SUR L'HÉMORRHAGIE INTESTINALE
Des trois symptômes initiaux et constants de linvagination intestinale, seule l’hémorrhagie attire vraiment l'attention.
Qu'un nourrisson, tout d’un coup, se mette à crier, qu’il ait des coliques, qu’il présente des vomissements même bilieux, on n’y prendra pas garde : ce sont accidents trop fréquents chez lui pour que la mère s’en effraye; il n’en sera pas de même s’il s'est produit une selle sanglante. Elle consultera tout de suite, à cause de l'apparition de ce phénomène ; souvent même, elle ne parlera pas des autres symptômes; il faudra l’interroger pour connaître l’histoire de la maladie. Et si cette histoire est nette, le diagnostic sera fait, même si l’on ne découvre pas de tumeur en boudin, ni par la palpation de l’abdomen, ni par le toucher rectal. Car chez le nourrisson, une hémorrhagie intestinale-est un signe pathognomonique d’invagination, quand
En
elle survient au cours d’une maladie apyrexique ayant débuté subitement quelques heures ou quelques jours auparavant, et s'étant caractérisée par des douleurs abdominales et par des vomissements.
Les causes de l’hémorrhagie intestinale chez le nourrisson, en eflet, sont relativement peu nombreuses.
Le mélæna des nouveau-nés se distingue si facilement de l’hémorrhagie de l’invagination que le diagnostic différentiel n’est pas à faire.
Le mélæna survient parfois quelques heures après la naissance, généralement pendant les deux ou trois premiers jours de la vie, rarement plus tard. Il se caractérise le plus souvent par une hémorrhagie copieuse se traduisant immédiatement par des symptômes généraux :
päleur du visage, abattement, abaissement de la température, petitesse du pouls... Les vomissements n'existent pas; ou, s'ils se produisent, ils sont composés de sang pur : il s’agit d’une véritable hématémèse.
Îlne pourrait y avoir confusion que dans des cas extrêmement rares où les lésions de l’invagination ont débuté pendant la vie fœtale. Piqué a constaté, chez un fœtus à terme mort-né, cinq invaginations probablement anciennes.
Markwick a vu les accidents éclater à l'heure même de la naissance. Chiari a observé chez
un nouveau-né l’atrésie de l'iléon consécutive à une invagination fœtale. Ce sont là les seuls faits de ce genre que nous ayons pu trouver.
L’invagination se montre d’ une façon exceptionnelle dans les # premiers mois de la vise ; elle est surtout fréquente du 4e au 7e mois.
Cette seule notion permet le diagnostic.
Les hémorrhagies traumaliques (1) sont assez rares chez les nourrissons. Rarement des enfants n'ayant pas encore un an avalent des objets qui. peuvent ulcérer la muqueuse inteslinale. En tout cas, les commémoratifs passent rarement inaperçus, et l’histoire de la maladie est différente.
Les ascarides peuvent provoquer des accident beaucoup plus voisins de ceux qui caractérisent l’invagination intestinale ; ils peuvent occasionner des douleurs subites, vives, pongitives, avec tuméfaction abdominale, des désordres de l'appétit avec nausées et vomissements, de la diarrhée avec selles glaireuses et même sanguinolentes. Mais si les ascarides peuvent exister chez le nourrisson, ils sont surtout fréquent chez l'enfant de 2 à 3 ans ; d’autre part, ils donnent rarement lieu à la réunion de tous les symptômes précédents. Enfin, les hémorrhagies causées par eux sont toujours minimes :
(1) Costantinesco. — Des hémorrhagies inteslinales chez l'enfant. Th., Paris, 1897,