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CHAPITRE III

« On croit que Sa Majesté va bientùt l'aire mademoiselle de La Vallière duchesse, elle le mérite et on ne peut pas être plus aimée qu'elle n'est à la Cour, ne faisant jamais de mal à personne et faisant toujours tout le bien qu'elle peut. »

(Le prince de Condé à la reine de Pologne, 23 avril 1666.)

L'histoire (U^ intrigues qui furent nouées contre mademoiselle de La Vallière nous a expliqué comment se transformèrent peu à peu sa situation à la Cour, et même dans une certaine mesure les -'îitiments du roi à sou égard. L'exposé de l;i fortune de son frère nous a laissé deviner quelquesuns des griefs qui purent, sans qu'elle s'en doutai. affaiblir son crédit et préparer sa chute. Peut-être

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nous est-il possible de préciser maintenant les raisons qui rendirent instable la situation de la jeune femme, maîtresse toute-puissante en apparence des faveurs du roi, en réalité isolée par son caractère et son origine elle-même, desservie par ses proches et ses amis, compromise par ceux-là dont elle faisait la fortune, au milieu d'une Cour hostile ou indifférente, où chaque jour les compétitions se faisaient plus ardentes contre elle.

C'est qu'en effet, si l'éclat officiel qui maintenant l'environnait mettait désormais mademoiselle de La Yallière à l'abri de certaines intrigues de bas étage, combien toutes les qualités charmantes par lesquelles elle avait jadis conquis le roi étaient peu faites pour assurer le prestige nécessaire à une maîtresse royale, point de mire de toutes les jalousies, obligée à flatter non l'amour seulement, mais l'orgueilleux amour-propre du maître!

Les années écoulées et sa prodigieuse fortune ne lui ont apporté ni l'assurance insolente qui convient à une favorite, ni même la tranquillité de conscience. Elle demeure effarée de sa fortune et troublée par de fréquents remords. Sa beauté,

LES PROTÉGÉS DE LA VALL1ÈKE. 83

qui a toujours résidé plus dans sou charme que dans la régularité de ses traits, s'éclipse parfois sous l'influence de la fatigue, de ses couches fréquentes et laborieuses, de ses tristesses. Et la malignité publique l'en raille par la voix des chansonniers :

Que Dcodatus est heureux De baiser ce bec amoureux Qui d'une oreille à l'autre va !

Alléluia !

« Cette demoiselle, note Lefèvre d'Ormesson, ne me parut point belle ; elle a les yeux fort beaux et le teint, mais elle est décharnée, les joues creuses, la bouche et les dents laides, le bout du nez gros et le visage fort long. »

La volonté du roi a pu lui donner le rang de duchesse; elle n'a pu lui assurer les respects qui n'environnent que les personnes nées, ni l'élever au-dessus de l'envie. Elle est d'autant moins à l'alui des complots de la Cour, qu'on la sait incapable de faire du mal. Sans qu'elle soi I sotte, '•"inme l'ont dit quelques malveillants, son esprit ;i plus de charme que de brillant. Elle n'a rien qui inspire la crainte, qui décourage les rompe-

titions, qui donne l'impression qu'elle est inattaquable.

C'est qu'en effet, tandis que toutes les personnes de quelque rang ont autour d'elles un cercle d'amis empressés à les servir, à surveiller leurs adversaires, à guider et à appuyer leur fortune, il n'est guère que mademoiselle de La Yallière qui n'en ait point et qui se meuve toute seule, à l'aveuglette, parmi les pièges tendus sous ses pas. Pourquoi cette anomalie? Il en est une raison fondamentale : « Le peu d'esprit de La Vallière, explique dédaigneusement madame de La Fayette, empêchait cette maîtresse de roi de se servir îles avantages et du crédit dont une si grande passion aurait fait profiter une autre : elle ne songeait qu'à être aimée du roi et à l'aimer. » Le demisecret dans lequel, plusieurs années durant, a été tenue sa liaison, son peu de naissance, sa naïveté exempte de tout calcul, ont écarté d'elle les amitiés utiles qui, en échange des services qu'elles rendent, attendent d'autres services. On la sait incapable de faire du mal, incapable également de par son origine et son caractère d'être utile à ses amis. Pourquoi donc s'attacher à elle?

