II. — LE POIDS DES MONNAIES ROMAINES SOUS LA REPUBLIQUE
Le poids des monnaies romaines a été calculé ; de nombreuses pesées ont été faites avec exactitude ; des ouvrages d'une grande et légitime autorité ont été publiés depuis vingt-cinq ans, comme le catalogue dç M. Cohen (1), VHistoire de la monnaie romaine de M. Mommsen, que nous avons déjà citée et les Recherches sur la monnaie romaine depuis S071 07Hgine jusqu'à là mort d'Auguste par le baron d'Ailly (2). Il y a cependant encore beaucoup d'obscurités sur cette partie de la question.
On a prétendu que Rome eut des monnaies d'argent fondu
(1) Description générale des rnonnaies de la république romaine, communément appelées m^onnaies consulaires, par M. H. Cohen, 1857, 1 vol. in-4°. — Description historique des monnaies frappées sous l'empire romain, communément appelées médailles impériales, par le même, 7 vol. in-4°, 1859-1868.
(2) Deux volumes in-4** (le 2® tome est en 3 parties) publiés de 1864 à 1869. — Il faut ajouter aussi à la liste des ouvrages récents et importajits sur ce sujet : Rœmische Staatsverwaltung von Marquardt, 1876. Les 73 premières pages du second volume contiennent un résumé bien ^t de la question monétaire chez les Romains.
dès le règne de Servius (1) ; Tassertlon paraît très-contestable, quoique de savants numismates pensent que Rome ait peut-être eu pendant la période royale des monnaies dont l'usage a pu se perdre pendant les premiers siècles de la république (2). Les Étrusques et les cités de la grande Grèce avaient des monnaies d'or et d*argent; mais, dans le Latkim, te suivre formait certainement le fonds de la circulation et servait seul d'étalon (3)).
(1) Voir Bureau de la Malle, Économie politique des RomainSj I, 68. Pline et Tîte-Livele nient. «Populus romanus ne argento quidem signato ante Pyrrhum regem devictum usus.» PI. XXXIIÏ, 13. — « Tune (après la guerre dfe Pyrrhus) primum popuïus romanus argento uti cœpit. » T.-L. Épit. 1. XV. — A Pépoque du siège de Veïes : « ÏPatres bene cœptam rem perseveranter tueri ; conf erre ipsi primi, et, quia nondum argentum signatum erat, œs grave plaustris quidam ad aerarium convehentes, speciosam etiam collationem faciebant. » T.-L. IV, 6. « Victis Tarentinis,... tune primum populus romanus argento uti cœpit.» Tite-Live, Epit. XV.
(2) C'est l'opinion soutenue par le duc de Luynes dans la Mevue numùtmaiiqtte française (1859, p. 322) à propos de deux monnaies anciennes dans lesquelles il voit le nummus royal. Le baron d'Ailly qui adopte la même opinion (t. I, .p. 141 et suiv.) a reproduit (JRech. sur la mon, rom, t. I., pi. 2) ces deux monnaies. — Voici les principaux textes que l'on peut donner à l'appui de cette opinion. — Solebant jam unde à Romulo nummis aurei atque argenti signati ultra marinis uti : id quod publicae et privataB rationes commentariorum docent (Festus, verbo Patres.) Mais étaient-ce des monnaies de fabrication romaine? — Auguste distribuait des présents à ses amis : Modo nummos omnis notas veteres regios ac perigrinos (Suet. Aug., ch. 7i5). — Nummum argenteum flatum primum à Servie TuUio dicunt... (Varro, cité par Charisius, Inst grammat Lib. I). Ces derniers textes ont seuls de la valeur. Les deux pièces pèsent, l'une • Il gr. 05, l'autre 10 gr. 45 ; elles se trouvent être à peu près en rapport avec la pièce de trois drachmes euboïques qui circulait alors en Campanie. M. de Witte et presque tous les numismates doutent fort de l'authenticité de l'une et regardent l'autre comme une pièce sicilienne .
(3) ÎV. tiCnormant, t. I, p. 174.
Il est à peu près certain que les Latins se sont servis d'abord pour leurs échanges de lingots bruts d'un poids déterminé qui n'étaient pas une véritable monnaie (1) ; on les désigne sous le nom de œs rude (2). On les nomme œs signatum lorsqu'ils portèrent^ plus tard, une empreinte, un porc, un trident, un caducée, un dauphin, une poule, plus souvent un bœuf ou un mouton : de là le mot pecunîa (3). Des auteurs anciens attribuent à Servius Tullius la fabrication de ces premiers as qui étaient moins des pièces de monnaie que des lingots certifiés (ses signatum) ayant un poids variable (4). Ce sont des lingots de ce genre que, pendant le siège de Veïes, de riches ciloyens apportèrent dans des chariots pour subvenir aux dépenses de l'État (5).
