‹ De la vanité des institutions fondées par le sophismeChapitre 22 sur 42 · IG · texte numérisé non relu

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obscurci l’aurore et le déclin d’une aussi glorieuse carrière. L’histoire, dégagée des influences contemporaines, jugera s^il supporta en effet sa captivité avec la fierté et la noble résignation qu’il se devait à lui-même.

Quant à ses commencements, l’amitié de Robespierre et de Marat explique, mais ne justifie pas le sauveur de la Convention au 13 vendémiaire, et le protecteur du Directoire contre la Chambre de l’an V. Son organisation étonnante unissait à la volonté la plus inflexible la souplesse nécessaire à qui veut parvenir. Le mauvais renom des salons de Barras et l’âge disproportionné de sa ' fiancée auraient amoindri un autre que lui. Mais celle-ci lui apporta pour dot le commandement de l’armée d’Italie, et de brillants et rapides succès firent respecter un choix qu’il sanctifia d’ailleurs par des égards d’une convenance parfaite et l’aveu réel ou calculé d’une tendresse qui se fait tout pardonner

1. On trouve d’assez carieux détails à ce sujet au tome Tl, pages 193 et suivantes^ d’un ouvrage publié en 1834, sous ce titre : JMé^noh^es de Tal- Icyrand.

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Parmi les leçons sévères que le gouvernement de la Restauration aurait pu puiser dans le Mémorial de Sainte-IIélène , il en est ime qui aurait dù le mettre en garde contre les dangers dont le mode d’éducation qu’il trouv'^ait établi menaçait la génération destinée à vivre sous la royauté, et par conséquent à la consolider. Dans un de ces épanchements improvisés, dans lesquels Napoléon n’avait aucune raison de dissimuler ou de farder sa pensée, il exprimait le regret de n’avoir pas assez vécu pour confier l’Université à une congrégation de moines ^ . Cette étrange révélation infirme un peu l’aiitorilé des traditions sur lesquelles le monopole universitaire s’est fondé en 181 o.

Mais cette confidence n’e.ût-elle pas révélé ses projets avec autant de sincérité, nous n’en serions pas moins persuadé qu’il n’était pas d’humeur à se contenter d’une ébauche aussi imparfaite que celle qu’il avait adoptée

1. Une lettre adressée par lui au jésuite qui jouissait alors de la confiance du czar ferait soupçonner qu’il songeait à l’ordre de Saint-Ignace- Mais cette lettre, citée textuellement par M. Crétineau-Joly dans son Ilistoh^e de la Compagnie de Jésus, avait un but plus prochain et purement diplomatique.

DE L’ENSEIGNEMENT. — DE L’UNIVERSITÉ

à la hâte pour tirer l’instruction publique du chaos où la Révolution l’avait plongée. Il savait, ce vrai législateur, que l’enseignement est un sacerdoce qu’on ne doit pas abandonner à des industriels pour qui le professorat est un métier. Il pensait que la retraite, l’ahnégalion, le sentiment religieux, sont les plus sûrs gardiens et les premiers inspirateurs de l’intelligence.. Ce n’était pas par choix, mais par conviction et peut-être par l’expérience même qu’il venait de faire d’une institution laïque, qu'il en était arrivé à vouloir lui imprimer un caractère de gravité cénobitique, comme le seul qui fût à la hauteur d’une si sainte mission.

Gomment eût-il concilié cette consécration avec la pluralité des cultes? Nul ne le sait; mais nous croyons que ce qui eût été réputé impossible pour tout autre que lui, aurait cédé à sa volonté intelligente , et qu’eût-il médité d’assouplir toutes les communions à sa discipline, il n’aurait éprouvé que de faibles résistances, pourvu qu’il respectât les scrupules particuliers à la foi catholique. Ce qu’il y a d’avéré, c’est qu’il avait résolu d’isoler le corps enseignant, et il ne dissimula pas son désir de le sanctifier par le célibat.

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