« On ne peut pas, dit le prince de Coudé, être plus aimée qu'elle n'est à la Cour, ne faisan! jamais de mal à personne et faisant tout le bien qu'elle peut. » Possible, mais cette affection n'est guère plus active que l'indifférence. A cette maîtresse du roi qui ne songe qu'à l'aimer et à être aimée de lui, les personnages de la Cour ne peuvent réserver qu'une bienveillance banale, à la fois un peu dédaigneuse et un peu déçue, qui n'ira jamais jusqu'à se compromettre en sa laveur, pas même jusqu'à lui donner un bon conseil dans un moment de détresse.

Et cette même naïveté, qui empêche mademoiselle de LaVallière de grouper autour (Telle des dévouements utiles, la fait la proie toute désignée d'aventurières médiocres plus propres à la compromettre et à la discréditer qu'à la servir. C'est madame de Ghoisy, l'intrigue faite femme, qui l'a introduite à la Cour; madame de Choisy dont li morale se réduit à l'art du courtisan et qui la mit en action dans la personne de son fils; madame; de Choisy dont les matinées se passaient à capter dans des lettres quotidiennes la confiance de la reine de Pologne, dont les Condé, père et

fils, arrivaient difficilement à combattre le machiavélisme à la cour de Varsovie et qui mourut sans se consoler de n'être pas sur le testament de sa royale amie.

Une autre confidente de Louise de La Yallière a été mademoiselle de Montalais : « C'était une personne qui avait naturellement beaucoup d'esprit, un esprit d'intrigue et d'insinuation : et il s'en fallait de beaucoup que le bon sens et la raison réglassent sa conduite. » Démunie d'expérience et curieuse de galanterie, elle avait obtenu de son amie l'aveu de ses relations avec le roi et s'entremit avec d'autant d'indiscrétion que de maladresse dans ses affaires. Par des confidences malencontreuses, elle fut l'occasion de la première brouille du roi et de la favorite. Sa manie était d'écrire des lettres, d'en recevoir et de les conserver pour les faire reparaître à l'occasion. Elle était en correspondance avec tout ce qu'il y avait d'intrigants à la Cour. Quand, disgraciée, elle fut reléguée à l'abbaye de Fontevrault, elle emporta avec elle la cassette renfermant ses papiers, véritable boîte à surprises d'où sortirent indéfiniment des pièces à scandale.

Elle était pourtant presque recommandable à côté de mademoiselle d'Artigny, arrivée, dit-on, enceinte à la Cour, pardonnée par la pitié du roi et dont Louise de La Vallière fit sa compagne de prédilection. « Belle comme un ange » et dénuée de scrupules, elle se distingua par sa complaisance à faciliter les rencontres des deux amants. « Il lie font point de façon devant elle, Dieu l'ayant douée d'un esprit fort commode. » Le roi la récompensa en la mariant au comte du Roure avec une dot fort convenable.

De telles relations, quand même le roi en personne condescendait à s'en servir, n'étaient pas pour fortifier dans son âme l'ascendant de sa maîtresse. Elles n'étaient pas capables de sont» nir mademoiselle de La Vallière au milieu des hostilités multiples auxquelles elle se trouvait en butte. Par une fatalité déplorable, les quelques intimes qu'elle a su grouper et qui méritent sa confiance ne le sont pas davantage : le maréchal de Bellefonds est un courtisan disgracié, dénué de toute influence; et le comble de sa mauvaise fortune est que les appuis qu'elle n'a pas su se créer par une politique de cour, elle ne les trouve

même pas dans ceux qui lui sont unis par les liens du sang. Toute sa famille, indifférente, s'est détachée d'elle. Seul son frère, le marquis de La Yallière, aurait qualité pour, le cas échéant, lui servir de champion ou de mentor. Mais telle n'est pas sa vocation. Dans la fortune de sa sœur il ne voit que le moyen de faire la sienne, et toute sa politique instinctive est d'exploiter, au jour le jour, au mieux de ses intérêts égoïstes, le crédit peut-être éphémère de la favorite.

