‹ De la vie et de l'intteligenceChapitre 81 sur 163 · Page · texte numérisé non relu

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de la vie organique ne pouvait manquer d'être la discordance.

Bichat conclut cette discordance de ce que le rein ou le poumon d'un côté peuvent être plus forts ou plus faibles que le rein ou le poumon de l'autre côté sans que la régularité de la fonction en soit troublée ^

Mais en quoi cela prouve-t-il la discordance? cela prouve seulement que Y égalité parfaite des organes n'est pas plus nécessaire dans la vie organique que dans la vie animale.

Je ne ferai plus que deux citations, et même je ne les ferai que pour montrer comment Bichat faisait les siennes.

Une des pages les plus éloquentes de Bufîon est celle qu'il a écrite sur Vhomo duplex^ l'homme double.

a L'homme intérieur est double, dit Buffon : il « est composé de deux principes différents par c( leur nature et contraires par leur action. L'âme,

1. « Qu'un rein plus fort que l'autre sépare plus d'urine, qu'un « poumon mieux développé admette dans un temps donné plus de « sang veineux- et renvoie plus de sang artériel, que moins de « force organique distingue les glandes sali vaires gauches d'avec « les droites, qu'importe? la fonction uDique à laquelle concourt « chaque paire d'organes n'est pas moins régulièrement exercée.» Page 36.

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« ce principe spirituel, ce principe de toute con- « naissance, est toujours en opposition avec cet « autre principe animal et purement matériel : « le premier est une lumière qu'accompagnent le « calme et la sérénité, une source salutaire dont <i émanent la science, la raison, la sagesse; l'autre « est une fausse lueur qui ne brille que .dans la c( tempête et l'obscurité, un torrent impétueux qui a roule et entraîne à sa suite les passions et les « erreurs... Il est aisé, en rentrant en soi-même, « de reconnaître l'existence de ces deux principes : a il y a des instants dans la \ie, il y a môme des a heures, des jours où nous pouvons juger, nouc< seulement de la certitude de leur existence, mais « aussi de leur contrariété d'action. Je veux perler a de ces temps d'ennui, d'indolence, de dégoût, « où nous ne pouvons nous déterminer à rien, où c( nous voulons ce que noua ne faisons pas, et fai- « sons ce que nous ne voulons pas *... »

Bichat se pénètre de ces belles pages ; il en tiré tout ce qu'il peut; seulement au principe spirituel, à Yâme, et au principe matériel, il substitue (ce qui déjà rabaisse beaucoup la question) ses deux vies; et puis il ajoute :

« Tous les philosophes ont presque remarqué

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