‹ De La Vallière à MontespanChapitre 33 sur 60 · DERNIÈRES ANNÉES DE M. DK MONTESPAN · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES DE M. DK MONTESPAN

Golbert s'empressa de donner dans la mesure du possible les éclaircissements demandés et sollicita des ordres formels.

« Je reçus hier, Sire, écrivait-il, le billet de Votre Majesté du 17 et j'exécuterai ponctuellement ce qu'il plaît à Votre Majesté de m'ordonner sur le sujet de M. de Montespan. Sur quoi je crois qu'il est bon qu'elle soit informée qu'il y a trois ou quatre ans qu'elle m'ordonna de tenir la main pour qu'un procès qu'il avait au Parlement fùl jugé pour lui ôter cette raison ou ce prétexte de demeurer à Paris. J'exécutai l'ordre de Votre Majesté, son procès fut jugé et il se retira comme je crois.

» Il y a environ quinze jours que M. de Montespan m'aborda et me pria de recommander une seconde fois à M. de Novion un procès qu'il avait dont il attendait le jugement pour se retirer dans sa province; ce que je n'ai point fait, parce que je ne crus pas devoir me mêler de ses affaires Bans ordre. Si Votre Majesté estimait nécessaire de faire cette diligence auprès dudit sieur de Novion, peut-être qu'il se retirerait ensuite. Cependant j'attendrai l'ordre de Votre Majesté. »

La réponse de Louis XIV, inscrite en marge de la lettre de Colbert fut brève et précise : « Vous pouvez faire dire un mot au juge pour qu'il termine les affaires de M. de Montespan afin qu'il parte au plus tôt. »

Colbert mit sans doute quelque lenteur à s'acquitter de sa tâche: le 13 juin, M. de Montespan était encore à Paris et le roi écrivait à son ministre :

« Il me revient que Montespan se permet des propos indiscrets ; c'est un fou que vous me ferez le plaisir de faire suivre de près et, pour que le prétexte de rester à Paris ne lui reste pas, voyez Novion, afin qu'on se hâte au Parlement. Je sais que Montespan a menacé de voir sa femme et comme il en est capable et que les suites seraient à craindre, je me repose encore sur vous pour qu'il ne parle pas. N'oubliez pas les détails de cette affaire, et surtout qu'il sorte de Paris au plus tôt. »

Telle fut cette correspondance entre le Roi et Colbert, plusieurs fois citée ou publiée depuis, et qui, avec la fameuse lettre de Louvois à l'intendant du Roussillon en 1669, constitue les deux

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