‹ De la vanité des institutions fondées par le sophismeChapitre 23 sur 42 · DU MONOPOLE UNIVERSITAIRE · texte numérisé non relu

DU MONOPOLE UNIVERSITAIRE

Les exigences d’une politique toujours dominée par le système de guerre perpétuelle inhérent à l’empire ne laissèrent pas à Napoléon le temps de réaliser tous les projets qu’il avait conçuspour l’administration intérieure et la constitution définitive du pays. Le besoin qu’il éprouvait de tenir les générations contemporaines tou-

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jours sous le drapeau, et d’imprimer à toute la jeunesse une direction uniforme, le força d’ajourner les améliorations qu’il s’était promis d’introduire dans l’éducation publique. Il continua donc, en attendant, cette centralisation monstrueuse, cette prodigalité des bourses et ce despotisme des examens dont F Université a voulu maintenir l’abus comme le legs sacré de son fondateur, comme un droit acquis par la prescription et un privilège concédé à perpétuité.

Sous l’autorité delà possession le corps universitaire a prétendu s’imposer à la Restauration, lorsque les raisons de son organisation provisoire n’existaient plus, et que ses conditions mêmes étaient devenues incompatibles avec les libertés consacrées par la Charte. Pour concevoir la pensée d’une si audacieuse usurpation, il fallait toute l’astuce du parti qui avait entrepris d’entraver les pr^iiers pas de la royauté. Les sophistes ({ue nous avons vus à l’œuvre, et dont l’opinion pub]i<fue a reconnu le signalement dans chacun des individus désignés sous le nom de doctrinaires , avaient compris d’abord que, pour trouver leur place dans la France délivrée, il fallait que la Révolution y conservât la sienne. Elle leur était nécessaire, ne fût-ce que pour avoir un prétexte de se jeter entre elle et le trône, lui faire un rempart de leur dévouement et s’offrir comme arbitres modérateurs des partis et conciliateurs des intérêts menacés.

L’Université était un poste précieux à conserver ; inoffensif en apparence, il semblait offrir un terrain neutre aux discussions ; mais il était en réalité l’asile des mécontents que le retour de la paix inquiétait dans leurs sinécures, dans leurs jouissances et dans leur vanité; c’était la forteresse où les sophistes tenaient garnison.

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la dernière citadelle enfin où la Révolution pouvait se croire en sûreté. Si l’on parvenait à s’en emparer, on s'y croirait à jamais inexpugnable; et l’indifférence de l’autorité, l’imprévoyance des ministres, l’insouciance meme des familles, laissèrent l’Université reprendre toutes ses positions, en conquérir de nouvelles, s’y fortifier et s’attribuer un monopole qu’elle n’eût jamais osé espérer sous l’empire.

On n’a pas oublié la lutte acharnée que la Piestauration a laissée s’engager entre le corps universitaire, retranché derrière ses privilèges, et le clergé réduit à protester par la bouche de ses évêques contre la traite impunément exercée sur la jeunesse chrétienne. Ce conflit n’a cessé que par l’assujettissement du plus faible, et le règne du vainqueur ne s’est établi que par l’abus de la force. Le scepticisme, trônant dans toutes les chaires, est devenu inquisiteur. Il a besoin d’être exclusif pour vivre, car toute concurrence lui est mortelle; le monopole est son gagne-pain, et, s’il ne parquait pas les intelligences, il ne pourrait pas les dominer. Il a donc régné sous la monarchie des Bourbons plus absolument que sous celle de Napoléon. Le philosophisme bourgeois, la pusillanimité ministérielle et l’opposition parlementaire lui sont venus en aide; et si quelque vérité timide s’est glissée à la tribune, elle a été repoussée parla peur autant que par la passion h

Expliquer les raisons et rechercher les causes qui ont emjjêché l’autorité de recourir au remède si simple et

1. Si l’on prenait la peine de lire aujourd’hui ce qui fut alors tenu pour im langage d’opposition, on nous rendrait plus de justice.

Opjinion de M. R..., imprimée par O'rdre de la Chambre. — Séance du 18 juin 1824. Discon7's le budget. — Séance du 27 mai 1826.

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si salutaire de la liberté d’enseignement, serait un travail superflu. Si c’est par ignorance, c’est une infirmité que l’expérience même est impuissante à guérir ; si c’est par lâcheté, elle a dû voir dès le premier jour que le mal empirait et le danger avec lui; si c’est par ruse et dans hespérance de s’emparer soi-même du monopole, c’était à la fois une action déloyale et un faux calcul- Quelques initiés de la Congrégation ont pu en avoir la pensée ; mais c’est avec ces ménagements tortueux et cette habileté sans franchise et sans dignité que les coteries déconsidèrent le pouvoir et l’affaiblissent de tous les efforts qu’elles font pour le servir ou le défendre.

