LETTRE AU R. P. VENTURA
a l’occasion de la seconde édition de ses conférences.
« Mon Révérend Père,
« Comme, dans le recueil de vos Confèrences, vous faites l’honneur à mon père, M. le Vicomte de Bonald , de vous occuper de ses écrits, hon-
(1) Je répondrai à cette observation et à celles de l'Univers dans la suite de cet ouvrage. Je suis loin de reconnaître qu’il y ait ici aucun malentendu , comme le dit l’Union. Le Père
rieur, pour le dire en passant , qu’il paie un peu cher , vous me permettrez de vous présenter quelques observations sur ce qu’il peut y avoir d’exagéré ou d’entièrement inexact dans vos diverses critiques. »
a Je l’aurais fait plus tôt , si je n’avais espéré de trouver dans votre seconde édition, des corrections ou des modifications que vous sembliez avoir promises. Mais cette espérance ne s’étant pas réalisée, je n’ai plus de motifs de différer à répondre. C’est , en quelque sorte , pour moi un devoir de piété filiale. »
« Je suis sans doute reconnaissant de tout ce que vous mêlez à vos critiques de flatteur et d’honorable ; mais la vivacité de votre langage , je dirais presque l’amertume de vos expressions en certains endroits , contrastent péniblement avec vos éloges , et les tempèrent un peu. »
« J’avouerai cependant que bien des choses ont pu échapper à votre plume sans aucun mauvais vouloir. Toutes les langues , et particulièrement la langue française, ont des délicatesses, des susceptibilités qui ne peuvent jamais être bien senties des étrangers , même de ceux qui possèdent le mieux ces langues ; mais vous aviez autour de vous , mon Révérend Père, des amis ,
Ventura blâme la méthode de Descartes , et je montrerai que eette méthode n’est pas particulière à ce philosophe; que c’est celle qu’on a toujours suivie jusqu'au moment où le Lamennaisisme apparut. Ce qu'on appelle une routine sceptique est au contraire la marche naturelle et la seule possible.
/BIC l-l OT H D E L/V , VI LLE DE )