Et il l'exploite avec tant d'impertinence, qu'au lieu d'être, le cas échéant, un auxiliaire capable d'intervenir en temps utile ou de donner un bon conseil, il augmente comme à plaisir les difficultés où se meut Louise de La Vallière, il fournit des arguments à tous ceux qui combattent sourdement contre elle.

Tour à tour, il lui aliène la bienveillance de Monsieur en souffletant son ami le chevalier de Lorraine; il abuse de la patience du ministre malgré ses dispositions bienveillantes; il irrite par ses familiarités Louis XIV lui-même. Et ce n'est pas tout. Les hostilités qu'il soulève par son humeur intempérante, il les centuple par son

avidité toujours en éveil : <'t ceci nous amène à traiter un point capital, jusqu'ici entièrement négligé, de l'histoire de mademoiselle de La Yallière.

Elle a toujours montré pour elle-même le désintéressement le plus absolu. Pendant longtemps, son train de vie est presque mesquin. Même devenue duchesse, elle garde une modestie relative; et pourtant les registres royaux débordent de dépenses que son nom doit légitimer.

Comment cela? c'est que, si madame de La Yallière ne demande rien pour elle-même, elle ne sait pas refuser sa protection à qui la sollicite; elle ne se rend pas compte du danger qu'il y a pour elle à fatiguer l'oreille du roi ou de ses ministres. Elle est la proie de tous les quémandeurs et de tous les indiscrets, et la plus désintéressée des maîtresses royales devient une des plus onéreuses pour le Trésor, une des plus importunes à ceux qui ont souci des intérêts du roi.

Au premier rang dc> parasites qui se réclament d'elle est sans contredit son frère. Nous ne reviendrons pas sur les multiples manières dont il s'ingénia à exploiter le trésor royal; nous n'essayerons même pas d'évaluer les sommes

qu'il en retira, encore moins toutes celles qu'il tenta de lui extorquer. Rebuffades et admonestations ne l'empêchent pas de reparaître avec le même sourire, d'être candidat à toutes les prébendes qui peuvent être à sa convenance; il n'en est guère qui soient pour lui déplaire. Sa fortune est une sorte de scandale. Mais il n'est pas seul. Derrière lui il y a sa femme et aussi les parents de sa femme. Et il y en a encore beaucoup d'autres. Une série de documents inédits jette un jour inattendu sur la manière dont une foule d'importuns compromirent et gaspillèrent le crédit de la trop indulgente duchesse de Yaujours.

Nous voulons parler « des rôles des placets » où figure le relevé des « placets » présentés au roi, en d'autres termes, des demandes de grâces diverses qui lui étaient adressées par les particuliers. Pour les dépouiller, il y avait un roulement entre les quatre secrétaires d'État qui alternativement les présentaient à l'attention du roi. Le

hasard nous a conservé quelques-uns de ces registres où figure tout ce qu'il y a de quémandeurs dans le royaume, et où se coudoient les demandes les plus varice-.

Comme il n'échappait pas aux solliciteurs qu'un des moyens les plus assurés de profiter de la générosité royale était d"en implorer des bienfaits qui ne coûtaient rien au Trésor, des diverses manières de l'exploiter deux étaient particulièrement en faveur : l'une, dont nous avons vu largement user le marquis de La Vallière, était de revendiquer le brevet des successions en déshérence. Mais encore fallait-il être averti des occasions. Il était plus facile, quoique peut-être d'un bénéfice plus aléatoire, de demander la création d'un monopole et la faculté de l'exploiter. Ce fut vers cette voie que se rua la Ibule des mendiants de cour.