Il eût été plus facile et surtout plus sage de procéder par voie d’émancipation que de placer un évêque à la tête de l’instruction publiijue, où la dignité de son caractère et la sincérité de sa foi étaient sans cesse en lutte avec ses fonctions. Sa position était doublement fausse entre l’impossibilité de faire ce qu’il devait souhaiter et de refuser ce qui répugnait à sa conscience. Ce qu’un grand maître laïque pouvait impunément accorder au clergé, devenait suspect tenté par un prêtre; et ce que les universitaires n’auraient pas osé demander à l’iiii des leurs, ils l’exigeaient du fonctionnaire timide qu’on eût accusé de partialité.

Il est de fait que sous l’administration de M. de Fonlanes la religion catholique avait toujours exercé librement sur l’éducation de la jeunesse la part d’influence que la loi lui confère. La sagesse du premier grand maître, qu’aucun ministre n’a remplacé, eût préservé l’Université de l’invasion des sophistes qui sont venus y fonder une école; il l’eût fait même, à défaut de conviction, par sentiment de convenance; car il était doué

de trop de tact et de goût pour tolérer que des sectaires, déguisés en professeurs, se permissent de substituer à l’enseignement légal leurs systèmes inconnus et leurs propres doctrines. Parmi les plus audacieux nul n’eût osé affronter le blâme du grand maître. Il est donc probable que, sans la Restauration, le monde ignorerait encore les grands noms de Quinet, de Michelet et de Bavoux.

Si pendant les fréquentes absences du redoutable empereur, les frondeurs imprudents laissaient poindre quelque pensée d’opposition, son retour subit tournait en louanges toutes les velléités de critique, et la bouche l)éante du plus intrépide orateur démentait courageusement l’indiscrétion de sa plume. Il fallait tout le laisser aller de la Restauration pour délier ces langues venimeuses qui ne se donnent toute licence qu’avec la certitude de l’impunité. On n’eût pas même songé avant 1814 à imaginer ce qu’on a appelé un ministère de l’instruction publique, en vertu duquel on trouve moral et instructif de mêler aux luttes du foruni et au tumulte de la place publique les institutions qui ont le plus besoin d’être protégées par le silence et le respect, telles que la majesté du sacerdoce et la pudeur de l’enfance.

C’était afin d’élever entre les études de la jeunesse et les distractions de la vie mondaine un mur impénétrable que Bonaparte avait voulu mettre l’éducation publique sous la garde d’une pieuse congrégation : haute et morale pensée, à laquelle il avait préludé en isolant l’Université de l’administration générale, et en la dotant d’un budget spécial affranchi du contrôle parlementaire. Mais cette institution, privée du caractère sacré destiné

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à la compléter et à l’isoler des intérêts matériels ([ui agitent le monde, constituait un pouvoir immense ; ce pouvoir, aucune règle ne l’avait encore dirigé dans son cours, et il devait dél^order dès qu’une volonté inflexible cesserait de le contenir. Des maîtres et des administrateurs laï([ues étaient nécessairement amenés à subordonner leurs fonctions sévères aux plaisirs, aux cupidités, aux intérêts qui dominent toutes les professions et toutes les familles.

Pour que le gouvernement conservât sur l’éducation l’autorité qu^’il est de son devoir de ne jamais aliéner, il n’y avait qu’un parti à prendre, mais si facile et s’offrant si naturellement à la Restauration, qu’en n’y recourant pas elle seml>lait repousser systématiquement tout ce quijîouvait contribuer à l’affermir. Ce moyen, c’était de ne répudier que le monopole, et de fonder autant d’universités indépendantes les unes des autres qu’il existe en France de villes importantes ou de foyers intellectuels, où l’on pùt concentrer les hautes études de toutes les facultés de l’esprit.

Il pouvait convenir au despotisme militaire de pré-

disposer les générations naissantes au joug de ses règles disciplinaires; mais la liberté civile et les professions libérales ont d’autres conditions. La centralisation leur est antipathique, et le premier conseil de la raison eût été de rapprocher d’elles, de répartir et de multiplier les foyers d’instruction. La politique le prescrivait autant que Injustice. La jeunesse délivrée de cet enseignement hautain qui s’impose parce qu’il est exclusif, serait moins exposée aux séductions de secte et aux dégoûts d’une concurrence tumultueuse. Elle donnerait moins souvent le triste spectacle de sa participation bruyante aux

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émeutes, et de sa ridicule confîauce à trancher les questions sociales les plus abstraites. L’émulation enfin serait plus réelle et plus fructueuse entre les différents corps universitaires qu’entre les étudiants'^moncelés autour de la tribune aux harangues professorales ; et les juges des concours y seraient beaucoup moins exposés aux surprises et aux préventions.

