‹ De la valeur des caractères anatomiques au point de vue de la classification des végétaux: Tige des composéesChapitre 52 sur 81 · CALATHIDE · texte numérisé non relu

CALATHIDE

L'insertion des fleurons sur le réceptacle est un cas particulier de l’insertion des bourgeons, mais un cas complexe.

La calathide, véritable fleur composée par ses caractères extérieurs, l’est plus nettement encore par sa structure intime. Tous les bourgeons floraux destinés aux fleurons, forment, par leur origine, un ensemble que l’on peut considérer comme un bourgeon agrégé dont les divers éléments s’isolent en haut.

La calathide se compose de feuilles sans bourgeon (péricline), et de bourgeons sans feuilles axillantes (fleurons). La paillette semble, en effet, quand elle existe, la préfeuille du bourgeon flosculeux.

Pour fixer les idées, prenons une calathide de développement moyen, à réceptacle charnu et peu allongé, à fleurons nombreux, à écailles du péricline multiples, et examinons-la un peu avant l’anthèse. Le Cirsium acaule var. caulescens nous servira de type.

À la base de la calathide, la coupe rappelle absolument celle de la tige aérienne à la partie inférieure d'un entrenœud. Les faisceaux de plusieurs écailles sont simultanément isolés dans l'écorce et forment autour du cylindre central un cercle presque complet. Un peu plus haut, de

As

nouveaux cercles se forment parce que les entre-nœuds sont excessivement raccourcis, et qu'un même faisceau en parcourt un grand nombre dans l'écorce. Par suite de leur nombre énorme, de la lenteur relative et de la simultanéité de leur sortie, tous ces faiscéaux se font équilibre, et aucun d'eux ne forme avec l'axe un sinus assez large pour donner insertion à un bourgeon. Les faisceaux qui coexistent dans l'écorce, s’unissent par de nombreuses anastomoses, en sorte qu’il se constitue un réseau foliifère continu dans toute la périphérie. À ce réseau aboutissent toutes les insertions des écailles. Lui-même se continue inférieurement par un certain nombre de racines qui constituent autant de traces de feuilles élémentaires qui s’insèrent sur les sympodes caulinaires après un trajet plus ou moins long. A mesure qu’on s'élève, ce trajet diminue, et les anastomoses entre les vaisseaux s’opèrent à une petite distance de leur insertion sur les caulinaires. Les faisceaux devenant de plus en plus nombreux si l’on s'élève davantage, sont entièrement refoulés par le réseau qui remplit l'écorce et s'anastomosent au niveau même du cercle normal : les Caulinaires sont ainsi réunis sur quelques coupes par des branches transverses. Les faisceaux foliaires qui naissent plus haut pénètrent dans le seul espace conjonctif qui reste libre. La convexité de leurs branches anastomotiques fait place à une concavité, et le réseau se continue dans la moelle.

Il est bien entendu que l’endoderme n’a pu se différencier dans toute la région de ces insertions accumulées. La moelle s’élargit aussi bien que l’écorce, et-le large réceptacle est ainsi constitué.

La propriété gemmigène se trouve transportée comme dans les Lycopodes à cette large surface terminale. La

puissance végétative s'étant affaiblie dans la formation des feuilles, les bourgeons seront petits, mais nombreux; au centre de la rosette de petites feuilles qui constituent la péricline, nous aurons une masse de petits bourgeons, sans qu'aucun de ces bourgeons élémentaires appartienne en propre à l'aisselle d'une feuille de péricline, et que le nombre de celles-ci influe directement sur le nombre de ceux-là. Les bourgeons eux-mêmes sont concrescents à leur base aussi bien que les feuilles.

Tous les faisceaux d’un fleuron, à la base même de ce membre, s'unissent par des anastomoses transverses. Du cercle ainsi formé partent des racines qui s’anastomosent entre elles et forment un réseau gemmifère. Ces branches pénètrent dans la moelle, y rencontrent le réseau foliifère et s'unissent à lui. Ces deux réseaux se confondent, et c’est l'ensemble gemmo-foliaire qui vient s’insérer sur les faisceaux Caulinaires. Il n’y a plus aucune individualisation des gemmaires entre eux ni à l'égard des foliaires.

