DIAGNOSTIC
C'est surtout à l'époque des prodromes qu'il est important et difficile de reconnaître la variole, spécialement dans la pratique de la médecine des enfants. Il faut alors puiser des indications diagnostiques dans l'existence de la vaccine, dans la possibilité de la conîagion, dans l'épidémie régnante, et dans l'examen minutieux de la surface de la peau.
La variole débute par une foule de symptômes qui lui sont communs avec un certain nombre de maladies et qui laissent le médecin
dans l'incertitude jusqu'au moment de l'éruption. Néanmoins un appareil fébrile, intense, débutaut presque toujours brusquement, accompagné de vomissements bilieux, et surtout de douleurs lombaires, doit faire soupçonner une variole plus que toute autre affection. Les maladies qui offrentle plusde rapport avec la petite vérole, sont la rougeole, la scarlatine, la méningite , et la fièvre typhoïde. On différencie une variole :
1° D'avec la rougeole, par le coryza, la voix rauque, la toux férine et saccadée, qui sont des symptômes que l'on ne trouve pas dans la variole ; puis dans la rougeole, au moment de l'éruption, on voit de petites taches d'un rouge foncé, irrégulières, peu saillantes, affectant ordinairement la disposition semi-lunaire.
2° Dans la scarlatine, on trouve de l'angine pharyngée; les amygdales sont d'une couleur pourprée, ainsi que l'isthme du gosier et la langue : la respiration est gênée, et on observe souvent des accidents cérébraux ; l'éruption se dénote tantôt par de petits points d'une teinte écarlale, très-irréguliers et comme granités, tantôt par des taches rubéoliques formant de larges plaques. Celles-ci laissent entre elles des espaces où la peau conserve son état normal, ou bien elles sont tellement rapprochées qu'elles se confondent; il semble alors que tout le corps ait été barbouillé avec du jus de framboise. La desquamation a lieu par lamelles étendues, surtout aux pieds et aux mains; l'épiderme tombe quelquefois aux doigts, comme si l'on retirait un doigt de gant, et la langue se dépouille assez souvent de son épithélium. Quant au lumbago, il existe dans ia scarlatine comme dans la variole, mais avec beaucoup moins d'intensité.
3° On peut facilement, chez l'enfant, prendre une variole commençante pour une méningite, une encéphalite, mais l'éruption vient bientôt dissiper l'erreur et éclairer le diagnostic. L'on ne pourra p?s la confondre avec la fièvre typhoïde, si l'on pense qu'au début de cette maladie, on observe une céphalalgie frontale, de la diarrhée,
du méléorisme au ventre, des épislaxis, et du gargouillement dans la fosse iliaque droite.