La France révolutionnaire est le seul pays où l’on ait eu l’outrecuidance d’enchaîner les intelligences à un seul aréopage de supériorités plus ou moins notoires, auquel est déféré le droit exclusif de délivrer des brevets de science ou de génie.

En Prusse, où il y a probablement moins de concurrence, si quelque Galilée était condamné par l’université d’Iéna, cinq autres universités non moins compétentes recevraient sa requête, et jugeraient de son mérite à l’épreuve, sans s’informer des causes de son appel. En Allemagne le passant peut se présenter à tous leâ concours universitaires, sans avoir besoin de justifier d’autre chose que de son savoir. En Angleterre enfin les universités ne sont pas des autorités jalouses et privilégiées, mais des institutions libres; celles d’Oxford et de Cambridge ont été fondées par des particuliers, et sont protégées, mais non régies, par le gouvernement. Y prend ses degrés qui veut, et les carrières publiques ne sont pas toutes fermées, comme en France, à celui que n’a pas légitimé l’attestation problématique d’un examinateur juré. L’Université de France est la seule qui ne reconnaisse pour doctes que ceux qui portent sa livrée.

Et qu’on ne dise pas que le monopole abdique en se subdivisant; il s’étend et s’aggrave lorsque ses délégués ne sont que des agents révocables. Les académies de

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province sont des succursales de l’ Université et rien de plus; on les destine à imprimer une tension plus uniforme au réseau dont elle enveloppe tout le pays. C’est le même esprit de domination, accru seulement par celte émulation de zèle et d’avancement dont les subalternes exagèrent toujours l’expression. Mais c’était un cadre que le pouvoir trouvait tout p»réparé pour une transformation sérieuse. Il ne s’agissait que do rendre à ces académies les attributions indépendantes et les noms des anciennes universités qui ont Iionorablement concouru à la civilisation de la France d’autrefois. L’éducation publique française fût ainsi rentrée dans le concert des Ltats européens, dont aucun n’a suivi rexem[>le de ce monopole. C’est ainsi que Napoléon supprima le calendrier républicain, car il n’y avait là qu’une source d’erreurs et de malentendus dans les actes et les relations privées. Les abus de l’ Université, qui est ellemême un abus, ne peuvent donc pas être redressés par elle. Les plus graves d’entre eux sont inliérents à sa constitution.

§ 2 . DU PROrESSORAT

L’art d’enseigner diffère du savoir, et l’on a vu des savants, dont les avis sont des autorités, ne pouvoir pas même se faire comprendre de leurs élèves ; tandis qu’avec des connaissances médiocres, mais uii sens droit, un es[)i‘it lucide, une âme patiente et expansive, on réussit toujours à développer la raison des enfants et à intéresser leur imagination. L’Université a rayé de ses statuts cette investigation surannée qui consistait à étudier Les a[)titudes et les caractères des maîtres avant de

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il*

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leur donner à cultiver l’intelligence confiante et mobile de la jeunesse. L’instruction est la mission que veut bien avouer le professeur moderne ; mais V éducation ne fait pas partie de son programme. Dès qu’il a subi les examens et les concours exigés d’un agrégé, on n’a plus rien à lui demander. Sa tâche est de professer, il jirofessera ; son but est d’avancer en grade, il avancera. C’est pour lui qu’ont été inventés la liiérarcliie dans l’enseignement et le tribut par tête d’écolier. On groupera autour de sa chaire quelques jeunes auditeurs plus ou moins ignorants, plus ou moins distraits, qu’il aura le droit d’interroger si c’est sa fantaisie, de réprimander s’ils l’ennuient, et qui le comprendront s’ils le peuvent. Ce point n’est que d’un intérêt secondaire. Le principal est de se donner pour un génie supérieur, à l’étroit dans sa classe et appelé à de hautes destinées. Si son puéril auditoire est inattentif, c’est qu’il lui en faut un plus digne de lui; et s’il a consenti à descendre si bas, c’est en rougissant et par déférence pour les préjugés d’une génération qui croit encore aux impressions des nourrices sur le cerveau; comme Socrate mourant voulait que ses disciples immolassent un coq à l’autel d’Esculape.

