DERXIÈIIES ANNÉES 1)1 M. DE MONTESPAN
pour, sur leur réponse, être ordonnéce qu'il appartiendra ».
Si L'on ajoute à cela que, trois ans plus tard Montespan perdit le long procès qu'il soutenait depuis plus de trente ans contre le duc de Foix. il est permis de supposer que la situation était l'année suivante assez embrouillée. Ce fut, d'ailleurs, l'avis du marquis d'Antin, mieux renseigné que personne, qui n'accepta la succession que sous bénéfice d'inventaire.
Il n'en fut pas de même des prétentions de M. de Montespan au duché d'Épernon. Dès que son père fut mort, d'Antin « écrivit au roi, dit Saint- Simon, pour lui demander de faire examiner ses prétentions à la dignité de duc d'Epernon. Tous les enfants de sa mère en supplièrent le roi après son souper et de le faire duc, M. le duc d'Orléans portait la parole. Cette folie d'Épernon fut en effet son chausse-pied, mais les moments n'en étaient pas venus, un obstacle invincible l'arrêtait encore : madame de Montespan vrïvail el madame de Maintenon la haïssait trop pour lui donner le plaisir de voir l'élévation de son fils ».
Quand, peu de temps après, en 1711, le marquis
d'Antin fut néanmoins élevé au rang de duc et pair, les lettres, où était vantée l'illustration de sa famille firent à peine mention de son père. Jusque après sa mort, M. de Montespan devait porter la peine de son étrange fortune.
Que faut-il, en définitive, penser de notre héros ? Fut-il réellement un « galant homme » ou, au contraire, comme l'écrivit madame de Caylus, « un malhonnête homme et un fou » ? Ou nous nous trompons fort, ou l'opinion de nos lecteurs est faite. Si rien ne nous permet d'affirmer que de propos délibéré M. de Montespan prémédita de faire de sa femme la maîtresse du roi et ensuite d'exploiter sa faveur, nous avons largement démontré par ailleurs qu'il ne resta pas raidi dans une conception intransigeante de sa dignité conjugale. Il prépara son malheur par son insouciance gasconne, et quand la catastrophe fut consommée, il eut tantôt envie de s'en fâcher et tantôt la tentation plus ou moins nette d'en tirer parti. Les éclats de ses colères furent