‹ De la vie et de l'intteligenceChapitre 154 sur 163 · Ibid.j t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid.j t. I, p

développer en raison directe de rintelligence, la plupart se développent en raison inverse. Le goût, Fodorat, sont plus développés dans le quadrupède que dans Thomme; la vue, l'ouïe, le sont plus dans Toiseau que dans le quadrupède. Le cerveau seul se développe partout en raison de l'intelligence, La perte d'un sens n'entraîne point la perte de Tintelligence. Elle survit au sens de la vue, à celle de l'ouïe; elle survivrait à tous. Il suffit d'interrompre la communication d'un sens quelconque avec le cerveau, pour que ce sens soit perdu. La seule compression du cerveau, qui abolit Tintelligence,Jes abolit tous. Loin donc d'être les organes de rintelligence, les organes des sens ne sont même organes des sens, ils n'exercent ces fonctions même d'organes des sens que par Tintelligence, et cette intelligence ne réside que dans le cerveau'.

Le cerveau seul est donc l'organe de l'âme, et de l'âme dans toute la plénitude de ses fonctions : il est le siège de toutes les qualités morales comme de toutes les facultés intellectuelles, de la folie comme de la raison ; il est le siège de toutes les perceptions, car aucune perception ne se fait dans les sens, de tous les penchants, de tous les instincts,

1. Voyez mon livre intitulé Hxamen de la J^hrénologie, p. 15 et sniv. (3*' édition).

de toutes les aptitudes industrielles, car, comme le dit très-bien Gall, ce n*est pas de la queue du castor que vient Tinstinct de bâtir^ ni des pieds ou du bec de Toiseau que Tient l'instinct de construire un nid, etc.

En résumé, Gall a ramené le moral' h Y intellectuel; il a ramené, les qualités morales au même siège, au même organe que les facultés intellectuelles; il a ramené la folie au même siégé que la raison, dont elle n'est que le trouble ; il a retranché aux sens tout ce qu^on leur accordait de trop ; il a rendu au cerveau tout ce qu'on lui ôtait à tort ; en un mot, il a restitué au cerveau tout son domaine.

Et c'est là ce que j'appelle le vrai, le grand titre de Gall dans nos sciences. Malheureusement, après avoir tout ramené au cerveau par une généralisation, admirable s'il l'eût entendue, il découpe et décompose tout, de nouveau, par le plus bizarre de tous les systèmes. Il ne veut pas d'une intelligence positive et une, et il fait autant d'intelligences particulières, individuelles, indépendantes, existantes par elles-mêmes, qu'il y a de facultés, de modes, de moyens d'action, dans l'intelligence ; et encore n'estce pas tout : après avoir ainsi découpé Tintelligence en petites intelligences, il découpe de même le cerveau en petits cetveaux ; il fait autant de petits cer-

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veay,x qu'il suppose de facultés distinctes ; petits cerveaux j à la vérité, que personne n'a jamais vus, et dont lui-même, lui qui avait tant étudié le cerveau réel et Ta. si bien connu, lui qui avait tant d'intérêt à les trouver, s'ils eussent existé, lui qui les a cherchés pendant trente ans, n'a jamais pu découvrir un seul.

Mais j'ai assez dit ailleurs *■ ce que je pense de la ph/rénologie pour n'y pas revenir ici.

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