Qu’un humble instituteur s’évertue à solliciter les germes de talents et les heureuses dispositions qu’il soupçonne dans ses élèves, cela pourra réjouir sa conscience, mais ne le tirera pas de son obscurité : et ne dites pas que c’est ce dévouement qui donne aux écoles ecclésiastiques une supériorité que n’atteindront jamais les institutions académiques; on vous montrerait avec orgueil les trois ou quatre lauréats que chaque concours annuel fait éclore. Qu’opposerait à ces prodiges la modeste classe dans laquelle l’instruction s’est dissé-

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minée en proportions à peu près égales? Peut-être ofFret-elle en somme plus de connaissances utiles et de véritable instruction; mais si la majorité des enfants admis dans l’école modèle n’y ont rien fait et rien appris, estce la faute du maître qui a produit un chef-d’œuvre, et de l’Université qui l’a solennellement couronné?

Lorsque la Révolution eut fermé tous les collèges et chassé ou emprisonné tous les maîtres, il s’ouvrit sous le nom de lycées des cours publics sur toutes sortes de sujets littéraires ou scientifiques. On s’y rendait comme dans les spectacles, non pas précisément pour y chercher une instruction sincère, mais pour y entendre les vers d’un poète à la mode, tels que MM. Vigée, ou Demoustier, y applaudir les discours de quelque auteur célèbre tel que Laharpe, ou y admirer les leçons de physi<|ue et de chimie qu’égayaient de leur faconde MM. Fourcroy ou Robertson. Cette habitude d’ériger des tréteaux pour avoir des auditeurs survécut aux circonstances qui l’avaient accréditée, et l’on vit les curieux et les oisifs se presser dans les salles du Collège de France et de la Sorbonne comme au parterre des autres théâtres. Ce public inspira les professeurs ; c’est à lui qu’ils adressèrent leurs harangues, et leurs chaires devinrent autant de tribunes. Il surgit des éiiergumènes pour parler de philosophie du ton dont on déclame le mélodrame; des légistes pour évoquer les droits de l’homme inhumés dans les procès-verbaux de la Convention; des docteurs élégants pour initier les femmes aux secrets de la dissection ; des Christophe Colomb enfin pour découvrir dans l’histoire et dans la poétiijue un monde nouveau et des îles inconnues que nul n’aurait soupçonnés sans eux.

flG DI3 L’ENSÉlGxXEMENT. — DE L’UNIVERSITÉ.

Ces exemples et ces succès ont empêché de dormir les premiers élus de rUniversité, qui, recrutés dans ees assemblées, en avaient rapporté ce besoin d’applaudissements dont vivent les acteurs qui brillent sur la scène. Il n’est pas un professeur de sixième qui ne se croie chef d’emploi et ne se sente humilié d’avoir à consulter un rudiment. Aussi n’en est-il aucun, tout médiocre qu’il soit, qui n’abjurât ses fonctions et ne renonçât à l’affection de ses élèves favoris pour l’éloge banal d’un feuilleton, ou le suffrage d’un électeur ignorant. « Nos écoles, dit M . de Bonald, onttué les études solitaires que recherche et^qui inspirent le génie. » Qu’eùt-il pensé du jyf'o^ràs qui a signalé la grandeur de notre système d’éducation? Lorsque la démocratie qu’il portait dans son sein eut envahi la France, les maîtres d’école, qu’on avait décorés du titre féodal ddinstituteuy's ijrhnaires^ se constituèrent én un corps d’aristocratie intellectuelle, et se trouvèrent à la tête de toutes les irruptions de barbares sortis des pavés. Sans les vieux instincts de conservation qui détournent encore les sociétés des routes où elles se laissent entraîner, lorsqu’elles aperçoivent, béant à leurs pieds, l’abîme prêt à les engloutir , il eût été curieux de voir les académies et les universités aux prises avec ces vrais enfants de leurs œuvres et ces disciples les plus sincères de leurs doctrines.

L’enseignement public, celui qu’avouent officiellement les gouvernements et que soudoie l’épargne des familles, devrait être élémentaire, uniforme, sympathique à toutes les croyances morales comme à toutes les intelligences. Dès qu’il dégénère en initiation et substitue l’esprit de système à la méthode, il devient corrupteur; et le professeur qui abuse ainsi de l’autorité do

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sa parole, forfait à l’homieur ainsi qu’à sou devoir. Cependant cette profanation du sacerdoce est tolérée dans tous les degrés de la hiérarchie, depuis le dignitaire des quatre facultés, jusqu’au novice échappé de l’École normale qui enseigne à bégayer le grec et le latin. Chacun parle en son nom, substitue sa personnalité à ses. fonctions, compose lui-méme ses formules élémentaires et les impose à ses auditeurs tout surpris do voir

rejeter comme erronés, inutiles et surannés les livres (ju’on lui avait vantés six mois auparavant comme des chefs-d’œuvre.