L'an 454 avant l'ère chrétienne, la loi Aternia Tarpeia
(1) Varro, De re rusUcay I, 10. Le baron d'Ailly a donné dans la planche 1 de son premier volume des spécimens de 8 as rude pesant de 707 gr. à 2 gr. 21 ; ce sont des masses de cuivre à peu près informes. On trouve des lingots rectangulaires avec une empreinte et la légende EO- MANOM, pesant de 1790 gr. 15 à 177 gr. A la fin du quatrième volume de Mommsen-Blacas-de Witte sont représentés (sur leurs deux faces) deux lingots pesant Tun 1495 gr., Tautre 1488 et appartenant à l'époque de l'ass signatum.
(2) Mommsen I, 176.
(3) Pecus, a quo pecunia universa, quod in pécore pecunia tum consistebat pastoribus. Varro, de lingua lat, V, 96.
(4) Servius rex primus signavit aes. Antea rudi usos Timaeus tradit. Signatum est nota pecudum. Pline, XXXIII, 43. — Servius rex ovium boumque effigie primus œs signavit. Pline XVIII, 12.
(5) M. le baron d'Ailly croit à l'existence de Vœs grave sous Servius Tullius, ou du moins au commencement de la Képublique. Rech., p. 38. M. Marquardt pense au, contraire. {Rœmische Staatsvenoaltumg^ II, 6, en note) pense que le cens de Servius Tullius a été exprimé d'abord en arpents de terre, et que c'est seulement dans la suite qu'il -a été fixé en argent, que rien ne peut autoriser la croyance à une véritable monnaie dès cette époque. Cependant Denys d'Halicamasse parle (IV, 4) de pièces de monnaie que devait verser chaque citoyen lorsque Servius Tul-
fixait les amendes en bœufs et en moutons (1); la monnaie n'avait donc pas encore une existence légale. Vingt-quatre ans après, la loi Julia Papiria les transformait en sommes d'argent, et déjà auparavant (450-449) les décemvirs dans les douze tables paraissent avoir exprimé en as le paiement de certaines amendes (2). Rome commençait à avoir une véritable monnaie, monnaie toute de cuivre, qui comprenait, d'après le témoignage de Gains, Tas, le dupondius (2 as), lé sextans (1/2 as ou 6 onces) et le quadrans (1/4 d'as ou 3 onces). L'as, qui était l'unité monétaire, pesait une livre et fut désigné sous le nom de œs grave ou œs Hbrale (3).
La livre romaine équivaut à 327 grammes (4). Au prix du cuivre pur, tel qu'il a été fixé par la Commission permanente
lius voulut faire le dénombrement; Tite-Live dit que chaque citoyen paya un sextans pour les funérailles de Menenius Agrippa (II, 33), et un quadrans pour celles de P. Valerius (III, 18). Mais ces historiens, écrivant longtemps après les événements, ne sont pas des autorités suffisantes.
(1) Cicero, de Repub., II, 35, 60.
(2) Propter os fractum aut collisum trecentorum assium pœna erat statuta. (Gains, III, 223.)
(3) Libralis — unde etiam nunc libella dicitur et dupondius — adpendebatur assis. (Pline, xxxiii, 13.) — Ideo autem ses et libra adhibetur, quia olim SBreis tantum nummis utebantur; et erant asses, dupondii, seniisses et quadrantes ; eorumque nimimorum vis et potestas non in numéro erat, sed in pondère nummorum. (Gains, I, 122.)
(4) La livre romaine pesait :
6048 grains, soit 321 grammes 148 d'après Savot et René de Lisle. 6144 — 326 246 de la Nauze.
326 — — — Vasquez Queipo.
326 337 Bureau de la Malle.
327 500 Letronne.
327 430 Bœckh et Mommsen.
Ces difEérences d'estimation expliquent pourquoi nous adoptons 327 'sans fraction de gramme.
-iodes valeurs de douanes au ministère de Tagriculture et du commerce pour l'année 1876, cette livre vaudrait fr. 65 (1). Mais il y a deux observations à faire relativement à cette valeur ; la première, c'est que malgré l'assertion des historiens anciens (2), les monuments numismatiques nous fournissent peu d'as pesant plus de 10 onces (272 gr. 5) (3) ; la seconde, c'est que les as n'étaient pas de cuivre pur, mais de bronze contenant 7 à 8 7o d'étain et 20 à 23 % de plomb (4). La valeur intrinsèque se trouverait ainsi modifiée et l'estimation exacte en serait très-difficile, le laiton étant plus estimé chez les anciens et ayant une moindre valeur aujourd'hui que le cuivre pur.
