‹ De la valeur du mélæna comme signe de l'invagination aigue chez le nourrissonChapitre 7 sur 29 · STE · texte numérisé non relu

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Nous avons déjà vu que Trèves estimait la fréquence du mélæna à 80 0/0 des.cas d’invagination. Rilliet pense qu’il ne manque presque Jamais dans l’invagination du gros intestin. Jalaguier, dans son article du Traité des maladies de l'enfance, dit qu’il ne manque presque jamais. Le D:' George Heaton (1), dans une étude basée sur 104 cas, a rencontré le mélæna dans 85 à 90 0/0 des observations.

Nous croyons également que Le mélæna est exlrémement fréquent. Sur 46 observations que nous avons réunies, le mélæna n’est pas signalé dans trois cas (observations XVI, XIX et XLIT).

Et encore, dans l'observation XVI, la malade qui n'avait pas eu de mélæna pendant une première invagination, présenta une selle sanglante, presque pure, accompagnée de vomissements, lors d’un début de récidive, 3 mois après le premier accident.

Le malade XIX eut plusieurs petites entérorrhagies, mais après l'opération de la désinvaginalion : ce symptôme ne contribua donc en rien au diagnostic.

Le sang dans la grande majorité des cas, apparait dans les selles le premier jour. Quelquefois même, l'hémorrhagie intestinale est le pre-

(1) Heaton. — British med. Journal, 20 déc. 1900, p. 1789. Birmingham and medland Countries branch of the Brilish medic, assoc., 8 nov. 1900.

mier symptôme de l’intussusception (11 cas sur 46).

Dans l'observation de O.Day(obs.IV), l'enfant émet subitement une grande quantité de sang.

Dans ce cas, aucun phénomène prodromique n’estnoté; mais dans la plupart des observations de ce genre, on constate que, déjà la veille, l'enfant était mal en train (obs. VT),ou bien que

l’entérorrhagie s’est montrée après une période O

de constipation assez longue (6 jours dans l’observation XIII, 8 jours dans l’observation XIV), après des troubles gastro-intestinaux, très divers, du reste, en leur nature (obs. XLV et XLVI). Dans un cas (obs. XLV), le mélæna resta pendant 15 jours le seul symptôme qui pût faire penser à une invagination.

On diagrostiqua, du reste, pendant toute celte période une dysenterie, bien quele malade n’eût ni fièvre, ni diarrhée.

Mais ces faits sont très rares. Dans les autres observations, la douleur et les vomissements se sont montrés dans les heures qui ont suivi l’émission de la première selle liquide. La triade symptomatique, douleur, vomissement, mélæna, s'établit toujours en très peu de temps. Dans l'observation XI, vers 6 heures du matin, l'enfant se met à crier ; il refuse le sein et parait souffrir du ventre assez violemment. La mèrele démaillotte, el aussitôt est expulsée par l'anus

une assez grande quantité de glaires et de sang ; une heure après apparaissent les vomissements. Le mélæna et les vomissements se sont manifestés simultanément dans les cas XXV, XXVL XXX, XXXI.

Dans la généralité des cas, les selles sanglantes ont été notées dans les heures qui ont suivi le début des accidents (18 cas sur 46). Elles se montrèrent presque en même temps que la crise douloureuse initiale dans les cas II et IX, trois heures après cette crise dans l’observation XX VIIT (il est juste d’ajouter qu'ici la mère avait donné de l'huile de ricin à son en- . fant immédiatement après le paroxysme douloureux), quelques heures après la douleur (observations III et XV), douze heures après (observations XII et XLITT).

En même temps que le mélæna, peuvent apparaitre les vomissements (observations XVIII, XXXIV, XXXV, XXXIX). Chez le malade XXX VIII, le mélæna se produisit une heure après la douleur, quatre heures avant les vomissements. Plus souvent douleur et vomissements sont antérieurs au imélæna (observations I, XXII, XXIX). Dans l'observation XXIV, l’entérorrhagie s’est produite dix heures après la douleur, deux après les vomissements. Dans l'observation XXXII, il n’y avait pas eu d’hémorrhagie spontanée, alors que des vomisse-

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