‹ De la vie et de l'intteligenceChapitre 108 sur 163 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

I. — De son livre, intitulé : Nouveaux éléuents de la science de Phomme.

La physiologie compte peu de livres qui aient demandé plus de force de tête que les Nouveaux éléments de la science de l homme de Barthez. L'auteur n'avait ni le talent, ni le goût des expériences, et c'est pour cela qu'il nous a été d'une utilité moins sensible, car la physiologie est essentiellement une science expérimentale.

Barlhez s'est très-bien jugé lui-même, tout en donnant à son tour de génie une préférence, qu'il est assez naturel, en pareil cas^ que chacun se donne. « Un homme, doué de la force de jugement <K et de la sagacité nécessaires, peut, dit-il, contri- « huer beaucoup plus aux progrès réels d'une < science de faits, que celui qui est principalement « occupé à ajouter à cette science par des tenta- « tives expérimentales *. »

La première édition des Nov/veaux éléments de la science de Vhomme parut en 1778. Bordeu avait déjà

1. Nouveaux éléments de Ic^ tciefice de Vhomme^ t. I, p. SO ( 2« édition ).

SOO BARTHEZ.

appris aux physiologistes ce qu*ils devaient penser du mécanisme de Boérhaave, de Yâme de Stahl, des esprits animaibx de Galien, repris par Descartes ^

Bordeu avait fait table rase de toutes ces vieilles idées; mais qu'avait-il mis à la place? Une sensibilité générale et des sensibilités propres; tout autant de sensibilités individuelles et propres, et même indépendantes, qu'il y a d'organes distincts ^.

Les choses en étaient là^ lorsque Barthez publia son livre. Trois points essentiels caractérisent ce livre : la manière dont l'auteur y envisage les forces ou propriétés vitales ; la supériorité avec laquelle il y établit Yunité du principe de la vie ; et l'idée particulière qu'il s'est faite de ce principe.

II. — De la manière dont Barthez a considéré les forces ou propriétés vitales.

L'ancienne physiologie n'a jamais connu que les forces occultes. Si l'on demande à Galien comment s'opère la digestion, ou, si l'on aime mieux, comment l'estomac digère, c'est, répond-il, qu'il a une force aitractrice, une force rétentrice, une force cour coctrice et^une force eocpultrice, c'est-à-dire que

1, Voyez, ci-devant, p. 161 et suiv.

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