Archives de la Guerre, vol. 247, fol
et parfaire son procès et à sus complices, il a eu recours à noire bonté et clémence, nous suppliant très humblement de lui accorder nos lettres de grâce, pardon et rémission sur ce nécessaires, à quoi ayant égard, en considération de ceux de son nom et maison, voulons même préférer miséricorde à rigueur de justice. »
Mais tandis que d'ordinaire les lettres de ce genre ne font que répéter la supplique du délinquant et invoquent par la suite en faveur de ce dernier toutes les circonstances atténuantes, on est quelque peu surpris de constater que les lettres du 28 août 1670, si la matérialité des faits qu'elles mentionnent n'est pas contestable , énumèrent minutieusement et avec la plus manifeste complaisance tous les incidents qui sont de nature à aggraver l'importance des délits de M. de Montespan, insistant à plusieurs reprises sur « les grandes menaces » qu'il fit, sur « ses paroles extraordinaires » et ses « grands emportements ». Ces lettres sont contresignées du chancelier Le Tellier. Si Louvois avait grandement contribué à activer le zèle des gens de justice, on doit reconnaître que son père ne voulut ne lui ('('(Ici- en rien dans
cette marque si particulière de dévouement à donner au roi.
Si un pareil document était le plus précieux des arguments en faveur de la séparation de corps et de biens que depuis plus d'une année déjà madame de Montespan sollicitait du Chàtelet de Paris, ni Louis XIY, ni ses ministres ne se souciaient que l'exacte vérité des faits fût connue du public et l'affaire fut, autant qu'il se put, étouffée. On sut dans le public que M. de Montespan avait dû « se retirer en Espagne pour éviter la peine de quelque violence qui s'était faite de son ordre dans le Haut-Languedoc » . L'ambassadeur d'Angleterre parlait, non sans fondement, de concussions, de levées abusives faites par le marquis au profit de ses troupes. Dans la sévérité déployée à son égard, il faisait d'ailleurs la part du mécontentement que gardait la Cour de ses excentricités antérieures1. Quelques curieux rapportèrent différemment l'anecdote. « Comme des personnes de sa condition, conte Delamare, ne vivent pas toujours avec tant d'exactitude qu'il n'y ait quelque chose