Essay on vital motion in animais. Édimh
Vâme serait donc divisible^ car Yirritabilitè subsiste dans les parties coupées et divisées.
a Nous ne pouvons nous empêcher, lui dit-il, de sentir notre âme et d'être convaincu qu'elle reste « en entier après la séparation d'undoigt, snnsqu*auc( cune colonie en soit partie pour animer ce doigt « et pour y exciter des mouvements à l'occasion « des irritations. L'âme de ce doigt , qui n'est c( plus la mienne, et dont je ne sens plus les sensa- « tions, sera sûrement, dans Topinion de M. Whytt, « une portion d'âme entièrement séparée de celle « qui m'anime *. »
Ce premier adversaire, Whytt, raisonnait très-mal; mais du moins était-ce un adversaire digne d'Haller. Il n'en fut pas de même du second.
Je veux parler de ce fou de La Meltrie, de ce drôle de corps, de ce monomaniaque de matérialisme. Il s'empara de rim^aftiZîté; prétendit l'avoir découverte ; écrivit son livre stupide : U Homme-Machine; et, pour comble d'effronterie, dédia ce livre à Haller.
Haller eut le tort de prendre trop au sérieux de telles sottises. Il allait même s'abaisser jusqu'à répondre à La Mettrie, lorsque fort heureusement
1. Mémoires sur la nature sensible et irritable des parties du corps animal, t. IV, p. 121.
(fort heureusement pour la dignité d'Haller), La Mettrie mourut *.
La mort de Timpudent n'apaisa pas le grand homme : « Feu M. de La Mettrie, » dit Haller, et cela dans son beau Mémoire sur Y irritabilité^ « a fait « de rirritabiiité la base du système qu'il a pro- « posé contre la spiritualité de l'âme : après avoir « dit que Stahl et Boërhaave ne l'avaient pas con- « nue, il a le front de s'en dire l'inventeur; mais « je sais par des voies sûres, qu'il tenait tout ce « qu^jl pouvait savoir là-dessus d'un jeune suisse « qui sans être médecin, et sans m'avoir jamais « connu, avait lu mes ouvrages et vu les expérience ces de Tillustre M. Âlbinus : c'est là-dessus que La « Mettrie a fondé ce système impie, que ses expé- « riences mêmes servent à réfuter. En effet, puisque « l'irritabilité subsiste après la mort, qu'elle a lieu « dans les parties séparées du corps et soustraites à « l'empire de l'âme, puisqu'on la trouve dans toutes « les fibres musculaires, qu'elle est indépendante « des nerfs, qui sont les satellites de l'âme, il paraît « qu'elle n'a rien de commun avec cette aine,
1 . Voltaire raconte cette mort en termes très-dignes du personnage : « Ce La Mettrie, cet homme-machine, ce jeune méde « cin, cette vigoureuse santé, cette folle imagination, tout cela « vient de mourir pour avoir mangé, par vanité, tout un pâté « de faisan aux truffes. » (Lettre du 13 novembre 1751.)
« qu'elle en est totalement différente, en un mot, « que rirritabilité ne dépend point de Tâme, et « que par conséquent Tàme n'est point l'irrita- « bilité *. »
1. Mémoires sur la nature sensible et irritable des parties du corps animal, t. I*', p. 90.