‹ De la valeur thérapeutique du bicarbonate de soude dans l’hyperchlorhydrie protopathiqueChapitre 11 sur 30 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Hyperchlorhydrie de date récente. — Crises gastralgiques.

Palpitations. — Ictère. — Vertiges.

A..., 29 ans, pas d’antécédents ni héréditaires, ni personnels, santé ordinaire toujours très bonne.

En 1893, surmenage intellectuel, veilles répétées, joints à cela des repas pris à la hâte, irréguliers, une mauvaise alimentation.

Petit à petit, les digestions deviennent lentes et difficiles, sensation d’oppression au creux épigastrique, lourdeur de tête, malaise général.

Peu à peu ces phénomènes s’accentuent et sont bientôt remplacés par des symptômes beaucoup plus prononcés. Une

Dee |

heure où deux après le repas, les douleurs apparaissent au creux épigastrique. La sensation de malaise et de douleur de tête se changent en vertiges coïncidant exactement avec les douleurs gastriques, soit trois heures après le repas.

Le malade ne faitaucun traitement spécial. Un voyage dans le midi n’a fait qu'accentuer ces phénomènes. L'amaigrissement continue.

Voyant les symptômes augmenter de plus en plus, il essaie des antiseptiques intestinaux, le salol, le naphtol, le charbon, le bismuth, cette médication reste impuissante.

Nous voyons le malade en janvier 1894. Il se plaint surtout de douleurs épigastriques quelques heures après les repas. — Inappetence, dégoût de toute alimentation, il n’a jamais eu de vomissements. Du côté du système nerveux, céphalée intense après les repas, neurasthénie, il insiste particulièrement sur des vertiges si violents que la crainte de tomber dans la rue l’oblige à se servir de voitures.

Palpitations de cœur, teinte jaune, teinte subictérique des conjonctives. Ictére, urines rares, noirâtres. Constipation opiniâtre. Le malade accuse un amaigrissement de quinze kilos, depuis le début de sa maladie.

Un repas d’épreuve retiré donne ne filtration. — Une acidité totale de 6.20.

He. libre = 1.25.

Réactions intenses de l’Hoz avec les Réactifs de Gunsburg et du Vert Brillant.

Traitement : bicarbonate de soude 15 grammes par période digestive, par dose de deux grammes. Régime des hyperchlorhydriques.

Däs le lendemain, les crises gastriques cessent immédiatement; les urines sont encore noires et rares.

Au bout de trois jours, les urines augmentent de volume et

deviennent claires ; les douleurs n’ont point reparues.

NN ee Le malade suit son régime pendant deux mois; les douleurs d'estomac ne reviennent plus, il peut reprendre sa vie active. Les cephalalgies, cauchemars, vertiges disparaissent petit à

petit. Il augmente de poids.

Janvier 1896. Nous revoyons le malade, il a augmenté de

dix kilogs en huit mois de traitement. Tous les symptômes ayant disparu il ne prend plus de bicarbonate depuis trois mois, il en absorbait pendant sa maladie jusqu’à trentecinq grammes par jour pendant dix mois. Actuellement il a cessé tout traitement, tous ces phénomènes ayant disparu. Au point de vue de l’alimentation,il ne suit plus aucun régime, boit du vin, des liqueurs, du champagne sans se voir nullement incommodé par l’absorption de l’une quelconque de ces boissons.

Une sonde passée, trois heures après son repas ordinaire,

on n’a rien pu retirer. — Un deuxième repas retiré à donné Her Hbrec if. 45) ASE = 2:50

Il a repris complètement sa vie normale, il fait beaucoup d'exercices physiques, escrime, bicyclette, cheval, sans se ressentir aucunement de son état antérieur. Il se considère comme complètement guéri. Le malade a donc pris pendant les quatre premiers mois 30 grammes par jour, ef pendant les six derniers, 20 grammes par jour, soit environ 5.400 grammes de bicarbonate de soude sans jamais observer un seul accident.

HOTTELIER & ; 6

Page 1