Un ruphé général coustitue un plan réel de séparation
en deux moitiés latérales parfaitement semblables ; celui-là ^m'tout les savait bien qui a écrit le livre : De l'Homme droit et de l'Homme gauche . — De homme dextro etsinislro.
Mais, tout est-il irrégulier dans la vie organique, comme le dit Bichat? ou plutôt, et malgré lout ce qu'il peut dire, les reins, les poumons, les organes sécréteurs du lait, ceux de la salive, des lurines, Vappareil générateur, tous ces organes ne sont-ils pas exactement et manifestement symétriques?
Conmient Bichat peut-il dire que le cœur « n'offre « aucune trace de symétrie ' ? » Le cœur se compose de deux cœurs : le cœur droit et le cœur gauche, et chaque cœur Ae deux cavités, une oreillette et un
« entre les deux côtés du corps On trouve entre les deux
« cuisses le raphé proprement dit... Hippocrate connaissait la « ligne médiane de la langue ; la mâchoire inféiieure reste long- « temps di\asée vers le menton;... le palais a sa ligne depuis les « deux incisives supérieures jusqu'à l'extrémité de la luette : les M maxillaires sont unis dans la même ligne ; les narines y ont « leur cloison; le nez n'est que l'union latérale de deux tuyaux « ou des deux narines adossées;... le front reste longtemps « divisé ; tout le monde connaît la suture sagittale, ainsi que la « faux, le corps calleux;... la moelle allongée et la moelle épitt nière ont leur corps calleux... » (Bordeu, Recherches sur le tissu muqueux, p. 753 et 754, édition des Œuvres de Bordeu, par Richerandj. « On a considéré le corps vivant comme étant formé « de deux moitiés égales et symétriques, adossées, et, pour ainsi « parler, collées vers son axe... » (Ibid., p. 801). 1. Page 13.
■2S JUFFUN.
venir iculc. Cf qui l'ait la différence delà symétrie An cœur par rapport à celle des poumons ou des reins, c'est qu'il est symétrique en lui-même, c'est-à-dire complet , et que ses deux moitiés sont réunies ensemble.
« Il va des os, dit \\ iuslow, qui seuls sont symé- « triques, c'est-à-dire qui ont une certaine récipro- H ci lé de côté et d'autre... Ces os sont impairs et a placés dans le milieu (jui distin^rue la partie droite « du corps de la partie gauche. Tous les autres os, « pris séparément, n'ont point de symétrie; mais « chacun d'eux, pris avec celui qui lui répond de « l'autre côté, fait une figure régulière : ces os sont a pairs et placés à droite et à gauche *. »
Ce que WinsloAv dit des os, il faut le dire de tous les autres organes, et particulièrement du cotur.
J'examine donc le cœur sous ce nouveau point de vue, et je ne me borne plus à une seule espèce, à Y homme y comme l'a fait Bichal : j'étudie le règne animal entier.
Or, à consulter ainsi le règne animal entier, je trouve tantôt un seul cœur, tantôt deux, tantôt trois ou un plus grand nombre ; et, pour chacun de ces CHS, voici la règle.
I. El jni'iitloii iinfitniniiinp de la strw-ture du corjix hutuoin [Du ■viu'ilrfic et dis ux fil (jàiérnl).
BLFFOiN. â'J
Toutes les fois que les divers cœurs soûl réunis en une seule masse, cette masse est placée sur la ligne médiane. Dans l'homme, dans les mannnifères, dans les oiseaux, où les deux cœurs ne sont séparés que par une cloison commune, le cœur est placé sur la ligne médiane.
Toutes les fois qu'il n'y a qu un seul cœur, il occupe la même place, il est situé sur la même ligne, que lorsqu'il y en a deux réunis en un.
Le cœur unique des poissons est placé sur la ligne médiane.
Dans les mollusques céphalopodes, il y a deux cœurs pulmo7iaires, séparés, distants l'un de l'autre, et ils sont latéraux; il n'y a qu'un cœur aortique, et il est médian.
Dans les insectes enfin, où il n'y a plus, pour dernier vestige de cœur, que le vaisseau dorsal, ce vestige de cœur, ce vaisseau dorsal est toujours placé sur la ligne médiane.
Du cœur je passe au foie, et je consulte toujours le règne animal entier.
Le foie est symétrique dans les oiseaux, et s'y compose de deux moitiés latérales.
Il est symétrigue dans le crocodile ; il Test, à peu de chose près, dans les mollusques céphalopodes, etc.
30 li Ll F F U >'.
La rate elle-inème n'échappe pas entièrement à la stjmétrie, car elle est placée sur la li^ne médiane dans les oiseaux ; elle est multiple dans le marsouin, etc.
Le pancréas est multiple dans les poissons.
Le canal digestif est placé sur la ligne médiane, dans la lamproie '.
Ainsi donc, à considérer le règne animal entier, c'est-à-dire à considérer l'ensemble des espèces pour chaque organe, la symétrie forme, même pour les organes de la vie organique, la loi générale -.
L'irrégularité des organes de la vie organique n'est donc pas un caractère rigoureux, absolu, qui touche à ïessence, qui décide seul de la nature ' et des fondions d'un organe; et j'en dis autant de tous les autres caractères donnés par Bichat, sans excepter même le plus important de tous, celui de Y intermittence d'action dans la vie animale et de la continuité d'action dans la vie organique; car enfin
1. Où n'étant pas plus long que le corps, il n'est pas contraint (le se replier et de se contourner sur lui-mému.
2. Voyez, sur toute cette question de la .v/metrie des onjanes vitaux , mes Mémoires danatomie et de physiologie commrées Paris, 1844.
3. J'indiquerai, dans un autre chapitre, à propos des forces vitales, les caractères qui touchent à Yessence et décident de la nature des organes.
la digestion est une fonction de la vie organique, et cependant la digestion n'est pas continue : elle ne s'opère que par actions alternativement reprises et suspendues.
Bichat fait du sommeil, et avec beaucoup de raison, un caractère de la vie animale. « Le sommeil «dérive, dit -il, de cette loi de la vie animale « qui enchaîne constamment dans ses fonctions « des temps d'intermittence aux périodes d'ac- « tivité, loi qui la distingue d'une .manière spé- « ciale d'avec la vie organique : aussi le sommeil « n'a-t-il jamais sur celle-ci qu'une influence indi- « recte, tandis qu'il porte tout entier sur la pre- « mière '. »
Ainsi donc, la vie animale est la seule qui se repose, qui dorme, et la vie organique n'a ni repos ni intermittence. Cela est-il bien sur?
Sans doute, si l'on entend par sommeil : interruption complète, le cœur et les poumons ne dorment jamais ; et cependant n'y a-t-il pas une respiration et une circulation de sommeil., comme une respiration et une circulation de veille ? Durant le sommeil, la respiration est plus haute, les inspirations sont moins fréquentes, la circulation plus lente, le pouls plus faible et plus adouci, etc., etc.