DERNIÈRES ANNÉES DE M. DE MONTES PAN". 3 H
Si les fidèles eonseillers du roi montraient si piii d'empressement à tenir compte de ses volontés les plus formelles, on peut supposer que M. de .Mnnlespan s'en préoccupait encore moins. On avait demandé son éloignement de Paris. Avec un remarquable entêtement, il s'attacha à y rester, et nous l'y trouvons presque tous les ans, en diverses saisons et dans les divers quartiers de la ville: en septembre 1678, logé à 1' « hôtel de La Guette, rue dû Four, faubourg Saint-Germain » ; en juillet 1679 et en août 1680, « rue de Tournon, paroisse Saint-Sulpice » ; en février 1683, en avril 1684, en juillet de la môme année; en 168o, année marquée par une donation importante à son fils lf marquis d'Antin ; au mois d'août 1686, date du mariage de celui-ci, M. de Montespan habitait à 1' « hôtel de Sens, rue cl paroisse SainL- André-des-Arls ». Remarquons, de plus, que ces voyages de Toulouse à Paris ne se faisaient pas en un jour et que ces nombreuses dates indiquent des séjours assez prolongés. Il semble d'ail-
leurs que de guerre lasse on finit par le supporter. Mais il passa toujours, avec quelque raison sans doute, pour un esprit aigri et dont le commerce était à éviter : « Ne voyez guère M. de Montespan ni M. de Lauzun, écrivait prudemment madame de Maintenon à son frère en 1685, on dira que vous recherchez les mécontents. »
Du reste, dans le Midi comme à Paris, la renommée que lui valurent ses illustres malheurs raccompagnait. Le duc d'Àntin, son fils, nous a laissé, dans ses Mémoires, un curieux tableau de l'impression qu'elle produisait jusque dans la domesticité du château de Bonnefont, demeure familiale de Montespan : « Il n'est pas possible, y lit-on, que des domestiques et surtout des femmes ne parlent entre eux de choses aussi marquées que l'aventure de M. de M...; comme elles comptaient que j'en profiterais et par conséquent qu'elles en auraient leur part, elles me parlaient toujours, à l'insu de mon père, du roi, de la Cour, des grands biens qui m'attendaient. »
Notons entre parenthèses, à l'honneur de M. de Montespan, que, selon l'aveu de son fils luimême, peu suspect de partialité en sa faveur,