L'as libral, à cause de son poids, était coulé sous forme de lingot ; il était trop gros pour qu'on pût commodément le frapper au marteau (5). Les premières monnaies de cuivre
(1) Le cuivre est en baisse depiiis plusieurs années. En 186t, il valait communément 2 fr. 45 le kilog. La Commission permanente des valeurs de douanes a fixé pour Tannée 1B76 à 1 fr. 92 le cuivre pur de l'® fusion, à 2 fr. 10 le cuivre battu pour l'importation, à 2 fr. et à 2 fr. 10 pour l'exporfation. En 1877, elle l'a coté avec une baisse de 10 0/0. Nous avons pris, comme valeur moyenne, ^ fr. le kilogramme. Le cuivre, en ÏVance, ne sert qu'à fabriquer une monnaie d'appoint qui représente beaucoup plus que sa valeur réelle. Avec 327 grammeé de bronze, on frapperait aujourd'hui 3 fr. 25 en pièces de 6 et de 10 centimes.
(2) Libram pondo as valebat — Vàrrô, de liri^a laûria^ V, 174, etc.
(3) Mommsen (Voir Mommsen-Blacas-de Witte, t. I, p. 208) pensait mêtne qu'il n'y avait jamais eu d'as de plus de 10 onces. Lia découverte du trésor de Cervetri qui contenait 1575 as lîbraux, 130 semis du même système et 3 as réduits, a modifié cette opinion ; le baron d^Ailly y a trouvé en effet, 269 as dont le poids est entre 31^ et 2'?2 grammes et 59 semis dont le poids est entre 164 et 136 gr. (soit 328 et "2^2 grammes l'as).
(4) Mommsen-BlacaB-de Witte, t. I, p. 204.
(5) Voir Fr. Lenormatit, t. I, p. 274 et Mommseh-Blacas-de- Wilte, 1. 1, p. 197. Les premières monnaies de duivre frappées appartiennent à la période dans laquelle Tas pesait 6 Onces : ce sont des sextans portant comme empreinte Mercufe, la prOue et le mot BOMÀ. Le premier as
'^ui «ieiit porté une empreinte, datent du v* siècle avant rère chrétienne; ce n'est que plus tard, quand le poids de Tas était déjà ,très-réd.uit, qu'on trouve le mot ROMA sur des pièces à Rome.
Le baron d'Ailly a classé la série des pièces de Tses grave par périodes : la période où elles ont pesé de 327 à 207 grammes (ce qui correspond aujourd'hui à une valeur intrinsèque de fr. 65 à fr. 41), et celle où elles ont pesé de 164 à 65 grammes avec une valeur de fr. 31 à fr. 13.
Les Romains nous semblent avoir connu l'usage de la monnaie d'argent dès l'époque des guerres du Samnium (1) et avoir désigné sous le nom de nummus le diobole de Tarente; le butin fait sur l'ennemi dans le pays des Osques et dans la Grande-Grèce, introduisit chez eux des pièces siciliennes, campaniennes ou autres qui pesaient environ 8 grammes, ou la 40® partie de la livre romaine. La didrachme ou double drachme de Capoue qui pesait 7 grammes argent, était une des monnaies de ce genre les plus répandues dans la circulation. Lorsque Capoue se soumit à Rome (338 av. J.-C). elle continua son monnayage^ en ajoutant le mot ROMA sur ses pièces quelque peu réduites en poids (6 gr. 81 pour la didrachmes, 3 gr. 40 ou 3 scrupules pour la drachme). Cette fabrication cessa à l'époque de la destruction de Capoue (211 av. J -C). Environ 300 ans avant J.-C, des villes deLatium, deux au moins, Albe et Signia, frappaient des monnaies d'argent (2).
Il y avait même en circulation des monnaies d'or étran-
frappé que possède le Cabinet des médaiUes appartient à la période des a8 de 2 onces et pèse 56 gr. 26.
(1) Mommsen-Blacas-de Witte, t. I, p. 237. Le baron d^Ailly pense loême que la monnaie d'argent qui avait existé sous les rois, reparut après la prite de Veïes en même temps que Télectrum et l'aureus primitif.
(2) Le baron d'Ailly s'applique a établir que les pièc3s d*argent dont le poids moyen est de 6 gr. 50 et qui sont regardées comme des monnaies italiennes ou latines autérieui'es à Pan 269 av. J.-C, étaient de véritables
gères; Timpôt de 5 7o sur raffranchissement des esclaves se payait en or, « aurum vicesimarium » (1), et formait déjà, vers la fin de la seconde guerre punique, une masse de 4,000 livres pesant. Plus tard, Sylla déposa dans le trésor pendant son triomphe 15,000 livres d'or, et César, à son tour, en tira 15,000 lingots d'or (2), Les pièces d'or grecques, désignées sous le nom de philippes et valant environ 30 fr., ont circulé longtemps en Italie.
