DU POINT OU NŒUD VITAL DE LA MOELLE ALLONGÉE
Je disais, dans un mémoire présenté à l'Académie en 1827', que ce point, que le nœud vital de la moelle allongée, avait trois ligues à peine d'étendue, et je croyais alors beaucoup dire.
Je puis dire aujourd'hui" beaucoup plus : il a à peine 2ine ligne.
J'ai fait représenter, sur deux figures^ de cerveau, l'une de cerveau de chien, l'autre de cerveau de lapin, les deux liinites, supérieure et inférieure, du point vital, telles que me les donnent mes dernières expériences.
La limite supérieure pa~se sur le trou borgne; la limite
1. Voyez \eComple-Rendii des séances de l'Académie des sciences, séance du 27 octobre 1831.
2. Voyez mes Recherchen eiyérimenlale.i sur les proprxetfj et les (onctions du système nerveux, p. 204 (2e édition).
3. Je présentais ces figures à rAcadémie, t'u même temps que je lui com mMni((nais ce Mémoire.
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inférieure passe sur le point de jonction des p'jramidiS postérieures : entre ces deux limites est \% point vital; et, do l'une de ces limites à l'autre , il y a à peine une ligne.
Je fais souvent l'expérience en procédant par des sections transversales.
Si la section passe en avant du trou borgne, les mouvements respiratoires du thorax subsistent.
Si la section passe en arrière du point de jonction des piiramides, les mouvements respiratoires de la face (le mouvement des narines et le bâillement) subsistent.
Si la section passe sur la pointe du Vde substance grise, inscrit dans le V des pyraynides ou bec de plumer , les mouvements respiratoires du thorax et de la face sont abolis sur-le-champ et tout ensemble.
Je fais souvent aussi l'expérience d'une autre manière.
Je me sers d'un petit emporte-pièce dont l'ouverture a à peine 1 millimètre de diamètre.
Je plonge cet eniportc-pièco dans la moelle allongée, en ayant bien soin que l'ouverture do l'instrument réponde au V de substance grise, et l'embrasse. J'isole ainsi, tout d'un coup, le point vital du reste de la moelle allongée, des pyramides, des corps restiformes, etc., et, foui, d'un coup, les mouvements respiratoires du tronc et les mouvements respiratoires de la face sont abolis.
J'ai faitreprésenter, sur les deux figures de cerveaux que je rappelais tout à l'heure, un petit cercle qui embrasse la pointe du V de substance grise.
1. » Constamment, dit M. Criivftilhier, dans son excellent Traité d'ana- <i lomie (tome, IV, p. 238, 2e édition), on renconfro un petit V de siib- « stance cornée, inscrit dans le V qui résulte de la bifurcation du bidbe. r
Ce polit cercle marque à la fois e.l la véritable place , et la véritable étendue du point vital.
On voit que ce point, premier moteur du mécanisme respiratoire, et nœud vital du système nerveux (car tout ce qui, du système nerveux, reste attaché à ce point, vit, et tout ce qu'on en sépare, meurt ), n'est, ainsi que je r.,i répété bien des fois, pas plus gros que la tète d^ine épingle.
C'est donc d'un point qui n'est pas plus gros qu'une tête d'épingle, que dépend la vie du système nerveux, la vie de ranimai par conséquent, en un seul mot, la vie.
Les physiologistes m'ont souvent demandé de leur indiquer par un terme anatomique la place précise du point que je nomme le 2)oint vital.
Je leur réponds : la place du point vital est la place marquée par la pointe du V de substance grise *.
1. Sur le cerveau du ckien, l'origine du nerf pneumo-gastrique est 3 milimètres au-dessus du point vilal. Sur le cerveau du lapin, l'origine du nerf pneumo-gastrique est 3 millimètres au-dessus du point aital.