‹ De la ville au moulinChapitre 3 sur 15 · DE LA VIL1 ' \' KOI LIN · texte numérisé non relu

DE LA VIL1 ' \' KOI LIN

on, A|> i des maini 1 1 des Bemaines de ouf- IV il va me falloir n di moi H« is,

is essayer de marcher, môme a ic des béquill >s. Ainsi en a décidé le médecin de l'hôpital m

d ;iiiumi de mon mal.

\ mes parents an eua de suites de l •■" t,

il a répondu d'un Ion i :

— Boiteuse? Elle le sera certainement

Lorsque nous arrivons dans la petite ga 'le i Haie i meunier s lance plutôt qu'il ne moni

dans notre compartiment. Il a un air fâché qu je ne lui ai jamais vu. Et, sans embrasser sa sœur ni tendre la main à son beau-frère, il me soulève de la banquette et m'emporte jusqu'à la voiture longue et basse, dans laquelle je passerai dorénavant toutes mes journées. En traversant le village, j'éprouve une grande honte à être vue dans cette voiture d'infirme. La nuit, heureusement, commence d'assombrir la campagne, et si beaucoup de portes sont ouvertes à cause de la douceur du printemps, il y a par contre très peu de gens dehors.

Le trajet se fait en silence. Mes parents marchent de chaque côté de moi, et leur pas, et celui d'oncle meunier font à peine plus de bruit sur le gravier que les roues caoutchoutées de ma voiture.

Le village dépassé, nous suivons la route qui descend à la rivière et la longe jusqu'au moulin. Tante Rude nous attend au bout du chemin. En approchant, je vois bien que c'est son mari qu'elle regarde et non pas nous. Elle se tient plus droite

et plus raide que jamais, et son visage me paraît plus autoritaire encore. Va-t-elle me gronder, de me faire rouler ainsi dans une voiture? Je me souviens qu'elle n'aime pas les malades. Cependant, elle se penche sur moi pour m'embrasser, mais c'est du bout d- vrres, on dirait môme avec dégoût. Et sans un mot de bienvenue à mes parents, elle passe la barrière, et marche en avant comme si nous ne connaissions pas le chemin, et qu'elle fût venue seulement pour nous le montrer.

A mon étonnement ce n'est pas chez elle qu'elle nous conduit. C'est chez Manine, la jeune "\ ive du garçon meunier, dont la maison est séparée di moulin par un grand verger, et une petite genêtière.

C'est là que je vais demeurer en attendant le moment où je pourrai marcher comme tout le monde. Tante Rude me l'apprend sans douceur, tandis que mon père et ma mère, avec des mots affectueux, et mille précautions m'installent dans un lit tout préparé.

Mon installation finie, mes parents s'en vont au moulin avec tante Rude et oncle meunier. J'entends grincer derrière < c la claie du passage. Et Manine ferme la porte de la maison, par où entru un brouillard ! ino qui s'élève des prés d'alentour.

Manine s'appelle M air ïne, comme tante Rude s'appelle Gertrude, mais ces deux noms trop difficiles à prononcer pour les jumeaux ont été transformés ainsi par eux, et personne ne songe à les rétablir.

Manine est une parente éloignée, devenue orphe-

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