L'an 269 avant J.-C, 485 ans après la fondation de Rome, on fabriqua, dans la ville, des monnaies d'argent (3), deniers, ou pièces de dix as, quinaires ou de cinq as^ sesterces ou de deux as et demi : c'est la première émission certaine. L'atelier monétaire fut établi dans le temple de Junon
monnaies romaines, lorsqu'elles portent la tête à double visage sur la face et sur le révers, Jupiter sur un quadrige avec le mot ROMA, et qu'elles constituent le nummus républicain (Rech.y I, 150 et suiv). Il pense pouvoir fixer à l'an de Rome 358 l'émission de ces nummus et aflSrme qu'à la même époque les Romains ont émis aussi des monnaies d'or. (1,182.)
(1) Tite-Live. VII, 16, 7; XXVIÎ, 10, 11, cité par M. Fr. Lenormant t. I, p. 161. Voir aussi Mommsen-Blacas-de-Witte, II, 108.
(2) Pline, XXXIII, 17.
(3) « Argentum signatum est anno urbis CCCCLXXXV, Q. Ogulnio. C. Fabio consulibus, quinque annis ante primum bellum punicum. Et placuit denarium pro decem libris œris, quinarium pro quinque, sestertium pro dupondio et semisse. j: PL XXXIII, 13. — « Tune primum populus romanus argento uti cœpit. » Tite-Live, ch. XV, à la date de 269. Toutes les monnaies romaines en argent que l'on possède sont frappées ; or, les monnaies de bronze frappées appartiennent à la période dans laquelle les as pesaient 7 onces ; on ne frappe encore à cette époque que de petites pièces (des sextans par exemple). Les premiers as frappés appartiennent à la période où les as pesaient 2 onces. Il semble que ce ne soit qu'un certain temps après avoir frappé des pièces d'argent, lorsque l'as avait subi déjà plusieurs réductions, qu'on a songé à employer le procédé de la frappe au marteau pour les pièces de cuivre dont la dimension n'excédait plus de beaucoup celle des pièces d'argent. Le mode de fabrication tend ainsi à confirmer les textes de Pline, de Varron et de Festus.
Moneta. On peut estimer le poîds de la pièce de dix as ou denier (denarius, decem) à 4 gr. 54, équivalant au poids de 4 scrupules (1). 4 g. 54 à 970 millièmes de fin, chiffre qui peut être pris comme moyenne du titre des pièces d'argent (2), font environ 4 gr. 41*de métal tin ou fr. 98 en monnaie française (3). L'as, considéré comme une simple division du denier, correspondrait seulement en poids à gr. 44 d'argent fin, et en monnaie à fr. 098.
Ici se présente une des difficultés insolubles dans l'estimation de la valeur intrinsèque des monnaies. Le rapport entre le cuivre et l'argent n'était pas dans l'antiquité ce
(1) Le scrupule pèse 1/24 de Tonce ou 1/288 de la livre, c'est-à-dire 1 gr. 135.
(2) Letronne (Considérations gén.y p. 84) donne, d'après les analyses de Darcet, le titre des monnaies d'argent romaines comme variant entre 0,993 et 0,865. M. Mommsen (II, 78) cite des analyses donnant de 0,998 à 0,902.
(3) Varron dit: « Nummum argenteum conflatum primum a Servie TuUio dicunt: is quatuor scrupulis, major fuit quam nunc est. » (Texte conservé par Charisius, I, 68.) Quatre scrupules font 4 gr. 54, poids qui en argent à 970 millièmes de fin, correspond à 0,98 de notre monnaie. Faut-il mettre, comme nous l'avons fait, une virgule après le mot scrupulis et dire que le denier pesait alors quatre scrupules ou n'en pas mettre et penser qu'il y a eu des pièces pesant quatre scrupules de plus que les deniers de la fin de la République ? La question est encore à débattre. Nous pensons que le denier indiqué ainsi par Varron est le même que celui de Tan 269. On possède des pièces d'argent à quadrige pesant 6 gr. 70, 6, 75, et 6 gr. 80 et des pièces de Campanie au type grec pesant 7 fr. Bureau de la Malle, t. I, p. 180, dit qu'il existe des deniers de 7 gr. 64. Toutefois les deniers les plus pesants portant les Dioscures et la légende ROMA ne dépassent pas 4 gr. 63 ; on en cite cependant un de 5 gr. ]J. (Mommsen II, 25.) Voir Bœckh, Recherches météorologiqueSy p. 152 et suiv. ; Belot, Hist des chev, romains, p. 409 et suiv. Parmi les 5 deniers se rapportant par leur empreinte à cette période du commencement de la première guerre punique que M. Mommsen a fait peser, quatre pèsent de 4 fr. 67 à 4 fr. 45.
qu'il'estaujourd'hui: Tardent valait alors 240 fois son poidst de cuivre ; il vaut aujourd'hui environ 100 fois. Aussi^ quoique le poids de l'ias eût été* probablement déjà réduit (1), on ne saurait admettre que la valeur commerciale et monétaire eût diminué dans la proportion diB 6 à 1. Il est beaucoup plus vraisemblable de croire, avec M. Mommsen (2), que lé euivre^ qui formait encore et qui forma j usque vers Tan 200 avant J.-C. le fonds principal deteciremlàtion mo^ nétaire, communiquai* à: l'argenté fort rare alors, une valeur bien supérieure à celle que pourrait faire supposer le chiffre^ de fr. 98 (3).