Le nombre de ces traités clandestins, de ces recueils rectitiés, de ces grammaires remaniées sous la forme d’éditions nouvelles et plus ou moins corrigées, envahit tout le commerce de la librairie scolaire ; leurs titres prétentieux, leurs caractères usés et maculés sont le rebut et l’opprobre de la typogra[)hie. Mais on les vend cher, car l’acheteur n’a ni la liberté du choix ni le temps d’attendre. Il y a d’ailleurs une remise modeste, mais régulière, pour l’auteur; c’est le produit le ]:>l us clair de son cours perfectionné. On cite des libraires qui ont gagné des millions à ce tralic, leipiel a certaine analogie avec les primes d’assurance ({u’oii paye aux brigands italiens ou espagnols aliti de parcourir en sûreté les chemins qu’ils exploitent.

Que dire des abrégés d'histoire ou de philosophie, de médecine ou de droit ({ue tout étudiant doits empresser de consulter s’il tient à comprendre les leçons du professeur, et surtout à mériter son indulgence? Chaque chaire est un comptoir où la reclame s’escompte, au nom de la liberté d’enseignement : exemple de [ihilosophio

industrielle trop sympathique aux mœurs du siècle pou

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être suffisamment apprécié du public. Nous demandons pardon à ce public confiant et crédule de trahir avec si peu de discrétion les secrets du professorat moderne. Celte vénalité n’est qu’une peccadille comparée à ses plus sûres garanties de succès. Sa science consiste à se faire Tardent défenseur des doctrines révolutionnaires, et, au besoin, l’organe ou le flatteur du parti qui s’appuie sur elles. Une fois son crédit bien assis sur cette base, il peut compter sur l’admiration et le dévouement de'ses disciples, et se livrer impunément aux écarts de vanité les plus excentriques.

Nous avons voulu assister au cours d’un professeur des plus renommés de cet âge d’or du professorat, et partager avec ses jeunes auditeurs l’admiration dont toute la presse libérale se faisait Téclio. La salle était comble. D’unanimes ap^ilaudissements saluèrent son apparition. Au profond silence qui suivit son geste impératif nous nous recueillîmes persuadé que Témule de Platon, assuré d’un auditoire attentif, allait lui exposer, avec la suavité calme qui sied si bien à la vérité, ses idées nouvelles, s’il en avait. Mais quel fut notre désajipointement lorsque nous entendîmes l’orateur, dédaigneux de formuler son système et d’en prouver l’excellence, commencer par un déli à ses adversaires absents; passer sans transition de l’ironie incisive et sonore à l’exaltation d’une philosophie sublime mais nébuleuse, et suppléer par un enthousiasme d’emprunt aune démonstration superflue ! Est-ce donc là de l’éclectisme? et le chroniqueur chaleureux avait-il la conscience de ce qu’il croyait enseigner par cet étrange oommentaire du mot éclectique de Socrate : « Ce que je sais le mieux, c’est que je ne sais rien » ?

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Nous en avons suivi im autre qui glosait tous les ans pendant vingt leçons, ni plus ni moins, sur un épisode de l’invasion des Huns dans lequel se résumait l’iiistoire du monde. Hors de ce cadre étroit, mais contenant un horizon sans limite, il n’y avait plus rien, si ce n’est peut-être la vulgarité des faits. xMais quelles réalités ne s’évanouissent pas devant une fiction affirmée hardiment? et comment douter de futilité d’un cours pour lequel une chaire a été créée exqorës à la gloire du talent de se faiie écouter sans se faire comprendre?

Il existait une célébrité dont tout le secret, pour ne pas tomhei’ dans les lieux communs, consistait à choisir son thème dans les pages inconnues de quehjue auteur allemand, anglais ou Scandinave, et à lui appliquer dextrement les règles de la rhétorique, afin d’en mettre en relief les beautés et les nuances imperceptibles, dont nul n’aurait songé à s’enquérir sans cette déc'ouverte. Ce procédé ingénieux a le mérite de revêtir d’une couche <1 étiangeté les banalités les plus nauséabondes; mais il commence à s’user depuis que les cours de belles-lettres de la province en ont fait abus.

JNous n avons pas besoin de nommer ces professeurs connus par leurs succès plus que par leurs méthodes, la plupart enlevés à l’enseignement par la politi([ue, et doublement célèbres. Mais leur tacti([ue est devenue usuelle. Le besoin de paraître neuf a fait déserter tous les chemins battus de la routine et de la tradition. Avec

un peu d’esprit et d’érudition le plus médiocre impose lacilement à son auditoire, plus avide de savoir que de Un a]>borisme sentencieux, une épigramme contl e les vieux pi'éjugés, une allusion aux progrès du siècle et une flatterie suffisent pour le séduire. Plusieurs

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réussissent à moindres frais à se donner un air de profondeur et même un cachet de hardiesse et de générosité.

