‹ De La Vallière à MontespanChapitre 37 sur 60 · DERME II ES ANNÉES DE M. DE MONTESPAN · texte numérisé non relu

DERME II ES ANNÉES DE M. DE MONTESPAN

duite de sa femme, il n'aime pourtant pas à être raillé là-dessus et, tout honnête et poli qu'il estj il n'a pas ménagé les dames qui ont voulu l'aire les agréables sur ce chapitre. Il y a quelque temps qu'il jouait au lansquenet, sa carte qui était un roi de cœur fut la première [irise et, comme il pestait un peu, une présidente voulant faire le bel esprit, lui dit : « Ah monsieur! » ce n'est pas le roi de cœur qui vous a l'ait le » plus de mal. » M. de Montespan, aigri par sa perte et par le mauvais bon mot de cette présidente, lui répondit : « Si ma femme est à un » Louis, vous êtes à trente sols. » Dans une partie de masques quelque temps après, avec quelques amis, il se saisit de la malencontreuse présidente et la fustigea. Bien que tout le monde eût deviné d'où venait le coup, on n'en parla point. Cet exemple a rendu les autres femme- plus circonspectes. »

Si l'on peut croire notre anecdotier, M. de .Montespan, oublieux de ses disgrâces, n'aurait pas été éloigné de rentrer dans les liens du mariage, et se mit dans la tète de vouloir épouser mademoiselle de Riquet, sœur du constructeur du

canal du Midi. « M. de Montespan, conte madame du Noyer, est si amoureux de cette demoiselle qu'il a écrit au pape pour lui demander la permission de l'épouser. Il allègue là-dessus les meilleures raisons du monde, et je ne doute point que le pape ne lui eut accordé sa demande s'il avait reçu cette lettre qui est assurément la plus belle que j'aie jamais vue; mais M. de Louvois à qui M. de Montespan en fit voir la minute l'assura que, s'il l'envoyait au pape et qu'il poussât la patience du roi à bout, il était un homme perdu et qu'il perdrait par là la fortune du marquis d'Antin son fds. Le pauvre M. de Montespan, intimidé par les menaces, craignit pour la première fois et rengaina sa lettre. »

A tous ces mécomptes, il fallait pour l'humeur inquiète, agitée et souvent bizarre de Montespan, un dérivatif. Il en trouva un de bonne heure dans la passion des procès. Outre son différend, dont nous avons parlé, avec le duc de Candale, il eut des débats judiciaires avec le duc de Bellegarde son oncle, avec le marquis de Termes et le marquis de Savignac ses cousins, et, à la mort de M. de Bellegarde, avec tous ses parents qui

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