Si, comme le pensent plusieurs érudits, l'époquede la frappe des premiers deniers romains est en même temps celle de l'as trientaL c'est-à-dire de Tas ne pesant que le tiers de la livre, soit 4 onces ou 109 gr., dix de ces as auraient eu, en mesurant d'après le prix actuel du cuivre, une valeur intrinsèque d'environ 2 fr. D'ailleurs, longtemps après la frappe desi as à poids réduit circulant pour 1/10 de denier, la livre de cuivre, ces grave, resta une monnaie de compte> On la désignait même indifféremment soùs les noms de sesterce et de nummus (4) ; ce qui ne contribue^^ pas peu à
(1) Le baron d'Ailly dit qu'après la bataille de l'Allia (390 av. J.-C.) on frappa des as de 6 onces, qu'à l'époque de la guerre de Pyrrhus on fit des as de 3 onces, et en 269, des as de 2 onces, mais le texte de Feetus, que nous citons plus loin, contredit cette opinion. M. Marquardt, de son côté, pense que le système de l'as libral, c'est-à-dire l'as d'une, livre dura (non peut-être sans quelques altérations) jusqu'en 264 av. J.-C, et il en donne pour preuve le système monétaire des colonies qui furent alors fondées : Venusia en 291, Hadria en 289, Arimihium en268,- Firmum en 264. — Rœmiache Staatsverwaltung, t, II, p. 10.
(2) Mommsen-Blacas-de Witte t. I, p. 66 ; t. II, p. 31.
(3) M. Mommsen (II, 69) en donne plusieurs preuves qui nous paraissent justes ; entre autres, que les trésors qu'on a trouvés et qui parrissent se rapporter à l'époque de la seconde guerre punique, sont en monnaie de cuivre.
(4) Momm3en-Blacas-de-Witte, II, 31.
pwi^Lre obscure la lecture des^extes dairs- lesquds il est quefitiOH dte mosnaie.
' Quoi qu'ili en soît, V^rgeni qui'circulait concurremment avec le cuiTre, devint peu- à peu la monnaie principale et pour ainsi dire l'étalon' des valeurs. La république, pressée par la détresse^ ée ses teances pendant la guerre ou quel(q[ues année» a^^an* la première guerre punique ( I), crut pouvoir faire subir à l'a», dfeveou monnaie divisionnaire, uno série de diminution» par lesqueltesle poids, qui avait été primitivement de douze onces (2), se trouva réduit enfin à deux onces : c'est le système de l'as sextentaire qui est en même temps eelui de l'as frappé et qui succède au système de l'iBôs- grava ou afr fondu. « La république, dit Pline, gagna 83 Vo e^t les débiteurs se trouvèrent affranchis (3). » J'incline
(1) M. Mommsen (t. II, p. 11 et 17) ne croit pasà cette détresse entre la guerre contre Pyrrhus et la première guerre punique. Scripula cclxxxviii ... as âjQtiquu& noster pendebat ante bellum punicum. (Varro, de R, R„ 1, 10, 2i) Sextentari asses in ùsu ease cœperunt ex eo tempore, quo propter bellum punicum secundum quodcum Hannibale gestum est (il faut lire primum. et sjipprim&r quod... qui est une interpolation ou une erreur de l'auteur), decrevere. patres ut ex assibua qui tum erant librari, fièrent sextentari, per quos, quum solvi cœptum esset et populus œre aliène liberare.tur et privati, quibus debitum publiée solvi oportebat, non magno detrimento afficerentur, (Festus, 347.) Sed bello punico populus Romanus pressus œre alieno ex singulis assibus librariis senos f ecit, qui tantumdem ut illi valerent. (Festi epit., 98.)
(2) lie Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale possède un grajKl nombre d'as de ces difEérentes séries. Le plus lourd (tête de Janus. et proue de navire), est un as coulé du. poids de 290 grammes, c'est-àr dire de U onces faible. Il y en a de 10 onces, de 9 1/2, de 9, de 8, etc. Les as de deux onces sont un peu plus gros que les anciennes pièces de deux sous d^ Louis XVI.. Depuis Tépoque où les as ont pesé moins d'un0 once et dçmie, ils ont tous été frappés. Les plus légers du Cabinet des médailles pèsent 11 gr. 37, c'est-àrdire moins d'une demi-once. L'as libral romain, le plus lourd de la collection Blacas (représenté dans I9 • 4* vol. de Monuu9ea-Blacas-de Witte), pèse 289 gr. 97.
