‹ De la vie et de l'intelligenceChapitre 146 sur 229 · Ibid., t. VIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. VIII, p

3 Jhid., t. I, p. 34i.

développer en mison directe de i'iiiielligence, la plupait se développent en raison inverse. Le goût, l'odorat, sont plus développés dans le quadrupède que dans l'homme; la vue, l'ouïe, le sont plus dans l'oiseau que dans le quadrupède. Le cerveau seul se développe partout en raison de l'intelligence. La perte d'un sens n'entraîne point la perle de l'intelligence. Elle survit au sens de la vue, à celui de l'ouïe; elle survivrait à tous. Il suffit d'interrompre la communication d'un sens quelconque avec le cerveau, pour que ce sens soit perdu. La seule compression du cerveau, qui abolit l'intelligence, les abolit tous. Loin donc d'être les organes de l'intelligence, les organes des sens ne sont même organes des sens, ils n'exercent ces fonctions même d'organes des sens que par l'intelligence, et cette intelligence ne réside que dans le cerveau '.

Le cerveau seul est donc l'organe de l'âme, et de l'âme dans toute la plénitude de ses fonctions : il est le siège de toutes les qualités morales comme de toutes les facultés intellectuelles, de la folie comme de la raison ; il est le siège de toutes les perceptions, car aucune perception ne se fait dans les sens, de tous les penchants, de tous les instincts,

\. Voyez mou livre iulitulà Examen de la phrénologie, p. 13 et suiv. {3» édition).

15i GALL.

(le toutes les aptitudes iuduslrielles, car, connue le dit très-bieu Gall, ce n'est pas de la queue du castor que vient l'inslinct de bâtir, ni des pieds ou du bec de l'oiseau que vient l'instinct de construire un nid, etc.

En résumé, Gall a ramené le moral à Y intellectuel; il a ramené les qualités morales au même siège, au même organe que les facultés intellectuelles; il a ramené la folie au même siège que la raison, dont elle n'est que le trouble ; il a retranché aux sens tout ce qu'on leur accordait de trop ; il a rendu au cerveau tout ce qu'on lui ôtait à tort ; en un mot, il a restitue au cerveau tout son domaine.

Et c'est là ce que j'appelle le vrai, le grand titre de Gall dans nos sciences. Malheureusement, après avoir tout ramené au cerveau par une généralisation, admirable s'il l'eût entendue, il découpe et décompose tout, de nouveau, par le plus bizarre de tous les systèmes. Il ne veut pas d'une intelligence positive et une, et il fait autant d'intelligences particulières, individuelles, indépendantes, existantes par elles-mêmes, qu'il y a de facultés, de modes, de moyens d'action, dans l'intelligence ; et encore n'estce pas tout : après avoir ainsi découpé l'intelligence en petites intelligejices, il découpe de même le cerveau en petits cerveaux; il fait autant de petits cer-

veaux qu'il suppose de lacullés distinctes ; pelits cerveaux, à la vérité, que personne n'a jamais vus, et dont lui-même, lui qui avait tant étudié le cerveau réel et l'a si bien connu, lui qui avait lant d'intérêt à les trouver, s'ils eussent existé, lui qui les a cherchés pendant trente ans, n'a jamais pu découvrir un seul.

Mais j'ai assez dit ailleurs ' ce que je pense de la phrénohgie pour n'y pas revenir ici.

t. Voj'ez mon livre intitulé Exumen de la phrénologle.

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