Caractères des deiu vies
Les deux vies étant posées, ce qui importe d'abord c'est de chercher les caractères qui les distinguent. Il y en a d'aualomiques et de physiologiques. Bichat n'eu omet aucun.
Le premier des caractères anatomiques est la symétrie des organes de la vie animale et Xirrégularité de ceux de la vie organique ; le premier des caractères physiologiques est la continuité iVaction de la vie organique et Y intermittence cVaction de la vie animale ( et ceci nous rappelle tout à fait Buffon); puis viennent les différences des deux vies par rapport au mode d'action propre de leurs organes, Yharmonie dans les organes de la vie animale^ et la discordance (c'est Bichat qui parle) dans ceux de la vie organique; puis les différences de V habitude sur les deux vies, la vie animale qui se modifie par \ habitude, etla vie organique qui (selon Bichat) ne se modifie point ; puis les différences des deux vies par rapport au moral, la vie animale,
source de tout ce qui appartient à Yenlnulewenf , la vie organiqup., source (suivant Bichal ) de tout ce qui appartient à la passion; puis les différences des deux vies par rapport aux forces vitales, sujet bien autrement important que tous ceux qui précèdent, et qui méritera, à lui seul, un examen trcsapprofondi .
Je ne veux, en ce moment, que jeter un coup d'œil rapide sur les quatre ou cinq autres caractères distinctifs qui viennent d'être indiqués, et voir si chacun, pris à part, se rapporte aussi exclusivement que le croit Bichat, soit à l'une, soit à l'autre de ses deux vies.
Il est impossible, d'abord, de n'être pas frappé de Telfort que fait Bichat pour trouver des caractères qui tranchent et qui contrastent; et comme ils contrasteront d'autant plus qu'ils seront plus absolus, Bichat les pose toujours absolus : tout est syviétrique dans la vie animale, et tout irrégulier dans la vie organique ; tout est inlenn ittent dans la vie animale, et tout continu dans la vie organique ; tout est harmonique dans la vie animale, et tout discordant dans la vie organique; tout est soumis à Y habitude dans la vie animale, et tout y est rebelle dans la vie organique; et ainsi du reste.
Cependant, si nous en venons à une appréciation
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sérieuse et un peu étendue, nous trouverons, dans tout cela, bien des mécomptes.
Je prends le premier des caractères différentiels posés par Bichal : la symétrie des organes de la vie animale et V irrégularité de ceux de la vie organique.
« La plus essentielle des différences qui distin- « guent, dit Bichat , les organes de la vie animale « de ceux de la vie organique, c'est la symétrie des « uns el l'irrégularité des autres '. »
Et en effet, à ne considérer que la vie animale^ rien de plus vrai ; tout j est par paires ou symétrique, tout y est double : il y a deux yeux, deux oreilles, deux nez ou deux narines séparées par une cloison moyenne, etc.; il y a deux mains, deux pieds, deux bras, deux jambes, etc.; il y a deux cerveaux ou deux hémisphères, l'hémisphère droit et l'hémisphère gauche; deux moelles épinières ou deux moitiés de moelle, la moitié droite et la moitié gauche; tous les nerfs de la vie animale naissent par paires, ou sont syméiriques, sont doubles, etc. Les anciens physiologistes savaient toutes ces choses, et les savaient bien : ils tiraient, de la tête aux pieds, une ligne médiane- qui séparait le corps