‹ De la vie et de l'intteligenceChapitre 47 sur 163 · Ihid.f an. 1728, p · texte numérisé non relu

Ihid.f an. 1728, p

Jean-Louis Petit nous explique ensuite , par une analyse anatomique parfaite , comment , dans le cas de rupture complète^ il n'y a jamais douleur, parce qu'il n'y a jamais tiraillement j et comment, au contraire, dans le cas de rupture incomplète, il y a toujours tiraillement et par suite toujours douleur.

Je laisse, à regret, cette analyse, qui m'éloignerait trop de mon sujet; je me borne à ajouter que les deux observations de Jean-Louis Petit, comparées l'une à l'autre, furent pour moi le trait de lumière. Je vis tout de suite d'où provenait la divergence des physiologistes et des chirurgiens. Les physiologistes, opérant sur un tendon sain et normal, ne le trouvaient point sensible ; et les chirurgiens, opérant sur un tendon déchiré , tiraillé , enflammé , le trouvaient sensible.

11 ne s'agissait plus que de conBrmer cette interprétation par l'expérience. Je provoquai donc, sur différents animaux, l'inflammation du tendon d'Achille par des piqûres, par des tiraillements, par des coupures ; et dès lors tout fut expliqué et concilié. Toutes les fois que j'opérais sur un tendon sain, je ne trouvais aucune sensibilité , et toutes les fois que j'opérais sur un tendon tuméfié et enflammé, je trouvais la sensibilité la plus vive.

Toujours emporté par d'autres travaux , j'ajournai sans cesse la publication de celui-là.

Je le publie aujourd'hui, après avoir recommencé mes expériences '.

Sur différents animaux (chiens, lapins, cochons d'Tnde ),

1 Comptei'Renduit séance da 3 mars 1856, p. 421.

j'ai provoqué Tinflammation du tendon d'Achille par des piqûres et des coupures; et tout cela, bien entendu, sans le moindre signe de douleur ni de sensibilité.

Au bout de huit jours, j'ai trouvé, du moins en général, le tendon rouge , grossi , enflammé ; je l'ai pincé alors , et toutes les fois que les signes d'inflammation étaient manifestes *, les signes de douleur et de sensibilité Vont été aussi.

J'ai répété ces expériences à plusieurs reprises, et par séries successives d'animaux opérés ensemble ; je ne reproduirai ici que deux de ces séries.

Dans la première, sur six cochons d Inde, dont le tendon d'Achille avait été soumis aux irritations indiquées, quatre ont manifesté une sensibilité très-vive, chaque fois que leur tendon, rouge et tuméQé, a été pincé *.

Dans la seconde srie, sur cinq cochons d'Inde, à tendon d'Achille préalablement irrité, quatre ont manifesté la plus

vive douleur, chaque fois que le tendon a été pincé *.

Pour avoir simultanément sous les yeux les deux effets opposés qui nous occupent, j'ai fait mettre à nu, sur ces quatre animaux, le tendon sain et le tendon enflammé. Une plaque de verre a été placée ensuite sous chacun de ces deux tendons pour l'isoler complètement des parties voisines et sous-jacentes.

1. Ou m*oiit paru tels. En effet, il y a ici quelqae difflcalté pour bien juger de i*état da tendon après une irritation préalable : si rinfiammation n'est pas encore née, bien qu'il soit déjà tuméfié, il n'y a pas douleur; et si l'inflammation commence à s'éteindre, il n'y a plus douleur.

2. Les deux autres cochons d'Inde ont été impassibles. Voyez la note précédente.

3. Le cinquième cochon d'Inde a été impassible. Voyez les deux notes précédentes.

Après quoi, on a pincé, piqué, coupé, brûlé avec l'acide nitrique, avec Tacide sulfurique, le tendon sain, et l'animal n'a ni crié ni bougé. On a pincé le tendon enflammé, et à chaque pincement, l'animal a jeté un cri. C'était une chose frappante, et une épreuve bien décisive que cette comparaison immédiate, que cette impassibilité absolue de l'animal, tant qu'on n'agissait que sur le tendon normal et sain, et que les mouvements impétueux, les cris de ce même animal dès qu'on agissait sur le tendon malade.

Le fait est donc démontré : le tendon sain est dépourvu de sensibilité, et le tendon enflammé a une sensibilité trèsvive.

§ III. — De la sensibilité de la dure-mère, des ligaments et du périoste.

On vient de voir que les tendons, qui sont complètement insensibles à l'état normal, prennent, ou, plus exactement, manifestent une sensibilité très-vive à l'état d'irritation ou d'inflammation '.

Après m'étre bien assuré de cette loi physiologique , qui dissimule ou cache la sensibilité dans le tendon à l'état sain, et qui l'y démasque à l'état malade, je me suis occupé de la dure-mère.

Sur l'insensibilité de la dure -mère, Haller n'est pas moins absolu que sur celle des tendons. Il dénie à la duremère toute espèce de sensibilité.

« J'ai fait plus de cinquante expépences, dit-il, sur la a dure-mère.... Elles ont toutes réussi avec la même évi-

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