Nobles seigneurs et nobles daines sollicitaient à l'envi la fourniture des chaises, pendant vdngl ans, dans les lieux où se donnait la comédie, ou le privilège de vendre (\cs maîtrises de couturières ou de coiffeuses perruquières, ou le droit exclusif de décharger les charrettes à l'entrée de

Paris, ou encore la faculté de créer un bureau de placement à l'usage des garçons chirurgiens. Or, parmi les innombrables demandes de ce genre qui viennent s'enregistrer aux « rôles des placets », on est stupéfait de la place que tiennent les suppliques apostillées par madame de La Yallière. Après les maisons royales, dont le personnel était infiniment plus nombreux et certes plus naturellement recommandé aux bienfaits de Louis XIY, c'est peut-être celle de la duchesse de Vaujours qui fournit le plus grand nombre de solliciteurs. Avec une richesse d'imagination merveilleuse et un appétit insatiable, ses gens s'efforcent de mettre le royaume en coupe réglée. Le fait est si grave et si inattendu qu'il faut y insister. Quelques exemples pris au hasard démontreront suffisamment la variété et la grandeur des appétits qui s'abritaient de l'autorité de la favorite.

Mademoiselle Gérard, «femme de chambre de madame la duchesse de La Yallière», demande le don des biens qui ont appartenu à feue Hélène de Brie, fille naturelle du sieur abbé Le Normand, et elle l'obtient.

Mademoiselle de la Fresnay, « demoiselle de

madame la duchesse de La Vallière », implore du roi « le pouvoir d'établir des commissaires dans les villes de Toulon, Antibes, Fréjus, Cannes, pour la visite des salines d'anchois et sardines pour empêcher les abus et malversations qui se commettent par ceux qui les salent, en marquant les barils d'une marque qui sera convenue et en percevant cinq sols pour le droit ».

Launa}-Gossart, « page de madame la duchesse de La Vallière », a des vœux moins terre à terre, mais dont le profit est peut-être plus aléatoire. 11 voudrait « faire rechercher des trésors qui sont dans quelques villages du pays d'Auge et de Falaise » et recevoir en don « ceux qui s'y sont trouvés depuis dix ans et qui s'y trouveront ».

Le privilège d'installer des messageries postales de ville à ville est un de ceux dont le profit esl le plus sur, parlant un des plus souvent sollicités. Le sieur Ghaponnet, «garçon d'office de madame la duchesse de La Vallière », demande Imil bonnement le monopole des transports «de Paris es villes de Blaye et Bordeaux». Le sieur Du Moitié, «domestique de madame la duchesse de La Vallière», se contentera de faire les char-

rois « de la ville de Tours au lieu de La Burte où est le temple de ceux de la Religion prétendue réformée pour leur commodité ». Et Pierre Vossier dit La Pierre, « domestique » également, est plus humble encore : il sera satisfait d'avoir pour six ans les mômes privilèges entre Paris et Dieppe.

Ceux-ci sont les modestes. Leur nom n'apparaît qu'une fois sur les registres royaux. Bernard de La Salle, « officier » de la duchesse, est moins discret. Successivement nous le voyons demander « le privilège d'établir des coches et bateaux sur la rivière de Loire pour aller de Roanne à Nantes » , celui « de pouvoir faire jouir plusieurs pauvrefripiers, lingères, chaudronniers, dans la liberté de vendre et débiter leurs marchandises aux piliers des Halles ou dans les places publiques », celui des messageries de Lyon à Genève et de Lyon à Nantua, enfin « la confiscation des biens des sieurs Monrepas et de Vannoise condamnés à mort ».

Du Lac, maître d'hôtel du marquis de La Vallière, et sans doute élevé à bonne école par un tel maître, s'associe à Gollin, valet de chambre de la duchesse, pour demander « le don des lods

el veilles de la terre de Donzin et de Buss}r située dans le Blaisois ». Mis en goût par son succès, le môme Gollin, d'accord avec le même Du Lac, souhaiterait s'approprier « les biens échus au roi par droit d'aubaine de feu Laurent Arnault, prêtre, ministre du Saint-Esprit ». Et il serait enchanté de voir réserver à lui seul la permission de percevoir dans tout le royaume les droits « sur le l'ait de la marque du fer doux et aigre», qui existent dans le ressort des Parlements de Paris et de Dijon.

