LES DERNIERES ANNEES DE M. DE MONTESPAN
Ne voyez guère M. de Montespan et M. de Lauzun, on dira que vous recherchez les mécontents.
(Madame de Maintenon à son frère le comte d'Aubigné, 1685.)
Après de tels arrangements et, de la part de M. deMonlespan, tant de démonstrations d'humeur conciliante, Louis XIV et madame de Montespan pouvaient se croire à l'abri de toutes revendications ultérieures du fâcheux. Grande était leur erreur. Jusqu'à la fin de ses jours, M. de Montespan semble avoir gardé le goût des initiatives déconcertantes et des revirements inattendus; et, avec une persistance qui ne parait point avoir été dénuée de malice, il usa au mieux de ses couve-
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nances de la situation assez particulière que lui avait faite la destinée.
Et tout d'abord, après la sentence de séparation, M. de Montespan, au lieu de se retirer dans ses terres, eut pour agréable de demeurer à Paris où sa présence inspirait les plus grandes craintes : nous l'y trouvons notamment aux mois de mars, mai, juin et juillet 1676, au mois d'avril 1677, logé « rue Dauphine, à l'hôtel de Genlis, paroisse Saint- André-des-Arts ». Il s'y trouvait encore en 1678, tenant des propos indiscrets, à tel point que le Roi s'en émut et crut devoir donner les ordres les plus précis pour le faire surveiller.
« Le 17 mai 1678, nous conte M. Clément, Louis XTV écrivit à Colbert qu'il avait oublié de lui dire en partant que Montespan était à Paris, et qu'il fallait le faire observer, que « c'était un fou capable des plus grandes extravagances », qu'il importait de savoir ce qu'il faisait, quelles gens il hantait, quels discours il tenait. « Soyez le plus instruit que vous pourrez de ce qu'il fait, disait le Roi en terminant, et quand il y aura quelque chose qui vous paraîtra considérable, vous me le ferez savoir. »