(3) Librale autem pondus œris imminutum bello punico primo, quum
à croire que le changement me se fit pas d'un coup» et que la révolution économique ne fut pas aussi brusque et aussi violente que Pline le pense. M. Mommsen croit que du système libral, qui, suivant lui, correspond à Tas de dix onces, la monnaie passa tout-à-coup, 485 ans avant J.-C , au système triental, et que les autres diminutions seules furent successives (1). iiais, selon d'autres érudits, les monuments autorisent à intercaler des as de poids différents entre le système libral et le système triental ; cette dernière opinion nous paraît plus vraisemblable.
Le denier perdit quelque peu de son poids dans le même temps. A la fin de la guerre, dit-on, Tan de Rome 513 (241 ans avant J.-C), on *tailla 84 deniers à la livre (2) au lieu de 72 ; le poids se trouva ainsi réduit à 3 gr. 89, lesquels, à 970 millièmes de fin, équivalent à 3 gr. 77 environ de métal fin ou à fr. 837.
La diminution se fit-elle tout d'un coup ou peu à peu ? 11 est permis de croire que les Romains avaient fixé le poids de leur denier à 1 /72 de la livre pour créer une monnaie à
impensis respublica non suffîceret, constitutumqûe est ut asses sextentario pondère ferirentur. Ita quinque partes lucri factœ dissolutumque aes alienum. PI. XXXIII, 13. Passage qui fait suite au passage cité plus haut : Argmtum semisse,
(1) Mommsen, II, 2. L'auteur pense que Tas triental dura jusqu'à Pan 264 av. J.-C, t. II, p. 14.
(2) Pline XXXIII, 46. Miscuit denario triumvir Antonius ferrum... cum sit justum LXXXIIII e libris signari. Voir aussi Celse, De re medica, V, 17, et Scribonius Largus, ad Callistam. L'abaissement de poids du denier n'a-t-il pas eu lieu par une série de diminutions successives? C'est ce que semblerait indiquer le poids des pièces du Cabinet des médailles ; on en trouve de 6 gr. 80, de 6 gr. 75, de 6 gr. 70 (déjà cités plus haut avec les pièces campaniennes de 7 gr. 60), de 6 gr. 40, de 4 gr. 70, de 4 gr. 40, de 4 gr. 05, de 3 gr. 88, de 3 gr. 72, de 3 gr. 50. Mais toutes ces pièces ne sont pas des deniers. Le baron d'Ailly pense que ce changement légal a dû probablement avoir lieu en 217, mais que dans la pratique l'altération s'était déjà faite peu à peu (t. II, p. 117).
peu près semblable à la drachme attique qui pesait 4 gr. 37 et qui, ayant cours en Sicile et dans la Grande-Grèce, leur était familière. Ils s'en rapprochaient peut-être davantage avec un denier de 3 gr. 89 correspondant aux drachmes de poids faible qui étaient alors dans le commerce (1).
L'as^ considéré comme division du denier, correspondrait donc alors à fr. 08 environ, estimation évidemment trop faible, comme Tétait celle de Tan 269 (2). Le rapport du cuivre à l'argent dans la monnaie romaine fut alors comme 140 est à 1.
Les dépenses considérables que les campagnes en Sicile et en Afrique et l'entretien d'une flotte avaient nécessitées pendant la première guerre punique, étaient sans doute la principale cause de ces altérations.
La seconde guerre punique contraignit la république à user des mêmes expédients. Pendant qu'on doublait l'impôt ' et que la loi Oppia défendait aux femmes de porter dans leur parure plus d'une demi-once d'or, Tas, sous la dictature de Fabius et après la bataille de Trasimène, était réduit à une once par la loi Flaminia (217 ans avantJ.-C), et il en fallut désormais seize pour faire un denier (3). Ce changement qui n'atteignait que la • monnaie divisionnaire établit entre l'argent et le cuivre le rapport de 1 à 112 (4). La loi Piautia-Papiria (89 av. J.-C.) ayant ensuite réduit l'as à une demi-once, le rapport fut de 1 à 56 (5). Depuis que l'as ne
(1) Erat autem nota denarii unius pro grœca drachma; seque enim in libra denarii octoginta quatuor apud nos, quot drachmes apud Grœcos incurrunt. Scribonius Largue. Prœf,
(2) La valeur intrinsèque de Pas de 2 onces ou de 64 gr. 50 serait de fr. 10 environ.
(3) Postea, Hannibale urgente, G. Fabio Masimo dictatore asses unciales facti. Pline XXXIII, 13.
(4) La valeur intrinsèque du cuivre contenu dans Tas d^une once est d'environ 0,05.
