TESTAMENT DE PAULE DE BELLEGARDE
(15 octobre 1G50). t (Extraits)
... Je déclare avoir nuf enfans. sine garsouns et catlre filles, douât les deus sount religieuses au couvent de ce lieu, foundé par moy de l'Ordre de Sainte-Ursule, sous L'invocation du nom de Jésus ; l'une s'apelle Anne- Crisante et l'autre Anne-Angelique, et du nom de religion l'une de Sainte-Paule et l'autre du Saint-Sacrement; auxquelles j'ey donné dans la fbundation pour touttes les choses qui leur sount nés, •ivres, de quoy je pretans quelles jouysset en quel qu'elles soit. Je leur donne de plus sachant qu'elles eymel à fere dire des messes et (envies de charité el autres choses qui ne sount pas contreres à leur professioun, à Aune Crisante de Saint''
1. Grand"in< re du marquis de Montespan, — Archives départementales de la Haute-Garonne, Section notariale.
Paule trois sans livres en une ou deux fois peyé, à Anne Angélique deu Saint-Sacrement deux sans livres tous les ans de pansioun, supliant leurs supérieures de leur permetre, et à elles je les exorte autant que je puis de faire leur devoir, et considérer qu'elles ne sount en religioun que pour gaigner le ciel plus facilement qu'au monde, qu'elles sount dans le chemin le plus aseuré pourveu qu'elles le suivet régulièrement, à coy je les exorte et les en conjure par les tandres santimans d'une mère qu'elles savet bien leur avoir esté très bonne, et de ce souvenir de prier dieu pour mon âme.
Je lègue et donne à Louise Octavie de Pardeillan de Gondrin deus mille escus fesant sis mille livres pour tous drois de légitime maternelle, suplemant d'icelle et qu'autre chose ne puisse demander seur mais biens
A César Auguste de Pardeillan de Gondrin, seigneur de Termes, mon fis. la légitime seur mes biens telle que de droit.
A Jan Louys de» Pardeillan de Gondrin, je luy lègue et lesse pour tout droit de légitime et suplemant d'yseHfe sine escus à l'honeur des sine playes de A'oslre Seigneur Jésus Crit, que je supplie la bounté divine luy pardonner les péchés qu'il a commis, pour ce qui me regarde, comme je le pardonne de boun cœur ne voulant pas néanmoins qu'il est plus davantage seur mes biens que ce que je dis.
Pour Jan Antoyne de Pardeillan de Gondrin, mon lis eyné, il a "esté si 'bien partagé tant en moun bien
qu en celluy de M. le duc de Bellegarde, mon boun frère. Je crois qu'il a raysoun d'an estre contant, et devoir tesmoygne être plus sansible à l'amitié que je luy ey en toutte rancontre faicte preuve, comme tous seus qui nous cognoisset ount veu et peu jugé. Je prie Dieu qui luy pardonne comme je fais, ayant tout geté au pié du la crois.
A Hector Roger de Pardeillan de Gondrin, mon cegout fis, d'autant que je luy ey donné dix huit mille frans par soun contrat de mariage, je veus et autans que cella luy serve de légitime et suplemant d'yselle ne pouvant auttre chose demander seurmes biens. Pourtant, en cas mon fis eynéviendret à mourir sans enfans maies dte légitime mariage, je le substitue ou à tel de ses enfans qui recueuillira la substitution faicte par les predeseseurs de ceste mayson aux terres de Saint-Élis et Monlastruc que j'ey données à mon fis eyné par son contrat de mariage. Et en cas Hector Roger n'auret pas d'anfans de légitime mariage lors qu'il mourra, j'apel le, comme j'ey dit, seus qui sount apcllés à la substitution do la maysoun de Gondrin et porturount le nom et armes en droite ligne suivant les disposisiouns de leurs predeseseurs, mais j'anlans de seus qui desandet de moy et <jui vivmiinl bien avec respect ut amitié avec leur mère, autremant j'an [esse la disposisioun a mais huritiés bas m unes.
Et parce que le testamant du tout vray et valable testamant est 'd'instituer héritier ou héritiers, à ceste
cause, je fais, nomme et institue mais héritiers universels et generaus mon fils Louis Henry de Pardeillan de Gondrin, archevêque de Sans et Marie Claire de Pardeillan de Gondrin marquise d'Aubeterre ma fille, en tous mes biens, drois, vois, noms, raysons et actiouns en quelque lieu qui puisset estre el en quelle fassoun qu'ils me puisset apartenir.
Et c'est pour peyer en quelque sorte le grant amour et respec qu'ils ount eu pour moy dans l'abandon que les autres avet fait de moy et l'ingratitude avec laquelle ils ount peyémes soins, m'étant trouvée qu'ils avet pris ou sesy presque tout mon bien, et de ce qui me restet il m'an falet peyé des debtes dount une partie elet
faites pour eux et particulieremant pour sa
comme il ce peut justifié, pourtant César Auguste ne m'a-t-il point faict de mal, mais il n'a pas aussy faict ce qu'il devet et pouvet, lorsque Jan Louis me perse cutet, luy fesant cognoitre soun devoir lorsqu'il sesiset mon bien, tellemant que, sans la bonté de mon boun fis, qui m'a donné à prendre en ce peis tout le bien qu'il y possède, j'aures esté en très mauvais estât, des estrangers de haute conditioun l'ayant seu m'envoyeret de l'argent, mais je n'en vouleu pas prandre pour l'honeur de la mesoun. Quant je dis mon boun fis j'antans parler de mon fils l'archevêque de Sans, et pour faire voir qu'avec raysoun et justice je le fais héritier de partie de mais biens comme aussi à ma fille d'Aubeterre en ce qu'elle a peu elle m'a donné et quité,
qui fait que je les fais mes héritiers, eynsy que j'ey dit si desus, en tous mes biens, peyant les legs que j'ey faicL sy dessus, et ce qui se trouvera que je doy tant par obligatiouns que promesses, mais très particulièrement à madame de Cevin de Mansencal à laquelle je suis obligée comme à une merc m'ayant aussy asistee en m;iis besoins, si je ne l'ey faict avant ma mort. De plus je la suplie d'agréer sine sans escus que je luy donne pour le souvenir de moy devant Dieu.
Je donne pouvoir à mais héritiers de substituer tel ou tels de leurs frère ou frères, neveu ou neveus que boun leur semblera de sens qui vivront en baune inteligence avec mais dis héritiers.
Je veus aussy que l'un de mais dis héritiers venant a mourir recueuille mon héritage de l'un à l'autre, ne voulant pas que seus à qui ils le doneront regardet s'il y a plus ou moins dans l'hérédité que lors qu'elle a esté echeue, je dis echeue à mais héritiers que je prie considérer le fis cyné de mon fis de Termes s'il vit bien avec eus comme il me semble qu'il a fort boun naturel, et il me fait compassioun parce que son perc ne s'an sousie pas beaucoup.
Je fais mon exécuteur testamai itère M. Estiene Daignan, arsidiacre de Maignouac, grant vicaire de l'arseveché d'Auhx, lequel je suplie 1res humblement d'accebter la dite charge ri prandre la penne de faire mais excuses â madame de Ovin de ce que j'ose luy offrir, ce n'est que d'eune sincère amitié n'ayant autre
chose. Comme ledit sieur arsidiacre recevra s'il luy plait mesmes excuses pour la mesme somme de sine sans escus que je lui donne et lègue luy ayant des obligatiouns très grandes estant un de seus qui en mon besoign a exercé la charité.