Traité des Sens, p
« être beaucoup plus d'esprit qu'un autre que pour « avoir fait, dans sa première enfance, un plus « grand et plus prompt usage de ce sens '. »
Gall a mis fin à toutes ces méprises de jugement, à tous ces abus de langage ; il a rendu au cerveau ses droits; il a réduit les sens à leurs limites. On remarquera que tous les auteurs que je viens de citer, et il en est de même de tous ceux que je ne cite point, passent immédiatement de l'action des sens à celle de l'esprit; tous franchissent le cerveau.
Par exemple, Condillac, que je citais tout à l'heure, après avoir dit: « Le principal objet de « cet ouvrage est de faire voir comment toutes nos « connaissances et toutes nos facultés viennent des « sens, » ajoute aussitôt, et avec bien de la raison : « ou, plus exactement, des sensations, car, dans a le vrai, les sens ne sont que cause occasionnelle. « Ils ne sentent pas ; c'est l'àme seule qui sent à « l'occasion des organes ^. »
Les sens et l'esprit ont donc chacun leur rôle à part, leur action propre, et Condillac s'exprime très-bien ; mais de l'action du cerveau, pas un mot.