Mais nous allons retrouver les noms de la plupari de ers importuns accolés à celui de Michel Tallegrand, « officier de madame la duchesse de La Vallière », qui mérite d'être tiré hors de pair pour la variété, la multiplicité et l'ingéniosité de ses requêtes: en matière de mendicité de cour, il apparaît sans conteste comme un maître.

En mars 1667, Michel Tallegrand et François Lazure, autre officier de la duchesse, sollicitent simultanément la permission « de l'aire un moulin hors du parc de Fontainebleau où se l'ail la décharge des eaux du grand canal, lesquelles se perdent inutilement dans les prairies, ce qui sera

de grande commodité pour les habitants dudit lieu » , et aussi celle d'établir un service de carrioles de Charenton à Paris et vice versa.

Au mois de novembre, c'est au commerce des vins que s'intéresse maître Tallegrand, ayant pour associé le sieur Potier, également domestique de la duchesse. Le roi leur refusera-t-il le droit de vendre à leur profit en Champagne, en Bourgogne, « et partout ailleurs où il se fait achat de vin pour la fourniture de Paris », des charges de maîtres tonneliers « dont l'office est de s'assurer de l'intégrité dans les dimensions des vaisseaux? »

Avec François Lazure, déjà nommé, Tallegrand, en mars 1668, partagera, s'il plaît au maître, le privilège « de pouvoir seuls préposer et établir ;uix portes de Paris tel nombre de personnes que besoin sera pour décharger les charrettes des rouliers et voitures chargées de vin et autres marchandises qui entrent dans ladite ville, sans prendre autres ou plus grands droits que ceux que lesdits rouliers ou voituriers ont accoutumé de payer volontairement».

Le mois de juillet voit s'accroître les appétits

de l'infatigable quémandeur. Il n'a pas moins de (rois demandes à son actif.

D'abord il voudrai! établir « un bureau d'adresses pour les garçons chirurgiens et barbiers qui cherchent maître», bornant à trente sols par tête -on droil de commission. Mais l'agriculture ne le lente pas moins. Pourquoi lui refuser « de pouvoir sent cultiver et faire planter en Fiance une racine nommée garance, laquelle vient par le moyen des Hollandais qui tirent par ce moyen beaucoup d'argent de France? » En attendant que ses plantations soient de rapport, il se contentera «lu monopole de la vente de la garance importée de Hollande qu'il cédera cinq pour cent moins «•lier que m' font actuellement les marchands. Et telle est sa discrétion qu'il partagera avec les sieurs de la Magdelaine, lieutenant réformé, et François Monier, les profits « du défrichement de la forêt deGrésigne située au pays d'Albigeois » ; bien plus, il u le tact d'associer le roi aux bénéfices en lui promettant «les droits « qui lui seront plus profitables que ladite forêl dont Sa Majesté ne tire à présenl aucune utilité, étant entièrement en friche». En novembre de la même année, Tallegrand

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s'adjoint le valet de chambre Collin, que nous avons déjà rencontré : tous deux seraient heureux de pouvoir faire bâtir « de petites boutiques le long du marché au Poisson, du côté du Pilori », bien plus pour l'avantage des « pauvres marchands » que pour le leur. Mais le goût de la bâtisse n'est pas inconciliable avec les entreprises de transports. « La permission d'établir une messagerie de chevaux de la ville de Lyon en celle de Grenoble et de Grenoble en Italie et Savoie » lui serait tout à fait agréable.

Pour prendre patience, au bout de l'année révolue, Tallegrand sollicite et obtient « la confiscation des biens du nommé Du Moulin». Mais ce n'est guère, et au printemps suivant — les choses de la perruquerie lui tenaient à cœur — nouvelle requête pour demander « la permission d'établir un bureau dans Paris où toutes les perruques seront apportées pour y être contrôlées et y être apposée une marque au dedans de la coi Ile avec défense d'en débiter qu'elles ne soient contrôlées sous peine de confiscation et de ...'

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