Ija philosophie et rhistoice sont des sciences dont on peut à la rigueur jalonner la marche et analyser les principes; mais il n’appartient à personne de les façonner à son usage ou de les rapetisser à sa taille. Si rindustiie et l’intérêt ont une action légitime sur les choses matérielles, elles n’ont pas de prise et nul droit sur celles qui relèvent du domaine de l’intelligence; les brevets d’invention n’y ont pas cours ; tout novateur qui s’écarte des vérités morales consacrées par la conscience devient justement suspect; il est coupable, s’il professe publiquement. Les idées nouvelles ne se légitiment qu’après s’être, par une longue et sincère élaboration, assimilées aux lois conservatrices des sociétés.

Tel est cependant le renversement des notions les plus simples du devoir : ce qui aurait été considéré dans tous les temps comme un attentat, a été dans le noire érigé en privilège. Les professeurs patentés enseignent ce qu’ils veulent, et deviennent impunément des corrupteurs publics. On en a vu sous la Restauration exploiter le brevet qu’ils tenaient d’elle pour braver son autorité et calomnier jusqu’à ses intentions. INon contents de se donner cette licence, ils ont prétendu s’en réserver le monopole comme un attril)utde leur titre officiel, et ont contesté à tous les autres citoyens et aux pères do famille eux-mêmes le droit de donner à l’enfance une instruction dont ils n’auraient pas posé les limites ou agréé les résultats.

En Angleterre, j^atrie du protestantisme puritain, tout étranger, tout catholique, tout curé papiste même, peut ouvrir un cours, tenir pension, enseigner les lettres

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et les sciences, sans qu’on s’informe du nombre de ses élèves ou qu’on s’inquiète de sa méthode. Mais en France, pays do chrétienté orthodoxe, ni le pasteur, ni le catholique, ni le simple citoyen, ne peuvent enseigner ce qu’ils savent sans y être autorisés. On ne se borne pas à s’assurer par un examen plus rigoureux de la réalité du savoir d’un candidat que TUniversité n’aura pas légitimé, on s’enquerra comment il a appris ce qu’il sait et à quel titre son maître a osé l’instruire. Nulle part l’éducation n’a été aussi étroite et aussi entravée que dans le pays qui se vante d’avoir donné au monde la liberté, l’égalité et .le progrès. Les conditions les plus puériles sont imposées au savant isolé qui vent communiquer les trésors de sa science inconnue, ou à l’honnête homme obscur qui cherche à rendre l'instruction plus accessible en fondant des écoles moins dispendieuses et plus modestes que les collèges.

Les professeurs oflîciels ont des raisons puissantes pour s’opposer à ce concours illimité : leurs chaires sont des bénéfices , et pour quelques-uns même des sinécures dont l’importance serait compromise si l’on apprenait à s’en passer. C’est surtout ce (jû’on appelle le haut enseignement qui s’èxploite avec le moins de retenue. 11 n’est pas -un professeur ffui n’3^ ait son suppléant, lequel use lui-même delà faculté de se faire remplacer par quelque candidat en expectative des faveurs que le patronage lui promet. On lui en fait une part proportionnée au talent qu’il déploie à prôner le génie de ses protecteurs. Ouant au titulaire, ce 'qu’il soigne avec le plus de sollicitude c’est le revenu attaché au cours qu’on lui a conlié. Quelquefois il en dirige plusieurs, car le cumul est un des privilèges de l’aristocra-

tie des iiiLelligeiices. Il ii’a pas même le frein des hénéficiaires cupides que l’Eglise flétrissait autrefois du nom de simoniaques. Le Collège de France et la nouvelle Sorbonne sont des liefs qui relèvent de sa suzeraineté. Les cours d’apparat qn’on s'y crée font double emploi avec ceux des quatre facultés, et ne sont par conséquent qu’un luxe superflu dans l’enseignement. Mais ce sont des canonicats trop puissamment protégés pour qu’aucune administration soit assez téméraire pour y porter la réforme; et l’on cessera de s’en étonner si l’on considère que le professorat est devenu la candidature privilégiée de la tribune parlementaire, du conseil d’Etat et de la pairie.

