CHAPITRE VII
insesrfion des racines.
Les racines naissent au sein des tissus de la tige. Il en résulte que c’est ici le support qui influe le plus sur la disposition des appendices, tandis que le rapport inverse existait pour l'insertion des tiges latérales et des feuilles. La formation des racines exige donc déjà une structure spéciale de la portion de tige qui leur donne naissance. De plus, lorsqu'elles sont formées, le raccordement de leurs systèmes avec ceux de la tige introduit des modifications secondaires dans les propriétés anatomiques de celle-ci.
CONDITIONS ANATOMIQUES DE LA TIGE NÉCESSAIRES À LA NAISSANCE DES RACINES.
Pour ne pas compliquer la description, nous laisserons d’abord de côté la racine principale née par transformation de la radicule. Le mot racine signifiera donc dans ce qui suit racine latérale.
Toute racine normale se forme sur la tige ou sur une autre racine, aux dépens du péricycle. Ce fait est constant chez les Composées. Tout péricyele n’est pas apte à former
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des racines. Pour qu’il soit rhizogène, il faut qu’il conserve ses éléments jeunes sans les organiser en vue d’une autre fonction. Il y a par suite des tiges ou portions de tiges à racines, des tiges ou portions de tiges arhizes. Dans les premières, le péricycle possède la même structure que dans la racine, il appartient à la variété rhizogène.
Nous avons vu que le péricycle a de la tendance à former du tissu à membranes épaisses ou des laticifères. La tendance sciérogène est favorisée par certaines conditions de milieux (sécheresse de l’athmosphère, etc.). De là résulte que la propriété rhizogène se conserve surtout dans les tiges souterraines, dans les tiges rampantes, où l’appareil de soutien se développe peu, dans les tiges aquatiques. La nature sclérogène du péricycle éteint donc en lui la qualité rhizogène (1). La propriété galactogène est une conséquence de cette perte de l’activité rhizogène. En sorte que : lorsque, sur une coupe, nous verrons un tissu scléreux ou un tissu sécréteur formé aux dépens du péricycle, nous pourrons affirmer que les portions ainsi différenciées sont incapables de fournir des racines, la sclérose empêchant la rhizogénie, la transformation sécrétrice annonçant que la rhizogénie n'existe plus. À un même niveau d’ailleurs (Piloselle), certaines portions du péricycle peuvent être rhizogènes, tandis que d’autres sont le siége du tissu de soutien ou de sécrétion. Cette inégale répartition détermine sur la coupe le lieu où l'insertion des racines est possible.
Les régions voisines réagissent contre cette tendance envahissante que le péricycle doit à sa nature rhizogène, et lorsque cette assise a en elle la propriété de multiplier ses éléments pour former des racines, l’endoderme devient le
et RE 2 SE D ne EN TR Un (1) P. Vuillemin. Sur les causes anatomiques de l'enracinement des tiges de Ronce, in Bull. Soc. sc. de Nancy, séance du 16 juin 1884.
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siége d’un réseau de plissements capable de juguler ces tissus exubérants, Participant à l’afflux nutritif en rapport avec les éléments jeunes péricycliques, l’'endoderme qui, lui, n’a pas de tendance à proliférer, épaissit ses membranes. Mais les échanges nutritifs étant très actifs à ce niveau, et les courants osmotiques puissants dans la direction radiale, les matériaux s'accumulent d’abord sur les faces radiales, où ils constituent les cadres de plissements qui sont, comme on sait, la disposition la plus efficace pour s'opposer aux empiétements du péricyele. Par le fait même, celui-ci perd son activité, les courants osmotiques se ralentissent et secondairement l’'endoderme épaissit ses membranes dans toute leur étendue. Il est pourtant des points où l’activité du péricycle s’est concentrée, et où la multiplication des cellules rhizogènes ayant de l’avance sur la différenciation de l’endoderme a constitué une jeune racine avant que la couche contentive se soit constituée. Ce sont là les seuls points où les racines se développent.
La situation des racines est donc déterminée rigoureusement dans les portions rhirogènes, comme celle de ces portions l’est dans l’ensemble de la tige.
La structure rhizogène du péricycle est la condition nécessaire, mais non suffisante, de la production des racines. Non seulement elle se localise sur certaines tiges, et dans une situation fixe par rapport aux faisceaux conducteurs ; mais de plus une tige peut conserver cette propriété latente et ne la révéler que dans des conditions spéciales (stolons).
La racine terminale ne naît pas; elle résulte de la transformation de la radicule embryonnaire et de son raccordement avec la tige. Ge raccordement répond d’ailleurs essentiellement aux mêmes règles que celui des racines latérales, avec quelques variantes dues à sa situation par rapport aux
systèmes de la tige. Nous étudierons successivement ce phénomène dans ces deux ordres de racines.