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donne quelques gouttes d’éther par l’anesthésie ; on introduit une sonde aussi loin que possible dans l'intestin, et on injecte de l’eau salée à 38° ; la hauteur du bock est à 80 centimètres. Après distension du rectum, on laisse échapper le liquide, puis on recommence en élevant le bock à 1 mètre. La tumeur a disparu.
Le succès obtenu s'explique par la date récente des accidents (deux jours), la mobilité du boudin senti par le toucher. Pour prévenir le retour de l’invagination, on donna de l’opium et l'allaitement au sein fut repris.
Observation XXIII.
HEATON (1).
J. L., fillette de 7 ans, fut admise à l'hôpital des enfants le 10 juin 1897 pour une invagination aiguë. L’enfant était tombée subitement malade, avec douleurs abdominales, collapsus et vomissements, 30 heures avant son admission. Elle avait eu plusieurs selles sanglantes et de petites quantités de sang pur avaient été évacuées par l'anus. Les vomissements avaient continué jusqu’à son admission.
Au moment de son admission, l’enfant était en quelque sorte en collapsus; les yeux étaient enfoncés, le pouls
(1) George Heaton, M. A., M. B. Oxon. — The pronostic and Treatement of acute intussusception. British medical journal, 29 avril 1899, p. 957. ;
était à 100, la température à 97°. Farenheirt. On ne put sentir aucune tumeur à travers les parois abdominales. Au toucher rectal, on sentit une tumeur dans le cul-desac de Douglas. Le doigt revint couvert d’un mucus sanguinolent.
Le diagnostic d’invagination aiguë étant porté, on fit la laparotomie deux heures après l'admission.
Après une laparotomie médiane, on découvrit dans le pelvis une invagination portant sur la dernière partie du petit intestin qui s’était invaginé dans le côlon ascendant, transverse et descendant. Après réduction, les parois du petit intestin et du cæcum furent trouvées infiltrées, avec extravasations sanguines,
Après l’opération, les vomissements cessèrent entièrement. Il y eut plusieurs selles, et une grande quantité de sang fut évacuée. L'enfant sembla aller très bien pendant deux jours, puis le pouls redevint rapide (entre 130 et 149). Le soir du troisième jour, l'enfant tomba en collapsus et mourut.
Observation XXI V.
John BarLow (1).
Fillette de cinq mois, admise à l’infirmerie royale de Glasgow, le 13 septembre 1896, à 3 h. 30, pour douleurs
(1) John Barlow. — Two cases of inlussusception in infant, The Lancet, 4 fév. 1899, p. 291.
abdominales et nausées. La fillette avait toujours été bien portante, lorsque la veille de son admission, elle présenta des coliques intestinales. Dix-huit heures avant son admission, elle commença à crier et à remuer les jambes : aucune évacuation par le rectum. Huit heures avant son admission, elle eut des vomissements fréquents qui ne se renouvelèrent pas dans la suite.
Deux heures plus tard, elle eut une légère évacuation rectale sanguinolente. Ce phénomène se répétant, la mère alla consulter le Dr Patrick qui ordonna le transfert de la malade à l’infirmerie de Glasgow. Quand je vis l’enfant, je lui trouvai les pupilles contractées (phénomène sans doute en rapport avec un paquet dé « poudre » administrée par la mère la veille), des douleurs abdominales et du sang autour de l’anus. À la palpation de l'abdomen, je constatai qu'il n'existait pas de tension abdominale ; et je pus déterminer facilement l'existence d’une tumeur, siégeant du côté droit et pointant vers l'ombilic. Cette tumeur était légèrement mobilisable dans tous les sens; elle était douloureuse à la pression. Je recommençai l'examen sous chloroforme, et j'essayai de réduire l’invagination par une insufflation de gaz hydrogène, jointe au massage. La tumeur diminua mais ne se réduisit pas entièrement. Dès lors je me décidai à faire une laparotomie médiane.
L’invagination portait sur la région iléo-colique. La réduction fut opérée par une douce traction sur l’iléon jointe à la compression de la masse dans le côlon, tout près de l’iléon ; il s'était produit quelques adhérences de la gaine avec la portion séreuse de l'intestin invaginé ; elles furent doucement rompues.