Quand il aspire à régenter le monde, le pédagogue le plus obscur croirait perdu le temps qu’il donnerait à solliciter l’intelligence des élèves confiés à ses soins. S’il daigne en . interroger quelques-uns, ce sont les sujets d’élite qui doivent honorer le nom de leur maître en inscrivant les leurs au grand concours. Le reste de sa classe n’existe pas pour lui. La cause de ce délaisse- • ment est évidemment dans cette ambition précoce et surexcitée qu’entretient l’invasion continue du professorat tlans la politique.

Mais un ferment de corruption morale plus actif et plus rebelle encore à toute réforme est celui que recèlent les doctrines et le mode d’enseignement universitaires. Tout le corps enseignant, agrégés ou prétendant à l’être, en est nrofondément infecté. L’absence de toute abnégation religieuse et une soif ardente d’avancement sont les deux incompatibilités les plus radicales d’une profession qui suppose un dévouement sincère et un détachement absolu des intérêts de famille.

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Les professeurs de nos jours ressemblent beaucoup aux orateurs des assemblées délibérantes, ils parlent par la fenêtre pour être entendus de la multitude, et nullement pour élucider les questions qui servent do prétexte à leurs discours. Aussi ne doit-on pas s’étonner que leur enseignement ambitieux dédaigne les chemins battus et se montre toujours novateur, subtil et tranchant.

Il n’existe de méthode rationnelle que celle qui procède du connu à l’inconnu ; et plus l’esprit d’investigation s’éloigne des notions acquises, moins il est propre à servir de guide. Substituer les systèmes à la tradition et les suppositions aux vérités consacrées, c’est agir en sens inverse de toute expérience et de toute progression. L’exemple donné par les hautes classes de philosophie, d’histoire et de belles-lettres a donc interverti l’ordre naturel des études. Au lieu de porter devant elles le modeste flambeau dont la raison dirige les rayons, il a procédé par l’éblouissement et substitué l’aveuglement au'demi-jour, le seul favorable pourtant aux organes de l’intelligence encore dans leur croissance.

Ces professeurs transcendants enseignent pourtant quelque chose, et ce mérite on ne peut le leur dénier, c’est à désapprendre tout ce que l’expérience et le simple bon sens tenaient pour consacré. Iis dissèquent, ils analysent, ils subdivisent les moindres notions en petites spécialités subtilement détinies, dont chacune devient une science distincte et un abîme de nouvelles découvertes qu’on n’avait pas soupçonnées. Pour une chaire qui suffisait autrefois à la démonstration de tous les ]>hénomèiies qui découlent d’un système scienti-

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que ou d’une vérité admise, on en a fait vingt caractérisées par autant de^ noms empruntés aux langues grecque ou tudesque. Il est résulté de ce fractionnement une lumière moins nette peut-être, mais plus con-' » centrée sur chacune des questions que soulève l’étude des matières physiques ou philosophiques, de l’histoire naturelle et de l’histoire proprement dite. Tous ces cadres rétrécis se sont démesurément élargis sous .la l)aguette magique du professeur, et chacun de ces cours embrasse l’universalité des connaissances humaines ; de sorte qu’il n’y a plus de limite dans l’enseignemenl, et que tous empiètent sur les vérités limitrophes, sous prétexte qu’il n’y en a point d’absolument isolées.

Il y a des étud3S, telles que celle de l’histoire, qui semblent incompatibles avec l’esprit systématique. Ceuxhi seuls la comprennent qui n’ont pas besoin qu’on la leur explique. £t cependant combien de sophistes, dans leurs cours et dans leurs livres, ont essayé do l’assouplir à l’usage des partis et des erreurs qu’ils se sont chargés de soutenir ! A voir celte multiplicité de chaires richement dotées pour le débit des hérésies les plus hétéroclites contre les faits avérés et les vérités traditionnelles, on pourrait croire que la confusion est devenue un moyen de gouvernement, et que le progrès dans renseignement consiste à ce qu’il n’y ait ni règle, ni ensemble, ni conscience.

Est-il surprenant, après tout, que la confusion qui est dans les choses ait passé dans le langage? Trompée par les lueurs équivoques qui s’élèvent de la fange, toute une génération, enivrée par les sophistes de la llévolution, s'imagine marcher vers un l^lden mysté-

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rieux, ignoré des siècles écoulés ; elle se persuade qu’appelée à le conquérir, il lui suffit de ne plus se reiourner vers le passé, d’avoir foi dans les ténèbres et de fouler aux pieds ce que ses pères ont adoré. A entendre ces sycopliantes de la perfectibilité, à qui ont été révélées les dernières destinées de la race d’Adam, on se reporte involontairement à ces siècles de l’ère chrétienne où l’on croyait toucher à la fin du, monde; avec cette seule ditférence que, douée d’une crédulité égale, la génération, qui n’a pas foi au jugement dernier, se livre aux illusions de l’orgueil, imposteur plus prestigieux que la crainte.

