‹ De la valeur thérapeutique des courants continusChapitre 6 sur 24 · J.TO · texte numérisé non relu

J.TO

j.ig. 5. Excitation galvanique du grand eympathiijuu, Pola positif 8 «a péi'luneria (Cbactsai") ,

Nous croyons maintenant que le rôle si important qu'on a fait jouer à la direction du courant ne saurait plus être soutenu. Ce n'est point, du reste, une opinion purement, personnelle que celle que nous émettons ici ; elle s'appuie sur des expériences dont la signature à elle seule révèle toute la valeur ; elle repose sur l'opinion de physiologistes allemands dont le nom est universellement estimé; elle se fonde enfin sur l'aveu même de cliniciens éminents qui, après avoir cru à l'importance de la direction des courants, confessent aujourd'hui que lors même qu'au point de vue physiologique ces vues seraient confirmées, elles seraient loin de pouvoir s'appliquer à la pratique (Reynolds (l),Hitzig,Benedikt). «...Je n'étais pas long à constater que toutes ces vues scientifiques n avaient qu un malheur, celui de n'être pas vraies, et je me persuadais que les réactions du corps humain dans l'état pathologique sont beaucoup plus compliquées que les préparations physiologiques... Depuis ce temps, je me suis convaincu de jour en jour que toutes les susdites données sur l'efficacité thérapeutique des différentes directions des courants ne sont autre chose que des présomptions théoriques . » (Benedikt, Communication particulière du 5 avril 1878.)

Ceci ne veut pas dire toutefois qu'il faille appliquer au hasard les pôles de la pile sur la partie à électriser ; nous nous sommes assez appesanti sur les différents effets polaires pour nous étendre sur ce point (2). Ce que nous voulions simplement démontrer, c'est que les actions qu'on est en droit d'attendre de l'application des courants continus est absolument indépendante de la direction du courant.

Dans l'intéressant Rapport que Becquerel présenta en 18G7 à l'Académie des sciences, au sujet des travaux relatifs aux

(1) Leçons cliniques d'électrothérapie, France méd. 1875.

(2) La théorie polaire elle-même ne rend pas compte cependant de tous les faits observés dans la pratique, et s'il est des exemples où la situation occupée par les deux pôles ait eu une influence indiscutable, il en est d'autres, ainsi que nous allons le voir bientôt, où les résultats obtenus en étaient absolument indépendants.

applications de l'électricité à la thérapeutique, nous relevons cette phrase : « Les courants continus et les courants interrompus, ont chacun leur mode d'action; les premiers pénètrent sous la peau, dans les organes, y produisent des effets physiques, chimiques, calorifiques et peut-être de transport, effets dépendant de l'intensité du courant et du pouvoir conducteur des parties qu'ils traversent, etc.. »

Les effets physiques, nous les avons, croyons-nous, suffisamment indiqués; les effets chimiques, nous les avons déjà mentionnés au sujet des différentes modifications cutanées produites par le passage du courant : nous n y reviendrons pas, car, en traitant de Pélectrolyse, nous aurons à y insister longuement. Quant aux effets de transport qui ont été admis par certains observateurs, et qui ont été le point de départ de cette méthode singulière qui espérait provoquer par leur influence, l'expulsion de certaines substances toxiques contenues dans le sang ou les tissus (mercure par exemple, Poeyj, nous les passerons sous silence; n'ayant point à insister ici sur des faits qui sont absolument problématiques^ .

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