Recherches physiologiques sur lu vie et la mort, p
3. Page 251. « Pompez avec une seringue tout l'air de la trace chée-artère,... ouvrez ensuite une artère quelcoucjue, la caro- « tide, par exemple : dès que le sang rouge, contenu dans cette « artère, se sera écoulé, le sang noir lui succédera presque tout à
988 BIGHAT EXPÉRIMENTATEUR.
Cette expérience montre tout et dit tout : en premier lieu, c*est bien dans le poumon et par l'action de Fair que le sang se change de noir en rouge ; en second lieu, le contact du sang noir n'arrête pas le mouvement du cœur gauche, puisque la circulation continue; elle continue avec du sang noir; ce n'est donc pas faute de sang, comme le veut Goodwyn, mais faute de sang rouge que souffrent et périssent alors les parties * ; enfin, ce même sang noir, dont le simple contact* n'arrête pas le mouvement du cœur gauche, arrête ce mouvement et anéantit la vie du cœur, des poumons^ du cerveau, de tous les organes, lorsqu'il a eu le temps d'en pénétrer le tissu profond et intime ^
L'action délétère du sang noir sur le tissu pro-
« coup et sans passer, comme dans le cas précédent, par diverses « nuances; alors aussi le jet reste encore très- fort pendant quel- « que temps; il ne s'atfaiblit que peu à peu, tandis que si le sang « noir n'était pHint un excitant du cœur, l'interruption du jet « devrait être subit... » p. 251.
1. « Les différents organes ne cessent pas d'agir dans Tas- « phyxie, parce que le cœur n'y envoie plus de sang, mais parce « qu'il y pousse un sang qui ne leur est point habituel.... » p. 251.
2. Le simple contact, c'est-à-dire le simple passage du sang à travers les cavités du cœur.
3. « Si l'asphyxie avait sur les fonctions du cœur une sem- « blable influence » (semblable à celle que lui attribue Goodwyn), « il est évident que ses phénomènes devraient toujours coma mencer par la cessation de l'action de cet organe , que l'anéan-
BIGHAT EXFÉRIMËMTATËUH. <229
fond des organes est donc la cause, la véritable cause, la cause enfin trouvée, de V asphyxie*.
Je me rappelle avoir plus d'une fois entendu M. Cuvier admirer le génie de Bichat pour les expériences décisives^ et, à ce propos, citer cette expérience môme que je viens de rapporter.
J'ai pourtant un reproche à faire à Bichat , et lequel? celui que je lui ai déjà fait par rapport à BuffOn, par rapport à Bordeu, celui qu'il mérite toujours, celui de ne pas citer; c'est qu'en nous présentant ici sa belle expérience, il oublie de nous avertir qu'il n'est pas le premier qui l'ait faite; que ce premier est Lower, bien que Lower n'en ait pas tiré
« tissement des fonctions du cerveau ne serait que secondaire... « Cependant asphyxiez un animal,... vous observerez constara- « ment que la vie animale s'interrompt d'abord, que les sensa- « tions , la perception, la voix se suspendent, que Tanimal est « mort au dehors^ mais qu'au dedans le cœur bat encore quelque « temps, que le pouls se soutient, etc., » p. 250
1. « Je crois que le sang noir agit sur le cœur ainsi que sur « toutes les autres parties.... c'est-à-dire en pénétrant son tissu, « en affaiblissant chaque fibre en particulier... Le sang noir ne « pénètre le tissu du cœur par les artères coronaires, qu'après « avoir traversé les deux cavités à sang rouge. C'est par son con- « tact avec les fibres charnues à l'extrémité du systèma artériel, « et non par son contact à la surface interne du cœur, que le « sang noir agit. Aussi, ce n'est que peu à peu, et lorsque chaque « fibre en a été bien pénétrée, que sa force diminue et cesse « enfin, tandis que la diminution et la cessation devraient être c( presque subites dans le cas contraire, » p. 255.
230 BICHAT EXl*ËRIMENTAT EUR.
sans doute, et ne pût en tirer, à l'époque où il écrivait, en 1669, .avant les découvertes de la nouvelle chimie, ce qu'en a tiré Bichat, c'est-à-dire la théorie de l'asphyxie*.
m III. — Do point par lequel le cerveau agit sor le mécanisme respiratoire.
Bichat coupe les deux nerfs de la huitième paire, et la respiration continue ^.
Il coupe la moelle épinière entre la dernière vertèbre cervicale et la première dorsale ; et, aussitôt^ les muscles intercostaux sont paralysés^ la respiration ne se fait plus que par le diaphragme ^.
Il coupe les nerfs phréniques seuls, et le dia-
d* Voyez, sur Lower et son expérience, mon Histoire de la découverte de la circulation du sang, p. 119 (seconde édition^ « Il y a longtemps, dit très-bien Goodwyn, que Lower a observé, « dans les animaux vivants, que le sang qui jaillit d'ime bles- « sure faite à la veine pubnonaire est d*une couleur vive. U « savait déjà que le sang, que l'artère pulmonaire porte dans « le poumon, est d'une couleur noire; il en conclut que le sang c( prend sa couleur brillante dans son passage à travers le pou- « moD. Observant ensuite que, quand les animaux ont cessé de « respirer, le sang que verse la blessure de la veine pulmonaire « est, au contraire, noir, il attribue la production de la couleur « brillante du sang pulmonaire aux effets de la respiration» p. 35.
2. Page 372. La section de la buitième . paire agit sur le tissa du poumon, et non sur le mécanisme respiratoire. Voyez làdessus mes nombreuses expériences^