(5) Mox, lege Papiria, semi unciales asses facti. Pline XXXIII, 13,
ri?présçiitait plus que le m^ihm 4^ d^mer, Uia* était plus en quelque sprte qu'i^ne Hionn?4e d'appoipt, qui Ô9i]t être estimée d'après Targent à 1/1^ Çlu denier ou ^ fr» 0^. Cependant l^, circulation de^ a3 n'était ps^s limitée par la loi comme l'est aujourd'hui çqlle des vérit^l?les jj^QunH^ d'argent.
Pour la solde des troupes, on continua à compter l'ftS comme représent?ipt 1/10 du ^oniçt^.
Les seconds triumvirs réduisirent à 1/4 d'OUC^ 1« pai4ft de l'as dont ils frappèrent des subdivisions, semi3 (1/2 a»s), et sextans (1/6 d'as), et des multif^les, dupondiua iZ ^9), treçsis (Sas), sesterce (4 as). Cq fut le coiumenceipeut ^^sesterces de bronze. Ces derniers, émis peut-être bors de Rpmç d'abord, devinrent la monnaie de compte, Qrdiuaire et CQo^ervèrent ce rôle pendant les premiers siècles de Vewpire (1).
Une monnaie d'argent, d'origine probablement illyrienne (2), avait circulé enlgrande^quantité sur Iç territoire de la République romaine^en même temps que les premiers deniers, depuis l'an 269 et principalement depuis l'établissement des Romains à Corcyre, eu 228 (3), jusqu'à l'an 104
L^ vfileur i^^ABèc^ue de Va^ devenant Q,034, Tas cesse complètement d V voir la yaleur <^u'il représente, du ^oiçs d'après le rapport des, iexu^ métaux, tel qu'il e^t de nos jours dans le commerce, et tel qu'il ^tait très-probablement un siècle avant l'ère chrétienne. Le cuivre est désormais dans la république romaine, comme dans notre système français, une simple monnaie de confiance.
(1) On avait frappé auparavant des sesterces d'argent : 1® en 269, 2« en 89, 3*> sous César.
(2) Quelques-uns disent d'origine campanienne. Tulit in eo Iriu^ipho denarium trecenta septem millîa et victoriatum octoginta quinque millia septingentos duos. T. Live, XLI, 13. — Is qui nunc viçtoriatus a]^pellatur lege Clodia percussus est. Antea enim hic nuipnius. ex Illyrico advectus mercis loco habebatur. Pline, XXXIII, 46.
(3) C*«8t à cette date que le baron d'Ailly rapporte la première émission du victoriat.3
av. J.-C. ; sans avoir cours légal, elle avait servi surtout aa commerce des peuples riverains de la Méditerranée : t'é^ tait le victoriat (victoriatus], ainsi nommé parce qu'au revers de la pièce il y a une Victoire couronnantun trophée (1). Il valait les trois quarts du denier et correspondait par conséquent à 7 as 1/2, lorsque Tâs était le 10* du denier, et à \2 lorsqu'il n'en étsât plus que le 16^ Il pesait, dans le principe. 3 scrupules, c'est-à-dire 3 gr. 40, soit à 970 millièmes de fin 3 gr. 30 d'argent fin ou iBr. 73. Il y atâit le victoriat, lé double victoriat et le demi-victoriat ; quoique sorties d'ateliers étrangers, ces pièces portaient, comme la drachme de Oapoue, le mot ROMA. Lorsque le poids du denier fut réduit, le victoriat suivit la même loi et ne pesa plus que 2 gr. 92, soit de 2 gr. 83 de fin ou fr. 63. La loi Clodia (104 ans Hv. J.-G,) démonétisa le victoriat, tout en laissant subsister le nom ; Mais il fut donné au quinaire, lequel pesait 1 gr. 95 (2) et valant 8 as : on en reprit alors la fabrication qui avait été interrcympue à l'époque de la seconde guerre punique.
A la suite dé la loi Plautîa-Papirla et des troubles de la guerre sociale, pendant laquelle les cités italiennes avaient revendiqué le droit de battre monnaie, la confusion s'introduisit quelque temps dans le système monétaire. Sylla rétablit l'ordre en abrogeant (82 avant J.C.) la loi Valéria qui avait, en l'an 86, assimilé l'as de compte à l'as monnayé et autorisé ainsi les débiteurs à se libérer avec une valeur inféférieure à la valeur stipulée dans les contrats.
Malgté le^s difficultés financièred de l'État, le commerce s*ét^d»it, la richesse croissait et les métaux précieux devenaient moins rares à Rome. En l'an 217 avant J.-C, it pàfaît que des généraux ont ff âppé, hors de Rome, les premières monnaies d'or romaines. Sylla et Pompée en
(1) Est autem signatus Victoria et inde nomea. Pline; XX^II, 13. (2y. Denarios binoe et vîctoriatum (Cic. pro Fonteio, 9, 19), c*e»t-à-dire deiBi: deniers et demi.
ont certainement émis (1); mais ces pièces ont eu peu d'effet sur la circulation. Le rapport avec l'argent était de 1 à 17.14.
