‹ De la variodermite (variole) et de son traitementChapitre 9 sur 12 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Pour porter un pronostic sur la variole, il faut être extrêmement attentif: bien des choses sont à examiner avant de se prononcer. Le pronostic se déduit de la forme de la maladie, de sa marche, de 6es complications, de l'état particulier du malade, et selon que la maladie est ou n'est pas épidémique.

La gravité de la petite vérole est en raison directe du nombre des pustules : on a calculé que, dans la forme discrète, la mortalité était de 11 sur 60 malades, et de deux cinquièmes dans la forme confluente. C'est surtout quand les pustules aboutissent à la face qu'elle devient fort grave, car on doit craindre une affection cérébrale.

La variole discrète n'est grave que lorsqu'il se montre quelques complications, et, dans cette circonstance, elle est presque toujours mortelle. La persistance de la fièvre et son augmentation après l'éruption sont encore des circonstances fâcheuses qui doivent donner des inquiétudes sur l'heureuse terminaison de la maladie. La grossesse chez la femme atteinte de variole doit faire présager une issue funeste pour la mère et surtout pour l'enfant , car il arrive alors, dans l'immense majorité, des cas, que l'avortement ou l'accouchement prématuré a lieu, et que la malade succombe. Dans l'épidémie de Paris de 1825, qui compta 1294 victimes, Serres observa que, sur 27 femmes enceintes qui eurent la petite véroie, 22 avortèrent et moururent; une seule n'est pas morte après l'avortement, et 4 n'avortèrent point et guérirent.

Une faible constitution, l'âge avancé, les saisons froides, une température élevée, la dentition , etc., sont autant de circonstances qui peuvent avoir une influence plus ou moins fâcheuse sur la marche et la terminaison de la variole; l'affaissement subit de pustules, ue

même que leur disparition, sont d'un très-mauvais augure. Quand la maladie règne épid'miquement, les pronostics sont beaucoup plus graves ; car, à la gravité des symptômes, il faut ajouter la malignité du génie épidémique. On doit encore indiquer, comme signe fâcheux, le délire survenant à une période voisine du début , le développement précoce de l'éruption, la petitesse des pustules, leur forme aplatie, une sérosilé remplaçant le pus. Les taches cendrées, violettes, noirâtres; les ecchymoses, les pétéchies et les hémorrhagies passives, indiquent presque toujours une altération funeste du sang et une mort prochaine.

Boerhaave, Van Swielen, Sydenham, considèrent l'éruption lente et régulière, la salivation, le gonflement de la face, des pieds et des mains comme de favorables augures.

Quelques organes, et en particulier la vue, peuvent être atteints par la variole , et on a vu des sujets rester aveugles à la suite de l'ulcération de la cornée.

Nous terminerons le pronostic en disant que la variole peut récidiver et atteindre des sujets déjà vaccinés, mais la terminaison heureuse en est presque toujours la suite. Amatus Lusitanus est le premier qui ait observé, durant l'épidémie d'Ancône, en 1551, des malades frappés deux fois de la petite vérole; depuis, Frédéric l'eker et Borel citent des exemples de femmes qui ne succombèrent qu'à la septième ou à la huitième atteinte de cette maladie.

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