Eléments foliaires et gemmaires nombreux, concrescents en un membre d'ordre supérieur qui s'insère sur la face terminale d’une tige : voilà la calathide.

Le fleuron est l'équivalent d'un bourgeon élémentaire. La portion caulinaire de ce bourgeon, réduite souvent à un plan géométrique, s'épuise immédiatement à donner des verticilles floraux, avec ou sans paillette. |

L’anatomie montre donc que la calathide est un membre unique mais complexe : une fleur composée.

JONCTION DES FAISCEAUX GEMMAIRES ET CAULINAIRES.

Lorsque le cylindre central est large et les tissus charnus, les faisceaux gemmaires peuvent trouver assez de place

pour S’intercaler aux faisceaux foliaires ét éaülinaires. Après ävoir transformé leur orientation gériaire tangente à la tige en orientatiôn caulinaire, c'est-à-dire râdicale, par un nmouvéient de Spirale tel que lé plan de symétrié dans la nouvelle situation fasse un angle dièdre de 90° avec le plan dé symétrie primitif, ils chéminent quelque temps dans le cylindre au niveau même du cerele normal, et s’insérent latéralement (divers Hiéracium, étc.).

Le plus souvent (Artemisia,; etc. ), au moment où le faisceau foliaire axillant du bourgeon pénètre dans le cylindre central, l’endoderme se bombe extérieurement de manière à constituer un diverticulum comblé imparfaitement par le foliaire. Les faisceaux caulinaires voisins, restant parallèles à l’endoderme, décrivent un mouvement de spirale de façon qu'une de leurs faces radiales se tourne en dehors. Les faisceaux gemmaires diminuent d'autant leur torsion et ne deviennent jamais radiaux, en sorte que l’ angle déterminé par les. deux positions extrêmes de leur plan de symétrie est inférieur à 90°.

Dans les pédoncules où une grande quantité dé faisceaux déscendént simultanément des bourgeons, l'insertion est moins régulière. Les faisceaux qui descendent, soit des bourgéons, soit des réseaux formés par la fusion dés gemmaires et foliaires de la calathide, sé trouvent dans IE eylindre central avant d'avoir eu le tenips de inodifiér leur orientation. L’absencé de toute différenciätion régulatrice de l’'endoderme complète la confusion. Dans les pédoncules de Cinara, etc.; les gemmaires exagèrent l'orientation du bourgeon, et l'angle formé par leur situation au point de jonetioh avec la situation initiale est supérieur à 90°. L'uhion se fait d’abord par les libers ; et dans une certaine

étendue l'aspect rappelle les faisceaux bicollatéraux à liber moyen.

Ces faisceaux, qui descendent en masse des fleurs, ont d’ailleurs un trajet beaucoup moins fixe que les faisceaux des bourgeons ordinaires: ils cheminent parfois longtemps dans l'écorce ou dans la moelle. On voit de ces petits fais: céaux isolés dans la région externe des pédoncuüles de Cnicus Où il n'y à plus d’endoderme distinct. Ils descendent des fleurs et ne peuvent pénétrer aussitôt jusqu’au ééréle nor- Mal. Ces faisceaux tendent à s’anniéxer comme pièces de raccord tout ce qui les sépare des faisceaux dé la tige. Aussi, lorsque l’äbouchement në peut être itimédiat, leur course s'effectue à travers les tissus doués de la plus haute activité. Voilà pourquoi ils Cheminent surtout longtemps dans le péricyclé, région qui, de sa nature, ést des plus äptes à Se différencier en faisceaux. Däns un certain nombre de Radiées : Centaurea Scabiosa, C. ruthenica, ils y cheminent un certain temps avec leur orientation gemmaäire et semblent constituer des appendices des faisceaux au stéréome desquels ils s’accolent, et auxquels ils raccordent plus bas leurs éléments conducteurs.

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