Sous César, nouvelle réforme. Des pièces d'or pesant 1/40 de la livre et valant 25 deniers ou 100 sesterces (poids brut, 8 gr. 175, poids de métal fin (8 gr. 09 ou 27 fr. 03), sont frappées sous le nom d'aureus (2), et le rapport de Tor avec l'argent est de 1 à 1L91. L'or devenait abondant ; il demeura sous l'Empire la monnaie principale.
Jusqu'au temps de César, les monnaies d'or avaient toutes été frappées hors de Rome par les généraux auxquels le Trésor envoyait des lingots d'un poids déterminé (3). M. Fr.
(1) Aureus mummuB post annos LI percnssus est quam argentens. PI. XXXIII, 3. C'étaient des scrupules ou pièces de 20 sesterces ; il y en avait aussi de 40 et de 60 sesterces. On en trouve pesant de 3 gr. 42 à 1 gr. 13 pour la seconde guerre punique, de 10 gr. 85 à 8 gr. 89 sous Sylla et sous Pompée. La valeur des pièces de Pompée est d'environ 30 f r., à peu près la même valeur que celle des philippes. Le baron d'Ailly (1. 182) pense que les émissions de monnaie d'or datent de plus loin, que la première a eu lieu en Tan de Rome 358, à l'époque où il place la frappe du nummus républicain, la seconde en l'an 485, à l'époque de la création du denier, la troisième sous la dictature de Sylla. Dans les premières époques, l'or étant rare, on frappa, suivant le baron d'Ailly, des monnaies en électrum, c'est-à-dire en alliage d'or et d'argent, pesant de 3 gr. 10 à 2 gr. 58. Cependant, les généraux de la République frappèrent dans les premiers temps très-peu de monnaies d'or; on se servit surtout, pendant cette période, comme nous l'avons dit plus haut, de philippes, monnaie macédonienne. (Letronne, Cqns, gén, mr les morm, grecq. et rom, p. 72.)
(2) Pline (XXXIII, 13) dit qu'on en taillait 40 à la livre et qu'à la suite de plusieurs altérations, on en tailla 45. Le poids était par conséquent de 8 gr. 17 et tomba à 7,26. Le poids des aureus de César que l'on possède varie entre 8 gr. 16 et 8 gr. 20. On trouve aussi, mais très-rarement, le demi-aureus de César.
(3) Voir Mommsen, t. II, p. 63 et 117. M. Fr. Lenormant, t. II, p. 316, ^Qt I, p. 181. Les seules monnaies d'or authentiques, frappées par des
Lenormant a fait une étude approfondie de ces monnaies que les commandants d'armée et les gouverneurs de province faisaient fabriquer pour les besoins du service et qu'ils marquaient de leur empreinte ; le droit de monnayage était un des privilèges de l'imperium. Les villes libres et les princes ayant le titre d'alliés de la République en jouissaient ; mais Rome ne leur permettait pas de frapper des pièces d'or et, même en Sicile, elle n'autorisa que la fabrication des pièces de cuivre (1). Sa monnaie seule avait cours légal partout.
En l'an 91, avant l'ère chrétienne, là conséquence de la loi Plautia-Papiria, qui donnait le droit decitéauxitaliens, fut la fermeture de tous les ateliers monétaires indépendants ; il n'y eut plus dès lors, en Italie,, que la monnaie romaine.
Mais la monnaie proconsulaire et provinciale subsista. Elle constitue un fonds très-important de la numismatique romaine, elle joua un rôle considérable dans la circulation sous la République et même dans les provinces sénatoriales sous l'Empire. C'est précisément parce que le privilège de frapper des monnaies à une effigie particulière était un des attributs de l'imperium, que César, le premier^ fit frapper à son effigie non-seulement les pièces d'or, mais les pièces d'argent de la monnaie urbaine, c'est-à-dire de la monnaie fabriquée à Rome (2). Le Sénat confirma ce droit (3) en autorisant César, par le sénatus-consulte de l'an 710, à mettre ison image sur la face des pièces. Les seconds triumvirs et, mrhs eux, les empereurs, généralisèrent ce droit.
quvé&éraux avant César, sont celles de Sylla, en 87 av. J.-C, et celles de u odVompée, en 81 av. J.-C.
3éB8i§ (1) Voir Fr. Lenormant, t. II, p. 120 et 135. Mommsen, t II, p 65 jg Ijism suiv. ; t III, p. 177 et suiv
• l (2) Voir Fr. Fr. Lenonnant, t. I, p. 316 et suiv..
U, n '(^) l^oï^ Cassius, XLI V, 4, et Fr. Lenormant, t. I, p. 330.