‹ De La Vallière à MontespanChapitre 36 sur 60 · DERNIÈRES A.NNÉES DE M. DE MONTES? A N · texte numérisé non relu

DERNIÈRES A.NNÉES DE M. DE MONTES? A N

il veilla à ce (pic celui-ci reçût la meilleure éducation.

D'autres séjours apportaienl à aotre héros plus de distractions que celui de Bonnefont. Un historien nous l'a représenté consolé de ses malheurs conjugaux « en menant un train de grand seigneur, chassant à tir et à courre dans ses forêts des Pyrénées et faisant jouer la comédie dans son château de Beaumont, près de Condom, par t\^> artistes venus à grands frais de Bordeaux et de Toulouse ».

Mais c'est surtout dans celte dernière ville que Montespan aimait à habiter et c'est là, semble-t-il, qu'il rencontra toujours l'accueil le plus sympathique. Toulouse se distinguait, entre toutes les villes du Midi, par son amour des fêtes et du plaisir, comme de l'étude et des affaires : <« Les débordements de la jeunesse sonl extrêmes, note mélancoliquement le rédacteur des Annales de la Ville de Toulouse à l'année 1083. Dans les punitions des femmes de mauvaise vie, une est pendue, deux plongées dans la Garonne, enfermées dans une cage de fer, et quantité d'autres sont fouettées el bannies. » S'il faut en eroire les Lettres historiques

et galantes de madame du Noyer, la licence n'était guère moindre dans les classes élevées de la société. Montespan y tenait la meilleure figure. Ni ses aventures conjugales, ni les fâcheux résultats de ses amours en Roussillon n'avaient fait de lui un ennemi des femmes. Il racontait volontiers des aventures galantes et, quand il gagnait au jeu se montrait généreux auprès du beau sexe.

« M. de Montespan est le meilleur seigneur qu'on puisse voir : dernièrement il jouait et comme il s'agissait d'un coup fort considérable, madame de Frauts, qui était présente, lui dit qu'elle souhaitait qu'il gagnât. Il gagna effectivement, et fit présent en même temps de cinquante 1 mis à cette dame pour la remercier de son souhait. »

11 ne lui déplaisait pas à l'occasion de s:exprimer sur le chapitre de sa femme d'une manière si crue qu'elle ne saurait être rapportée. Mais il était, comme il lui arrivait fréquemment, plus exigeant pour les autres que pour lui-même.

« ... Quoique, dit une des correspondantes supposées de madame du Noyer, M. de Montespan ne se fasse pas une peine de parler de la con-

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