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Comples-Rendus, séance du 3 mars iSSG.p

j'ai provoqué l'inflammation du tendon d'Achille par des pi.^ùres et des coupures; et tout cela, bien entendu, sans le moindre sii^ne dedoitteur ni de sensibilité.

Au bout de huit jours, j'ai trouvé, du moins en général, le tendon rouge, grossi, enflammé; je l'ai pincé alors, et toutes les fois que les signes d'inflammation étaient manifestes', les signes de douleur et de sensibilité l'ont é:é aussi.

J'ai répété ces expériences à plusieurs reprises, et par séries successives d'animaux opérés ensemble; je ne reproduirai ici que deux de ces séries.

Dans la première, sur six cochons d'Inde, dont le tendon d'Achille avait été soumis aux irritations indiquées, quatre ont manifesté nwQ sensibilité très-vive, chaque fois que leur tendon, rouge et tuméfié, a été pincé^.

Dans la seconde série, sur cinq cochons d'Inde, à tendon d'Achille préalablement irrité, quatre ont manifesté la plus vive douleur, chaque fois que le tendon a été pincé*.

Pour avoir simultanément sous les yeux les deux effets opposés qui nous occupent, j'ai fait mettre à nu, sur ces quatre animaux, le tendon sain et le tendon enflammé. Une plaque de verre a été placée ensuiîe sous chacun de ces deux tendons pour l'isoler complètement des parties voisines et sous-jacentes.

1 . Ou m'ont paru tels. Ea effet, il y a ici qiielq'ie difHculté ^our bien jnger de l'état du tendon après une irritation préalable : si l'inflammation n'est pas encore née, bien qu'il soit déjà tuméfié, il n'y a pas douleur; et si l'inflamniation commence à s'éteindre, il n'y a pins douleur.

2. Les dftuî autres cochons d'Inde ont été impassibles. Voyez la note précédente.

3. Le cinquième cocbou d'Inde a été impassible. Voyez la note 2 de la page précédente.

Après quoi on a pincé, piqué, coupé, brûlé avec racide nitrique, avec l'acide sulfuriquc, le tendon sain, et Taniinal n"a ni crié ni bougé. On a pincé le tendon enflammé, et, à chaque pincement, l'animal a jeté un cri. C'était une chose frappante, et une épreuve bien décisive que cette comparaison immédiate, que cette impassibilité absolue de l'animal, tant qu'on n'agissait que sur le tendon normal et sain, et que les mouvements impétueux , les cris de ce même animal dès qu'on agissait sur le tendon. malade.

Le fait est donc démontré : le tendon sain est dépourvu dasensibililé, et le tendon enflammé a une sensibilité trèsvive.

§ m. — De la sensibilité de la (lure-inère, des ligaments et du périoste.

On vient de voir que les tendons, qui sont complètement insensibles à l'état normal, prennent, ou plus exactement, manifestent une sensibilité très-vive à l'état d'irritation ou d'intlammation '.

Après m'è;re bien assuré de celte loi physiologique, qui dissimule ou cache la sensibilité dans le tendon à l'état sain, et qui l'y démasque à l'état malade, je me suis occupé de la dure-mère.

Sur l'insensibilité de la dure-mère, Haller n'est pas moins absolu que sur celle des tendons. Il dénie à la duremère toute espèce de sensibilité.

« J'ai fait plus de cinquante expériences, dii-il , sur la « dure-mère Elles ont toutes réussi avec la même évi-

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