IV. — GoDséquences philosophiques
Une philosophie a dit : Penser c'est sentir.
Penser est si peu sentir (même matériellement parlant) que le cerveau est insensible, impassible; on peut le blesser, le piquer, le couper par tranches sans produire aucune douleur.
La sensibiUté est dans les nerfs et la moelle épinière, eu n'est pas l'intelligence ; et l'intelligence est dans le cerveau, où n'est pas la sensibilité.
La sensibilité et l'intelligence sont donc deux faits distincts, et si distincts qu'ils ne résident pas môme dans le même organe, qu'ils résident dans
deux organes très-distincts, très-différents, trèsindépendants l'un de l'autre.
L'indépendance entre les organes est telle que Tun (le cerveau) peut être enlevé sans que cela nuise à l'autre (la moelle épinière).
L'indépendance entre les fonctions est telle que l'une, l'intelligence, disparaît tout entière avec le cerveau, et qu'alors la sensibilité reste tout entière parce que la moelle épinière reste.
C'est encore ici une opposition admirable. La sensibilité est où n'est pas l'intelligence ; l'intelligence est où n'est pas la sensibilité. L'organe qui pense n'est pas celui qui sent; l'organe qui sent n'est pas celui qui pense.
Preuve absolue de la distinction de la sensibilité et de rinlelligence, et la première qui le soit à ce point.
On a dit penser c'est sentir ; sentir n'est pas môme percevoir. Le cerveau seul perçoit.
Ici les fonctions, les facultés, les forces sont separées par les organes, nouvelle analyse, et toute expérimentale.
Je dis que tout ce qui réside dans un môme organe est de môme nature, et que chaque fait qui réside dans un organe à part est un fait distinct.
Je distingue les forces par les organes.
59 FONCTIONS DU GERVEA.U.
Qu'opposer à cette analyse, à ces distinctions?
Tout ce qui est de môme organe est de même nature. Tout ce qui est d'organe différent est de nature différente.
J'analyse par les organes.