Éloge de Newton
unité du principe de la vie, ou, pour parler comme lui, au principe vital.
Van Helmont, un des premiers, avait prétendu que chaque organe du corps humain, le cœur, l'estomac, la rate, etc., a une vie propre et séparée de la vie commune, «autant, disait-il, que des « choses qui ont des existences différentes ^ »
Aux vies propres, aux jMits ardues de Van-Helmont avait succédé , comme nous avons vu ^, les sensibilités propres de Bordeu.
Bordeu avait une admiration singulière pour Van Helmont, « sans qui, dit-il, la médecine était « perdue'; » il lui avait emprunté beaucoup, tout en lui laissant ses vieux mots, et mettant partout, dans ce qu'il empruntait, de Tesprit et de la clarté.
Il y avait donc, pour Bordeu, tout autant de sensibilités propres qu'il y a d'organes divers; et la sensibilité générale était la vie commune, ce que nous appelons tout simplement Isl vie, la force
1. « ut prsetereà quaedam vita principians in splene, alia in « miisciilis. atque alia demum in utero muliebri, prout saepè « allas demonstravi, quae singulae in tantuoi à vitâ communi « hominis sunt diremtae quantum illa quae diversas habent exis- « tentias. » Van Helmont : Opéra omnia, à l'article Vita hrevisy p. 696 (édition de 1707).