comporte à cet égard comme les faisceaux médians des feuilles issus de la tige. L'insertion des racines latérales ne détermine pas la naissance de bourgeons, parce que cette insertion étant transverse, l'endoderme de la tige n’est pas influencé en dehors de l’espace occupé par la racine. Cela ne veut pas dire que le voisinage d’une racine latérale, pas plus qu'aucune modification du milieu interne, soit sans influence sur le développement des bourgeons nés à proximité.

Considérons un rhizome d’'Hieracium Pilosella terminé par une Jeune pousse aérienne. Chaque feuille possède trois

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faisceaux et porte à son aisselle un bourgeon s’insérant par deux faisceaux au nœud même. Dans les portions supérieures dé la pousse, dépourvues de râèines latérales, les trois faisceaux foliaires ont à peu près la même obliquité et s’échappent simultanément de l'écorce. Le bourgeon est entièrement constitué et isolé du côté interne lorsque la

feuille $e détache latéralement. Au contraire dans les por-

tions du rhizome portant de nombreuses racines, on pêut voir, au voisinage de l’un de ces appendices, un faisceau entrainé avec tant dé rapidité que la partie correspondante de la feuille est déjà détachée avant que le médian et l’autre latéral aient sensiblement soulevé l’endoderme. Le même voisinage de la racine latérale détermine une obliquité du bourgeon qui, plus développé de son côté, y reçoit des faisceaux foliaires avant même de s'être entièrément dégag du côté de la moelle de la tige mère. | | Les bourgeons naissent près du sommet de la tige: Dans certains cas, ils croissent rapidement avant que l’axe se soit considérablement prolongé au-dessus d'eux, et la tige semble, si les feuilles sont opposées, se bifurquér à l’aisselle de deux feuilles. Entre les deux branches on trouve la tige principale très réduite (certaines hampes florales d'Arnica). La tige principale peut même avortér complètement, et l’on a une fausse dichotomie. Il y a tous les passages d’un cas à l’autre.

D'autre part, la puissance du rameau est, toutes choses égales d’ailleurs, en raison inverse de celle de la feuille axillante. Le bourgeon qui naît à l’aisselle d'une feuille vé- : gétative bien développée avorte souvent, le fait est à peu près constant à l’aisselle des cotylédons. Les rameaux florifères, très puissants, possèdent des feuilles rudimentaires (bractées). Quelquefois un seul rameau floral se

développe, et s’il entraîne l'avortement de la tige, son insertion sera terminale. Son point de raccord sur la tige est marqué par la bractée. Celle-ci avorte elle-même dans bien des cas, et le raccord n’est plus indiqué que par quelques propriétés anatomiques, parfois même n’est plus visible. Dans le cas d’inflorescences complexes, on trouve souvent une série de ramifications dépourvues de feuilles axillantes (Achillea, etc.). Enfin, nous avons une condensation considérable dans la calathide; un grand nombre de feuilles (péricline) s’insère simultanément sous le sommet; la tige s'élargit (réceptacle); les bourgeons n'ayant pas de place pour s’insérer individuellement à l’aisselle de chaque feuille viennent se grouper en masse dans le prolongement de l'axe avorté, qui se dilate et offre à son sommet une large insertion dépourvue d'endoderme. Ainsi, nous avons à ce niveau le développement d'une masse de feuilles au centre de laquelle s’insère une masse de bourgeons, sans qu'il y ait de rapport direct entre chaque feuille prise en particulier et chaque bourgeon considéré isolément. Nous verrons, d’ailleurs, quels sont les rapports anatomiques, les connexions vasculaires qui s’établissent entre les deux groupes de membres ainsi produits à l'extrémité de la tige florale, et qui constituent la fleur composée. Bit 4

De même que les feuilles, les bourgeons apparaissent dans la région externe de la tige et naissent aux dépens d'initiales épidermiques et corticales. Il y a donc continuité primitive entre les épidermés et entre les portions côrticales externes. Un raccord est nécessaire entre les cylindres centraux ; l’endoderme se différencie à la limite des pièces de raccord etsecontinuesansinterruption d’un membre àl’autre. La disposition des systèmes dans le rameau est la même

que dans la tige, aussi bien que toutes les propriétés essentielles.

Les relations vasculaires du rameau avec sa feuille axillante et la tige qui le porte méritent une attention spéciale.

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