A cette époque les peuples que la civilisation avait visités étaient tous en décadence. Du Nord et du Midi des invasions de barbares apportaient la désolation dans les champs et le découragement dans les cités. Les ravages de la peste et de la guerre, la chute des empires, la terreur, plus grande encore que la souffrance, tout concourait à donner aux sinistres prophéties des livres saints une elfrayante actualité. Aujour- <riiui que les mêmes fléaux ont châtié les nations et que les mêmes perturbations bouleversent les esprits, n’esL-il pas plus surprenant encore qu’au lieu de gémir sur leur misère et-de déplorer leurs erreurs, les hommes s’obstinent à ii'y voir que le triomphe de leur perversité et l’aurore d’une félicité sans bornes? Prodige d’orgueil et d’aveuglement de ne signaler dans la société tout en décomposition qu’une régénération glorieuse, et de se plaire dans sa dégradation!

Nous assistons au même spectacle donné au monde à toutes les épocpies de décadence. Le mépris des lois et les fluctuations du pouvoir n’en sont pas les symp-

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tomes les plus menaçants, mais bien la corruption des esprits et le règne des sopliistes. Même dég^énération dans la philosophie et dans les lettres. Partout les mots ^ estimés plus què la pensée, et les formes substituées

aux choses, la pompe prise pour la richesse et le dédain de la règle pour l’invention. Même iatolérance dans l’engouement qu’inspirent aux esprits bornés les succès de la médiocrité et la dépravation du goût. Tout ce qui fronde les idées reçues passe pour l’indépendance ^ du génie. Accuser l’indigence de la nature et le pédantisme de la règle est une tactique de vieille date qui sera toujours au service de l’impuissance. Nul ne s’avise, sous l’affectation de la bizarrerie, de reconnaître l’indigence de la pensée et l’absence de l’inspiration; ou, sous la broderie académique de nos éclectiques et de nos panthéistes, la friperie des écoles dégénérées de l’antiquité déjà rapiécée par les scoliastes du Bas-Empire et les sophistes de tous les temps qui, prenant leçon d’Isocrate, firent trafic d’éloquence et de philosophie.

Notre âge ne l’emporte sur les siècles passés que par un seul point, c’est qu’il donne hardiment pour un signe de progrès social cet abâtardissement de l’art. Voilà ce qui doit faire désespérer de l’avenir des lettres françaises; car on n’éprouve ni assez de dégoût ni assez d’indignation à l’appel fait ouvertement par des 'écoliers sans vergogne et des publicistes de comptoir, à la multitude des envieux et des sots; et cet appel, comment peut-il trouver écho? C’est que les sots et les envieux se persuadent volontiers qu’il y a progrès lorsqu’on immole à leur fatuité les supériorités qui les humilient.

Rendons toutefois ce témoignage aux maîtres de l’école sophistique moderne : ils n’ont pas assez de con-

COitKÜt-TIÜN SYSTËxVïAjL'iUU 8 i3Ë L’ÉDUCÀTIOiV

fiance dans leur dogmatisme pour le dégager du contact de quelques vérités abstraites, ouïe produire sans déguisement. Jls affectent la forme sentencieuse et l’obscurité des oracles. Cette tactique se résume assez heureusement dans quelques axiomes tels que ceux-ci :

Périssent les colonies plutôt qu’un principe ‘ î

Rien de méprisable comme un fait^.

C’est sous ce langage profond et solennel que se glissent la glorification des crimes révolutionnaires et la négation des vérités consacrées. Les uns ont leur excuse dans la vertu de leur cause, et les autres ne sont que des préjugés.

On est arrivé ainsi à rudimenter les passions, à numéroter les droits de l’homme et à professer la politique. Mais tout cet appareil s’écroule devant le succès ; elles sophistes ne sont pas plus tôt parvenus à s’emparer de la société, qu’elle échappe de leurs mains. Le despotisme se charge d’achever les ébauches de la démocratie, et la force brutale, de réaliser les rêves humanitaires. Les peuples se rient delà philosophie décontenancée de ces pédagogues qui, désenchantés mais non corrigés, s’évertuent à élever des digues au milieu du torrent qui les emporte. L’esprit de secte, immuable dans son imprévoyance, continue de peser de tout le poids de sa raison transcendante sur la raison universelle et le bon sens instinctif du genre humain.

Paris est encore debout sur ses catacombes, ce qui semble autoriser, mais ne justifie pas ses admirations et sa-confiance dans tout ce qu’il a vu, enfanté et subi d’architectes de démolition sous la forme de législateurs, de

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