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Jgaments^ les capsules des articulations,\e périoste, sont insensibles.
On va voir, par les expériences qui suivent, que ces parties ne sont insensibles qu'à Tétat normal, et qu'à Tétat d'irritation ou d'inflammation elles sont très-sensibles.
Haller déclare, en second lieu, c que quelques-unes de « ces parties peuvent emprunter une espèce de sensibilité « étrangère des nerfs. »
Toutes les parties tirent leur sensibilité des nerfs, toutes l'empruntent aux nerfs, aucune n'est sensible que par ses nerfs : c'e'fet la grande gloire d'Haller d'avoir prouvé que le nerf seul est sensible, comme le muscle seul est irritable ou contractile.
Relativement aux parties, qu'il croit insensibles ( les tendons, la dure-mère, etc.), il y a eu deux erreurs d'Haller : la première de n'avoir pas distingué Y état normal de Vétat enflammé, et la seconde d'avoir refusé des nerfs à toutes ces parties, qui toutes en ont.
§ II. — Résultats de mes' expériences sur la sensibilité des tendons.
Il y a trente-cinq ans aujourd'hui que les expériences qui suivent ont été faites. Elles datent de 1821, époque où je m'occupais de mes expériences sur le cerveau et la moelle épinière, expériences que je présentai à l'Académie en 182?, et dont l'importance me fit négliger alors de publier celles-ci.
Dès ce temps-là, le problème particulier de la sensibilité des tendons avait déjà fixé toute mon attention. Je n'avais pu voir, sans étonnement, la divergence singulière qui régnait entre les physiologistes et les chirurgiens touchant
un simple point de fait, savoir, si les tendons sont sensibles ou ne le sont pas. D'une part, tous les physiologistes, ou à peu près tous *, soutenaient V insensibilité des tendons, et, d'autre part, tous les chirurgiens, ou à peu près tous *, soutenaient la sensibilité vive, et même, dans certains cas, extrême, des parties fibreuses ou tendineuses.
Ainsi, par exemple, tandis que Haller (et toute son école, alors l'école supérieure de la physiologie) posait en principe, à Gœttingue, Vin sensibilité absolue des tendons, deux chirurgiens très-habiles, Morand et Jean-Louis Petit, affirmaient, à Paris, que non-seulement les tendons sont sensibles, mais que certaines de leurs lésions pouvaient être suivies des plus vives douleurs.
a J'ai rapporté, je pense, disait Haller, autant d'expé- « riences qu'il en fallait pour prouver qu'on coupe , qu'on « brûle et qu'on détruit sans douleur les tendons de l'homme « et de l'animal, et que, par conséquent, les tendons sont « dépourvus de sentiment ^. »
Et Morand disait : a On sera peut-être étonné de voir un
1. Je dis à peu près tous. Il faut excepter, en effet, Laghi, qui avait déjà TU les nerfs des tendons, Lamberti, Whytt, Lorry, etc., et particulièrement un physiologiste que j'ai grand plaisir de nommer ici, Antoine Tandon, grand-oncle maternel de notre savant confrère M. Moquin-Tandon. (Voyez Housset, Mém. de physiolog. et d''hist. nat., t. ter, p, 95 et suiv. ).
2. Ou à peu près tous. Haller cite, en effet, une observation très-intéressante et fort détaillée de Farjon, chirurgien de Montpellier, observation où quelques tendons, mis à découvert par une large plaie de la jambe, ont pu être pinces, piqués, brûlés, sans que le malade éprouvât aucune douleur; mais Haller, qui ne songeait pas encore à la différence du tendon sain au tendon malade, ne remarque pas que Farjon dit expressément qu'il a avait reconnu que les « tendons étaient dans leur état naturel par leur couleur, leur consistance « et par le mouvement dans lequel ils étaient, lorsqu'il faisait fléchir le pied « et étendre les orteils, i» (Haller, Mém. sur la nature sensib . et irritab. du corps animal, t. I, p. 134. Lausanne, 1756.)